IXELLES Le bâtiment serait finalement stabilisé Olivier Degryse ange gardien de la Trinité
Ixelles doit-elle investir dans la restauration de l'église de la Trinité? Cela fait trois ans que la question alimente la polémique. Le PSC Olivier Degryse s'est fait un devoir de la remettre sur le tapis, à la lumière d'un rapport technique, plutôt positif pour les vieilles pierres sacrées.
Depuis son érection, le lieu de culte centenaire de la rue du Bailly connaît des problèmes d'instabilité. Rien d'étonnant quand on sait que le sol limoneux sur lequelle il repose requérait des fondations de 11 à 14 m, au lieu des... 4 m imprudemment creusés par ses concepteurs. Tout le problème est de savoir si les tassements successifs qui ont lézardé l'édifice menacent l'intégrité des paroissiens. A entendre Yves de Jonghe, qui en a condamné l'entrée, cela ne fait aucun doute.
Le bourgmestre n'a pas dit la vérité , affirme Olivier Degryse. Un rapport d'expertise du bureau Setesco, commandité par le bureau des Marguillers, certifie que "compte tenu du temps écoulé depuis la construction (1893-1908), la majeure partie des tassements a déjà eu lieu et on ne devrait plus en attendre de significatifs à l'avenir, hors influences extérieures".
Rapport Setesco à l'appui, Olivier Degryse affirme par ailleurs que les résultats de la campagne de mesurage et de surveillance des fissures, effectuée l'été dernier, sont rassurants. Citant à nouveau les experts, il précise qu'il n'est pas du tout exclu que l'église puisse être réutilisée à l'avenir, moyennant une série de travaux "confortatifs" et de réparation.
L'ampleur et le coût de ces travaux constituent "la" pomme de discorde entre la commune et la fabrique d'église. A la fin de l'année dernière, Yves de Jonghe a révélé que ladite fabrique avait demandé aux communes d'Ixelles et de Saint-Gilles d'inscrire 120 millions de FB (2,97 millions EUR ) aux deux budgets afin de rénover le bâtiment. Comme son collègue Charles Picqué, Yves de Yonghe refusa, soulignant que, pour 1999, 2000 et 2001, le montant des travaux subsidiés accordés à Ixelles plafonnera à 59 millions (1,46 millions EUR ).
Ces 120 millions (2,97 millions EUR ), seraient nécessaires pourune restauration totale et complète de l'édifice , rétorque le premier social-chrétien ixellois. Une restauration "correcte", sans aller jusque dans les moindres détails, ne coûterait que 30 millions (743.680 EUR ). Et, pour que l'on puisse à nouveau célébrer le culte à la Trinité, pour "sécuriser" le nef, seuls 2 millions (49.578 EUR ) sont nécessaires. A partager entre Ixelles (55%) et Saint-Gilles (45%)!
Malgré cette remise en perspective, le bourgmestre d'Ixelles reste sur ses positions: pas question d'investir dans ce "gouffre à millions". Alors? Yves de Jonghe rappelle que le bâtiment appartient à la fabrique. Il attend dès lors ses projets. De rénovation, pas de réaffectation!
WILLIAM BOURTON
L'église Saint-Boniface
bientôt classée
Le gouvernement vient de décider du classement comme monument de la totalité de l'église Saint-Boniface, en ce compris "le mobilier fixe par destination". Construit entre 1846 et 1849, l'édifice de la rue de la Paix est la première église de style néogothique édifiée à Bruxelles. Grâce au classement, la commune d'Ixelles pourra bénéficier de subsides régionaux pour restaurer l'édifice, qui souffre du "cancer de la pierre".