L'existence de cette place remonte aux origines de la cité, dont la population a besoin d'un marché pour s'approvisionner. La rue du Pont (comprenez le pont des Arches), depuis le début du XIème siècle, la relie à la Meuse où se développent les activités portuaires.

C'est place du Marché que se trouvent l'hôtel de ville (1) et le perron (2), deux symboles forts de l'histoire liégeoise.

Faut-il rappeler que Liège, de la fin du XXème à la fin du XVIIIème siècle, a été la capitale d'une célèbre principauté épiscopale.

La carte ci-contre donne une idée de l'importance territoriale de la principauté de Liège (au XVIIIème siècle) par rapport à la Belgique de maintenant.

 

L'hôtel de ville:

L'hôtel de ville actuel date du début
du XVIIIème siècle.

Le fronton porte la date 1718 (fin de la construction entamée en 1714) ; il comporte les armoiries du prince-évêque Joseph-Clément de Bavière et des bourgmestres de Lohier et de Liverlo 

 

 La place en 1738.
 
 En 1948.
 

L'hôtel de ville, on l'appelle familièrement la « Violette », du nom du tout premier bâtiment ayant servi à cet endroit, au XIIIème siècle, pour publier les règlements communaux. Bâtiment ainsi surnommé à cause d'une telle fleur gravée sur sa façade.

Cette « maison de ville » d'origine a été plusieurs fois détruite et reconstruite. En 1468 par exemple, lors du sac de Liège par Charles le Téméraire. En 1691, quand les troupes françaises de Louis XIV bombardent la ville.

Ci-contre, la reproduction de la « Violette »
avant sa destruction en 1691  

Le bâtiment actuel a conservé le double escalier de façade.

 

L'hôtel de ville entièrement restauré (photos de 2004) :
Côté place du Marché.
 
Façade arrière.
 


Le perron:

Dressé au centre de la place du Marché, près de l'hôtel de ville, le perron est
le monument liégeois le plus populaire :

Le perron et sa fontaine égaient cet espace chaleureux, traditionnellement voué à la rencontre et au commerce. La plupart des maisons voisines, qui datent des XVIIème et XVIIIème siècles, proposent un rez-de-chaussée voué à l'Horeca :

Les terrasses de la place du Marché, avec, à l'arrière-plan, le palais de justice de la place Saint-Lambert (photo d'août 2008) :



Le dôme que l'on aperçoit sur cette photo est celui de l'ancienne église Saint-André, lieu de culte fondé autrefois par l'Ordre Teutonique, dont la commanderie était située à flanc de coteau, derrière le palais des princes-évêques. L'édifice actuel, avec son dôme pointu ressemblant à un casque turc d'Anatolie, date de la fin du XVIIIème siècle, juste avant qu'il ne soit désacralisé lors de la révolution liegeoise. Le bâtiment, de nos jours, accueille des expositions culturelles.
 

Vers 1830,
un jour de marché (aquarelle).
Septembre 2003,
préparatifs des fêtes de Wallonie.

 

 

Le perron en lui-même est une colonne de pierre dressée sur un piédestal de trois marches rectangulaires. Les angles reposent sur des lions couchés. La colonne est surmontée des « trois Grâces ». Une croix posée sur une pomme de pin domine l'ensemble.

Ce symbole liégeois figure bien sûr sur les armoiries anciennes de la ville ; il faut le deviner dans le nouveau logo adopté par les autorités communales depuis janvier 2007 :

         

Le monument actuel se présente tel que l'artiste liégeois Jean Del Cour l'aménage en 1697, au sommet d'une fontaine de sa conception.

Les origines du monument primitif sont mal connues. Dès le XIIIème siècle, c'est au pied de cette colonne de pierre qu'on aurait rendu justice. Le mot « perron » ne viendrait-il pas du latin « pietra », signifiant « pierre » ?

Au début, le perron matérialise les prérogatives et la juridiction du prince-évêque. C'est à cet endroit que sont proclamés ses édits.

Au fil de l'histoire, quand le pouvoir communal se démocratise en passant des mains de l'évêque et des patriciens à celles des corporations professionnelles ou métiers, le monument devient l'emblème de l'autonomie de la ville. Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, un acte officiel n'a de valeur que s'il est
« crié » au pied du perron.

En 1468, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire met la ville à sac. Il fait démonter le perron de son socle pour l'emmener à Bruges, où il est exposé comme témoin de l'anéantissement du Pays de Liège.

En 1477, Charles le Téméraire est battu avec son armée devant Nancy. L'année suivante, sa fille, Marie de Bourgogne, restitue le perron aux Liégeois.


SÉRIE 1

La place du Marché au tout début du XXème siècle.
Au début des années 80.
En 1911.
En août 2003.
En 1919.
En septembre 2003.
Vers 1950 .
En 2000.


SÉRIE 2

Certains documents anciens (comme cette gravure dont je ne connais pas l'origine) font état, place du Marché, de deux fontaines supplémentaires à celle du perron :

 

La fontaine marquée 1 n'existe plus de nos jours.

La fontaine marquée 2 a survécu, comme on le constate dans l'ovale ci-contre ou sur sur la photo ci-dessous, qui montre la place dans l'autre sens :

Il s'agit de la fontaine de la Tradition, aussi appelée la fontaine des Savetresses parce qu'autrefois, les jours de marché, c'était autour d'elle que se regoupaient les vendeurs de vieux souliers.

Cet édicule date de 1847. Une des faces comporte un panneau de bronze frappé des armoiries du prince-évêque Joseph-Clément de Bavière et des deux bourgmestres de l'an 1719. Ce panneau provient d'une fontaine antérieure. Les trois autres ont été ajoutés en 1930 et représentent des scènes traditionnelles de la vie populaire liégeoise: le cramignon, les marionnettes et les botteresses.

 

La fontaine de la Tradition en avril 2006.
Il est évident qu'une sérieuse restauration s'impose


Les botteresses (botresses) formaient une corporation recrutée sur les hauteurs de Montegnée, Grâce-Berleur, Ans, Sainte-Walburge... Venant des terrains maraîchers, elles gagnaient les marchés de la ville pour y vendre le contenu de leur hotte pesante. Celles de Jemeppe étaient spécialisées dans le transport de la viande, qu'elles amenaient place du Marché via Tilleur et Saint-Gilles.

Une botteresse sur une carte postale du tout début du XXème siècle.
Un siècle plus tard : d'autres moyens de transport ravitaillent le secteur Horeca.


SÉRIE 3

Le marché aux fruits en 1904 :



Le marché aux poissons vers 1950 :



Le marché aux légumes en 1971 :

Le marché en 1981 :



Le seul marché qui subsiste au centre-ville, c'est la Batte. La place du Marché ne connaît plus, de nos jours, que les marchés folkloriques organisés lors des fêtes de Wallonie et de Noël.

Un jour de marché en 1910.
Le marché de Noël en 2004.


SÉRIE 4

Voici le centre-ville photographié, au début des années 70, depuis le dernier étage de la cité administrative :

En jaune : la place Saint-Lambert.                          En rouge : la place du Marché.

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