Au Moyen Âge, la forêt couvre la rive gauche de la Meuse et toute la colline de Cointe. On l'appelle la forêt d'Avroy (le mot « Avreû », en dialecte wallon, vient du latin « arboretum » , lieu couvert d'arbres). C'est dans ces « bois d'Avroy » que les princes-évêques de Liège aiment chasser le gibier à plumes, le lièvre, le renard et même le sanglier. La rue du Bois-l'Évêque nous rappelle cette circonstance. Au pied de la colline de Cointe, le quartier des Guillemins se développe dès le XIIIème siècle, non loin du quartier Sainte-Véronique, qui tire son nom d'une église fondée au XIème siècle et consacrée à sainte Vérone, patronne des lavandières, appellation qu'il faut mettre en rapport avec le quartier voisin du Laveu (« lavoir »). Dans les
quartiers des Guillemins et de Sainte-Véronique, passe le Grand
Jonckeu (bas-latin signifiant On connaît l'existence, au début du XVème siècle, de chemins qui partent du Grand Jonckeu (du côté de la rue Varin) pour rejoindre le plateau Saint-Gilles. Ces chemins passent par « Quinte » dans la forêt d'Avroy. Selon
certaines sources, « Quinte» (devenu « Cointe »)
viendrait d'un mot latin signifiant « banlieue ». Selon
d'autres, il s'agirait, en ancien français, d'un terme évoquant
le calme, la joliesse. SÉRIE 1 : la chapelle Saint-Maur.
Ce sont d'ailleurs les moines bénédictins de Saint-Laurent, au XVIème siècle, qui placent l'ermitage sous le patronage de saint Maur.
L'édifice actuel date de 1673, si l'on en croit le millésime visible sur la façade. Il constitue probablement le plus ancien bâtiment de Cointe. À la suite de la révolution liégeoise et du rattachement à la France, la chapelle est désacralisée et vendue. Différents particuliers acquièrement successivement le bien, jusqu'à ce que son propriétaire, en 1911, en fasse don à la fabrique d'église Notre-Dame de Lourdes (telle est , depuis 1910, l'appellation de la paroisse de Cointe). Au début du XXème siècle, nombreux sont toujours les pélerins qui se rendent à la chapelle Saint-Maur pour prier ou déposer des ex-voto en remerciement de grâces obtenues ; cannes et béquilles sont abandonnées sur place pour témoigner des guérisons accordées. On parle même d'une source miraculeuse dont l'eau sert à lotionner les bras et jambes malades ! Cette ferveur religieuse s'accompagne s'accompagne du commerce habituel : boissons, nourriture, flacons d'eau bénite... C'est en 1969 que la chapelle est à nouveau désacralisée et achetée par la commune. Elle est fort délabrée, vingt ans plus tard, quand le comité de quartier réussit à la faire classer comme monument historique.
SÉRIE 2 : l'évolution du plateau de Cointe. La vue aérienne ci-dessous, obtenue grâce à Live Search Maps de Windows, permet de visualiser certains des endroits qui seront cités par la suite : 1. le boulevard Gustave Kleyer, 2. l'avenue de l'Observatoire, 3. le complexe du Chanmurly, 4. la place du Batty, 5. La rue du Chéra, 6. le parc privé, 7. l'avenue de Cointe, 8. l'observatoire d'astronomie.
L'endroit est essentiellement champêtre, couvert de bois et de prairies, avec des vignobles sur les pentes méridionales descendant vers Sclessin (l'actuelle rue de Bourgogne rappelle bien sûr ces cultures d'antan). Les quelques premières maisons sont situées à l'emplacement de l'actuelle place du Batty. C'est
à la fin du XIXème siècle que le hameau commence
à se développer, quand sont créés le parc
privé et l'observatoire d'astronomie. LE PARC PRIVÉ Le parc privé de Cointe est créé dès 1876 sur un domaine appartenant à la famille HAUZEUR, riches industriels ayant contribué, dès le début du XIXème siècle, au développement économique de la région de Sclessin. Ce domaine privé permet aux bourgeois de l'époque de faire construire leurs belles villas dans un environnement verdoyant, paisible. La photo colorisée ci-dessous, datant de l'extrême fin du XIXème siècle, nous montre le parc encore peu bâti, avec du bétail paissant dans de vastes prairies aujourd'hui urbanisées. Dans le fond, on aperçoit les bâtiments de l'observatoire astronomique, récemment inaugurés ; à droite, il s'agit de la villa « Les Tamaris », séparée par un étang de serres où l'on cultive des orchidées :
L'OBSERVATOIRE ASTRONOMIQUE
L’observatoire a été construit en 1881-82 sur les plans de l’architecte liégeois Lambert Noppius. Avec sa tour octogonale crénelée et ses deux tours circulaires coiffées d’une coupole d’observation, sa silhouette évoquerait volontiers un château médiéval. Il a abrité l’institut d’Astrophysique de l’université de Liège jusqu’à son déménagement en 2002 dans le campus du Sart-Tilman. Le grand télescope installé en 1957, ainsi que la lunette méridienne, sont restés sur place. Dans le domaine de l'observatoire de Cointe, sont implantés un planétarium et une bibliothèque spécialisée. Davantage de renseignements à ce propos peuvent être obtenus sur le site de la Société Astronomique de Liège.
