«  Je suis surtout un battant  »

Sale caractère derrière la table, Jean-Pierre Heinen est avant tout un battant. Il sait être délicieux dans la vie.Quand ça veut tourner rond.

Jean-Pierre Heinen, votre papa était un inconditionnel du foot et en particulier de la moribonde SRU Verviers. Pourquoi ne l'avez-vous pas suivi dans cette voie  ?

Je dois dire que je n'étais pas très bon en foot, même si j'ai quand même joué en scolaires provinciaux. J'ai rapidement tâté de la petite balle blanche. J'ai compris que ce sport me convenait bien et qu'il allait contribuer à mon épanouissement. Mais, pour autant, je me suis toujours intéressé de près au foot. Et aujourd'hui plus que jamais. Grâce à Nicolas.

Qu'est-ce qui vous a fait aimer à ce point le ping  ?

Le fait que ce soit un sport à la fois individuel et collectif (interclubs) me plaît beaucoup. D'autre part, le tennis de table est une école de vie. Un bon moyen, notamment, de gérer le stress.

Quel genre de joueur êtes-vous, derrière la table  ?

J'ai un mauvais caractère, mais je suis un battant et  jamais je ne triche. Néanmoins, j'use de toutes les ficelles possibles et de tous les pièges pour vaincre mes adversaires.

Quel regard portez-vous sur le tennis de table d'aujourd'hui  ?

Je suis au regret de constater que derrière les Saive et Cabrera, c'est le désert, le gouffre. Dans quatre ou cinq ans, nous jouerons en 2e, voire en 3e division mondiale alors que nous avons tenu le haut du pavé  pendant très longtemps.

La carrière de coach ne vous a jamais tenté  ?

J'aime entraîner les jeunes. Je l'ai fait plus de quinze ans. Mais j'ai arrêté à la fin de l'année dernière. Nicolas me prend tout mon temps. Je veux le suivre pas à pas.

«  Inventeur du Top 6  »

Vous avez inventé le  challenge TT Top 6 du Jour-Le Courrier. Un challenge qui connaît toujours un grand succès. Vous en retirez quelle satisfaction  ?

J'en suis très fier. C'est la grande réunion des pongistes de l'année. C'est un moment privilégié où tout ce beau monde se retrouve dans une ambiance agréable et combien conviviale.

Quel fut votre plus grande joie de pongiste  ?

Sans conteste, mes sélections en équipe nationale. Je frémis encore à l'idée d'entendre la Brabançonne.

Et votre plus grande déception  ?

Il y a très longtemps, j'ai décliné une offre à «  Fleur Bleue  », un club huppé de la capitale qui évoluait en première division nationale. Les conditions financières et sportives étaient somptueuses. Mais les regrets sont superflus. Et puis c'était une tout autre époque.

Parlez-nous de vos enfants, Laure qui fut une excellente pongiste et Nicolas qui rêve de garder les perches en Nationale  ?

Je suis comblé par mes enfants. Ils sont vraiment bien  ! J'espère que Nicolas trouvera un club qui répond à ses ambitions légitimes.

Quel est votre joueur  favori  ?

Je ne vais pas vous étonner en disant Jean-Michel Saive. Il est incontournable.

Et votre club favori  ?

Anderlecht.

 

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