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IXELLES - SAINT-GILLES
L'abbé Dupriez espère beaucoup du changement de majorité

La culture sauvera-t-elle la Trinité ?

Malgré une brève disparition desgrilles, le mayeur d'Ixelles maintient la fermeture de l'église centenaire.

Les paroissiens de la Trinité avaient pu croire au miracle : le dimanche 1er octobre, en se rendant à l'eucharistie, ils virent que les barrières qui ceinturaient leur église depuis 1997 avaient soudainement disparu.

Ravis, les fidèles prirent aussitôt la plume pour remercier leur bourgmestre, convaincus que ce geste était de bon augure pour la réhabilitation du bâtiment. C'était lui rendre grâce bien trop vite : quatre jours plus tard, les grilles avaient fait leur réapparition. Pire : elles s'étendaient cette fois à la petite porte donnant sur la rue de l'Aqueduc, bloquant ainsi l'accès à l'ancienne sacristie, qui sert de lieu du culte depuis la fermeture de l'église, il y a trois ans.

Lorsqu'ils sont venus remettre ces grilles, note l'abbé Dupriez, curé de la paroisse, je venais de recevoir une lettre du bourgmestre, M. de Jonghe. Il me demandait les noms et adresses des signataires. Il voulait leur répondre personnellement. Au bas de la missive, on compte plusieurs dizaines de paraphes. Vous imaginez, à quatre jours des élections... Mais le pire, c'est d'avoir grillagé la sacristie. Celle-ci se situe sur le territoire de la commune de Saint-Gilles. Et le bourgmestre (faisant fonction) Willy Ysabeaux a estimé que nous avions droit à ce lieu de prière. J'ai donc pris l'initiative de les enlever.

Si le curé de la paroisse crie au sacrilège, à Ixelles, on avance une explication toute simple à cette étrange réapparition : l'installation de nouvelles grilles, achetées par la commune quelques mois auparavant.

C'est en 1996 que le bourgmestre d'Ixelles Yves de Jonghe d'Ardoye décide de fermer l'église néobaroque de la Trinité. Pour des raisons de sécurité. L'édifice connaît des problèmes de stabilité depuis son érection en 1895, explique-t-on. Construite en plusieurs phases sur un terrain « spongieux », l'église présente d'inquiétantes fissures en maints endroits. Parler de risque d'effondrement n'est donc pas une « aberration ».

L'abbé Dupriez, à la tête d'une paroisse d'une centaine de fidèles, n'est pas du même avis. Une étude démontre que les fissures n'ont pas évolué depuis nonante ans, commente-t-il. Cette église peut donc parfaitement être restaurée. Et, nous l'avons déjà dit, nous sommes tout à fait ouverts aux animations culturelles au sein même de l'église. J'ai d'ailleurs remis une demande de subside dans le cadre de Bruxelles 2000, qui nous a été refusée.

« C'EST IXELLES QUI BLOQUE »

Le curé s'est alors à nouveau adressé aux autorités locales. D'après moi, neuf millions seulement seraient nécessaires à la réouverture de l'église aux paroissiens. J'ai donc envoyé une demande de subsides à Ixelles et à Saint-Gilles. Mais je n'ai pas eu de nouvelles.

A la commune de Saint-Gilles, qui détient 45 % des pierres de la Trinité, on se dit impuissant dans ce dossier. En tant qu'« actionnaire minoritaire », nous n'avons aucun pouvoir de décision. Nous n'avons jamais été opposés aux rénovations, mais c'est toujours du côté d'Ixelles que les choses ont bloqué.

A Ixelles, si le non catégorique ne semble plus de mise, on refuse néanmoins une « politique de saupoudrage ». Le curé est à côté de ses burettes , lance l'échevin des travaux Decourty.

La réfection de l'église nécessiterait plus de cent millions... Quant au risque d'effondrement, il semble en effet limité... Mais il est clair que, pour l'image du quartier, on ne peut pas laisser ce bâtiment pourrir plus longtemps. C'est pourquoi, dès janvier - NDLR : dès l'entrée en fonction de la nouvelle majorité PS-PSC-Ecolo, donc -, nous nous mettrons autour de la table pour avancer des solutions. Et je suis vraiment ravi d'apprendre que l'abbé est aujourd'hui ouvert à la culture...

ANNE-CÉCILE HUWART

Précédant: La restauration du lieu de culte se heurte toujours à d'insondables problèmes financiers. L'église de la Trinité excommuniée par Yves de Jonghe.
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Précédant: La restauration du lieu de culte se heurte toujours à d'insondables problèmes financiers. L'église de la Trinité excommuniée par Yves de Jonghe. Sommaire