IXELLES / SAINT-GILLES Après dix ans d'immobilisme, un nouveau projet est déposé Du logement pour dépanner le chancre Fiat?
Le sort de ce complexe de 71 appartements se jouera le 8 novembre, en commission de concertation.
Le "retour en ville"? Plus facile à dire qu'à vivre, soupirent les promoteurs du projet "Amazone Gardens", un complexe de logements qui devrait s'ériger, à la lisière d'Ixelles et de Saint-Gilles, dans l'îlot Simonis-Amazone. En cause: une réunion des habitants qui s'est tenue début octobre et où les critiques à l'encontre du projet ont plu. Critiques injustes, estiment les auteurs du projet qui veulent corriger le mauvais accueil auprès des riverains.
Le site a été récemment acquis par la firme anversoise Wilma. Le projet, porté par Wilma et Philippe Le Hodey (rénovation en cours de la dent creuse de la place Saint-Géry), propose de construire 10.000 m 2 de logements et un peu de bureaux (750 m2 ) en lieu et place d'un chancre (les anciens garages Fiat). Cinquante et un logements seraient construits rue Simonis (Ixelles) et une vingtaine (dont des lofts) à la rue Amazone (Saint-Gilles). Le projet inclut également l'ancien manège (dont il ne reste vraiment plus grand chose) mais dont on garderait les gabarits.
"Amazone Gardens" est assorti de 176 emplacements de parking. Deux demandes de permis et un certificat d'urbanisme ont été introduits. Les concepteurs du projet veulent aller vite: le chantier débuterait en mars.
Lors de la réunion du comité de quartier Trinité/Bailli/Defacqz, les habitants étaient venus nombreux. Ils estimaient que les gabarits étaient beaucoup trop importants. Les promoteurs contestent cette affirmation:
Nous supprimons un chancre. Notre projet est deux fois moins imposant que celui, très décrié, qui fut présenté en 1990, dit Philippe Le Hodey. J'ai lu que nous avions pris les hauteurs sous corniche les plus élevées des maisons environnantes pour justifier nos gabarits. C'est faux. Nous avons pris les hauteurs moyennes et celles-ci vont en déclinant pour s'insérer dans le tissu urbain. Bien sûr, il y a une relative perte d'ensoleillement pour les riverains (le garage Fiat est très bas). Mais "Amazone Gardens" s'inscrit dans les gabarits des maisons voisines.
DU PARKING EN PLUS
Autre grief des habitants: le grand nombre d'emplacements de parking, susceptible d'entraîner un afflux supplémentaire de navetteurs.
Nous tombons des nues! rétorquent les promoteurs. Ce n'est pas avec le parking que nous gagnons de l'argent. Pourquoi 176 emplacements? Parce que le quartier en manque cruellement. Nous avons fait une étude dans un cercle relativement restreint autour du projet. Nous avons comptabilisé 745 résidences, 144 commerces et... 46 emplacements de parking. Les habitants craignent que ces parkings attirent des navetteurs. Rien à craindre: il suffit, dans l'acte de base, de mettre une clause qui impose la vente aux habitants du quartier. Nous avons en outre un problème pratique: ces parkings s'étagent sur deux niveaux. Si nous supprimons l'un des deux, nous n'avons plus assez de parkings pour les logements et les bureaux construits!
Le parking est un excellent argument de vente des appartements et une plus-value importante, précise-t-on chez Wilma. Il semble d'ailleurs que des habitants du quartier (pas ceux présents à la réunion, peut-on supposer) ont déjà signé des engagements d'achat, alléchés par le parking.
Ces arguments vont-ils persuader les membres de la commission de concertation? La réponse ce 8 novembre, à Ixelles.
FRANÇOIS ROBERT