LA PLACE DU BATTY L'orthographe ancienne « bati » viendrait du verbe « bâtir », car c'est là que les documents anciens signalent les premières constructions. Depuis 1885, l'endroit est relié à la vallée par l'avenue de l'Observatoire, financée par les propriétaires des terrains traversés. Dix ans plus tard, cette avenue est empruntée par les premiers trams électriques qui assurent la ligne place Sainte-Véronique - place du Batty.
Le bâtiment marqué d'une flèche rouge, sur les deux vues ci-dessus, est l'actuel café « Le Kleyer ».
À côté du café du « Point de vue », est située la laiterie du « Champ des Oiseaux » (marquée d'une croix sur la photo ci-dessus). Cette appellation, au tout début du XXème siècle, désigne la zone boisée où se trouvent aujourd'hui le Chanmurly, les terrains de tennis et l'école communale.
LES LAITERIES Au tout début du XXème siècle, les laiteries sont à la mode dans les alentours champêtres de Liège, à Embourg, Kinkempois et aussi à Cointe. Il s'agit de lieux chics de consommation et de distraction, où les familles de la bonne société viennent se restaurer (la tarte au riz est à l'honneur), jouer au tennis ou danser... L'avenue de la Laiterie, dans le parc privé de Cointe, rappelle l'existence à cet endroit d'un autre établissement de genre.
La laiterie du Parc, en effet, est une des plus célèbres de l'époque, avec ses tables de jardin, ses jeux pour enfants, ses courts de tennis et sa piste de danse couverte. Au début des années 1930, un orchestre de jazz attire les jeunes danseurs de toute la région.
L'appellation « Chanmurly » désigne aujourd'hui (depuis la fin des années 1990) tout un complexe de commerces, appartements et maisons unifamiliales, complexe attenant à la place du Batty qui a été réaménagée par la même occasion :
Le site du Chanmurly tire ses origines dans un couvent des Filles de la Croix, établi là dès 1904.
Les bâtiments qui séparent le couvent de la place du Batty sont finalement acquis par la communauté religieuse, qui les transforme, dès 1910, en école maternelle et bibliothèque paroissiale. En 1912, les Filles de la Croix ouvre une école primaire pour filles, puis agrandissent leurs installations pour loger des élèves pensionnaires.
Après
la seconde guerre mondiale, les internes se font plus rares, et les
religieuses manquent de ressources financières pour entretenir
leur pensionnat. Elles accueillent alors des « enfants du juge
», Cette activité sociale se termine en 1977. Les bâtiments vont rester abandonnés pendant plus de quinze ans. Complètement délabrés, ils commenceront à être démolis dès 1992, à l'exception d'une partie du couvent d'origine, dans le cadre d'un vaste projet de réaménagement de quartier : l'ensemble commercial et résidentiel du Chanmurly actuel.
À l'occasion de cette prestigieuse manifestation, le site verdoyant de Cointe est choisi pour accueillir les activités horticoles et sportives. Cliquez ICI pour davantage de renseignements à ce sujet.
Après 1905, les espaces consacrés à l'Exposition Universelle servent de terrain de manoeuvre pour l'armée, avant d'être aménagés en parc public, avec création d'une vaste zone à vocation récréative et sportive, comprenant des pistes d'athlétisme, des courts de tennis, un hall omnisports, une école maternelle et une plaine de jeux pour enfants...
En 1911, une école communale est créée dans un chalet provisoire, dans l'ex-pavillon des Eaux et Fôrets de l'Exposition Universelle de 1905 ; elle sera remplacée en 1914 par le bâtiment imposant que l'on connaît de nos jours. Cette réalisation de style néo-mosan est l'oeuvre de l'architecte Joseph Lousberg, celui-là même qui a conçu le palais de la Ville de Liège pour l'Exposition de 1905, dans le parc de la Boverie.
LE MÉMORIAL INTERALLIÉ ET LA BASILIQUE DU SACRÉ-COEUR
Liège, première ville à avoir résisté à l'invasion allemande en 1914, est choisie en 1925 par la Fédération Internationale des Anciens Combattants comme lieu d'édification d'un mémorial interallié. Le projet est soumis à concours, et ce sont les plans de l'architecte anversois Joseph SMOLDEREN qui sont finalement retenus. Les travaux commencent en septembre 1928.
L'édifice
religieux est béni et consacré au Sacré-Coeur
en 1936 (tout le monde emploie le terme
Le site du mémorial est ouvert au public à certaines occasions, lors des journées du Patrimoine par exemple. Des ascenseurs permettent aux visiteurs d’atteindre le sommet de la tour et de découvrir un superbe panorama de la ville et de ses environs.
La tour du mémorial en 2007, en cours de restauration :
La colline de Cointe est également connue par le double tunnel qui la traverse pour assurer la liaison autoroutière E-40-E25.
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