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Datation d'une stèle

Avant-propos

Au fil du temps, la formule d'offrande semble avoir fait l'objet d'une réinterprétation.  Durant l'Ancien Empire, le dieu mentionné sur la stèle s'associe au roi pour donner l'offrande :

Htp di nsw (Htp di) Inpw = offrande que donne le roi (offrande que donne) Anubis

A partir du Moyen Empire, le roi devient le seul initiateur de l'offrande, qu'il donne à une ou plusieurs divinités, lesquelles vont garantir la redistribution de celle-ci au bénéfice du défunt

(Offrande que donne le roi à Osiris, ...).

 

Datation

Dans le tableau suivant, nous avons essayé de regrouper quelques caractéristiques permettant de situer les stèles funéraires dans le temps.  Ces caractéristiques portent à la fois sur les matériaux utilisés, sur le style général de la stèle et sur l'évolution de l'écriture hiéroglyphique.  Ce tableau se base sur l'observation d'une centaine de stèles de provenance et d'époques différentes.

Style général de la stèle

Inscriptions hiéroglyphiques

Exemples représentatifs

ANCIEN EMPIRE (à partir de 2640 avant J.-C.)

La stèle, très souvent en calcaire, parfois en pierre plus dure, plus rarement en bois,  reproduit une porte d'habitation avec montants, linteaux et natte enroulée destinée à fermer l'entrée,  d'où le nom de "stèle fausse-porte". Cette "porte" constitue l'interface entre l'Au-delà et le monde des vivants. Très souvent, le début de la formule d'offrande se présente sous la forme

MOYEN EMPIRE (à partir de 2040 avant J.-C.)

La plupart des stèles sont pourvues d'une gorge et perpétuent la tradition de la stèle fausse-porte de l'Ancien Empire, mais on voit apparaître des stèles au sommet arrondi, aspect qui se maintiendra jusqu'aux époques les plus tardives.  Vers la XIIe dynastie (1991 - 1785 avant JC), les yeux Oudjat font leur apparition au niveau du cintre, constituant une protection du défunt et les yeux par lesquels le Ka peut avoir un contact visuel avec le monde des vivants. A partir de la XIIe dynastie (1991 avant J.-C.), on commence à voir apparaître di.f (il donne) ou di.sn (ils donnent) devant prt-xrw.

Exemple :   ou 

A cette même période, le nom d'Osiris se rencontre sous la forme : . Il est Maître de Busiris, qui s'écrit désormais Ddw

Les périodes de fêtes (Jour de l'An, fête religieuse Wag, ...) apparaissent également à partir de Moyen Empire.  Le nom de ces fêtes est déterminé par le hiéroglyphe

C'est aussi à cette période que l'on trouve la formule "que donne le ciel, que produit la terre et qu'apporte le Nil de sa caverne..."

...

di pt kmA tA in.k Hapy m tpH(t) ...

 

NOUVEL EMPIRE (à partir de 1540 avant J.-C.)

La qualité des figurations en bas-relief atteint souvent un niveau fort élevé, avec un grand souci du détail.  Le défunt est bien souvent représenté en adoration ou dans l'attitude de l'offrande face à un dieu.  Il arrive fréquemment que les stèles soient divisées en plusieurs registres, où le défunt, accompagné de ses proches, présente des offrandes à un dieu, ou en reçoit lui-même des membres de sa famille. Il arrive régulièrement que la formule funéraire usuelle soit remplacée par un hymne religieux.   A la fin du Nouvel Empire apparaissent de petites stèles en bois.

Souvent, le début de la formule d'offrande s'écrit    les 2 signes allongés se trouvant en début de phrase.

A partir de la XVIIIe dynastie  (1540 avant J.- C.)

Abydos : utilisation du hiéroglyphe pour écrire le nom de la ville sainte.

Exemple :  

: utilisation du hiéroglyphe représentant le soleil et l'uraeus comme idéogramme ou déterminatif du nom du dieu.

Utilisation de , adaptation de l'abréviation hiératique de .  Devient commun à partir du règne d'Akhenaton (1353 avant J.- C.)

A partir de la XIXe dynastie    (1295 avant J.- C.)

Osiris, qui préside (ou en face de) l'Occident :

"Qui préside" qui s'écrivait s'écrit désormais souvent

Fils (de) : s'écrivait au moyen de .  On trouve désormais sa contraction hiératique : .

 

 

A PARTIR DE LA BASSE EPOQUE (à partir de 712 avant J.-C.)

A partir des environs de 700 avant J.-C., le sommet des stèles est systématiquement décoré du disque solaire ailé symbolisant le dieu solaire Horus d'Edfou, que l'on peut déjà rencontrer de façon plus sporadique au cours du Nouvel Empire.  Le défunt est alors placé sous la protection de ce dieu céleste.  Ce motif est souvent combiné avec le signe du ciel, représenté horizontalement ou de manière incurvée.  L'usage veut aussi que le défunt soit presque toujours figuré devant une ou plusieurs divinités.  Les stèles datant de la période nubienne et saïte (aux environs de 700-600 avant J.-C.) présentent souvent 2 tableaux et 2 inscriptions disposés en diptyque.  

 

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