Georges Rodenbach

Bruxelles et ses hauts lieux littéraires. III. Autres lieux littéraires

Maison du Spectacle - La Bellone
rue de Flandre 46, Bruxelles-ville

 
Maison du Spectacle - La Bellone

 
Splendide cour intérieure baroque de 1697 sauvée de la destruction par le peintre écrivain Serge Creuz. Possède tout sur l’intense vie théâtrale en Belgique.

A lire : La ligne de coeur

 


Galeries Royales, Bruxelles-ville

 
Galeries Royales, Bruxelles-ville

 
Après le coup d’état de Napoléon III, les Galeries constituent le point de ralliement des proscrits parisiens. En 1867, Jean-Baptiste Clément «  crée » au Vaudeville le Temps des cerises. Dans la Galerie des Princes, le réfugié Victor Hugo venait chaque jour rendre visite à sa maîtresse Juliette Drouet qui y louait une chambre. C’est là que se trouve aujourd’hui la majestueuse librairie Tropismes.

En 1864, Baudelaire (1821-1867) qui loge rue de la Montagne 28 à l'Hôtel du Grand Miroir (détruit), arpente «  tous les jours huit fois toute la longueur du passage en faisant 250 pas par tour ». Fuyant ses créanciers, le poète des Fleurs du Mal donne à Bruxelles des conférences qui tournent à sa confusion. Il ne réussit guère mieux à convaincre l’éditeur belge Paul Lacroix des Misérables de le publier. Seules la rancœur et la maladie seront au rendez-vous. Sa Belgique déshabillée (ou Pauvre Belgique) continue à le rendre sulfureux aux yeux des Bruxellois.

Hergé et Edgar-P. Jacobs se sont rencontrés après une soirée au Théâtre des Galeries. Dans l’Ilot sacré, où il a débuté, Jacques Brel appréciait particulièrement les spécialités de fruits de mer toujours au menu des restaurants Taverne du Passage (Galerie de la Reine 30), Aux armes de Bruxelles et Chez Vincent.

A lire : Les derniers jours de Charles Baudelaire de Bernard Henri Lévy

 


Cathédrale SS. Michel-et-Gudule

Le poète mystique Ruysbroeck (1293-1381) a fasciné Maeterlinck, qui a traduit L’Ornement des noces spirituelles, Yourcenar et Michaux. Le Flamand a été chapelain de Sainte-Gudule avant de fonder le prieuré de Groenendaal. Gaston Compère a défendu par la plume Bloemardinne, la rivale de Ruysbroeck. Le peintre Rogier Van der Weyden serait inhumé derrière l’autel de la Chapelle du Saint-Sacrement.

Dos Passos aimait cette cathédrale qui «  porte le nom d’une cloche ». Le sanctuaire, et sa «  Rose au cœur violet, fleur de Sainte-Gudule », fournirait une des clés du célèbre sonnet Artémis de Nerval. Le poète voyait la cathédrale s'avancer «  sur sa montagne escarpée, comme une femme agenouillée au bord de la mer et qui lève les bras vers Dieu ». C’est à Bruxelles, en 1840, qu’il ressent les premier signes de la folie.

Baudelaire admirait les vitraux de Van Orley : «  Belles couleurs intenses, telles que celles dont une âme profonde revêt tous les objets de la vie. » Auguste Rodin a confessé sur le tard : « Sainte-Gudule que je critiquais - telle est l'ignorance - m'a regardé avec la perfection de la Joconde ».

Dans son Siège de Bruxelles, Jacques Neirynck situe le centre névralgique d’une guerre civile belge au doyenné de la cathédrale, rue du Bois Sauvage 15 (vestiges médiévaux).

 


Eglise Notre-Dame de la Chapelle

Pierre Brueghel (ca. 1525-1569) y a été inhumé quatre ans après son mariage dans le sanctuaire des Marolles. Ce génie de la Renaissance aurait terminé son œuvre dans une maison «  espagnole », 132 rue Haute (plaque commémorative). Pour éviter l’Inquisition à sa famille, il y aurait brûlé des dessins compromettants. Dans une chapelle, côté droit, un mémorial commandé par son fils Brueghel de Velours au grand Rubens lui rend hommage (« au peintre Pierre Brueghel très adroit dans son métier »). Côté gauche, l’émouvante Notre-Dame de la Solitude (en rénovation), offerte par l’épouse de Philippe II. Admirée de Rodin, Baudelaire et Julien Green. Ghelderode lui a consacré un conte dans Sortilèges (partiellement repris dans l’église). En face du sanctuaire, rue des Ursulines, l’ancien Collège Saint-Michel (devenu Sint-Jan Berchmans) où Charles De Coster, Norge et Henri Michaux ont étudié tour à tour.

A lire : L’Enragé ou Brueghel vu par Dominique Rolin.

 


Eglise Notre-Dame du Sablon

Voltaire, de passage à Bruxelles avec sa maîtresse, a failli s’en faire expulser pour comportement obscène. Paul Claudel, alors ambassadeur de France à Bruxelles, venait y prier chaque matin. Près de la chaire baroque, une inscription rappelle sa dévotion (voir aussi le médaillon de Claudel, rue de la Régence). Les tramways métronomes de la rue de la Régence ont fasciné le jeune Paul Delvaux qui passa ses premières années rue de l’Arbre 10.

La romancière Suzanne Lilar, mère de Françoise Mallet-Joris, a résidé rue des Sablons 9. Marguerite Yourcenar aimait lui rendre visite. Près du Petit Sablon, le parc d’Egmont, et son passage Marguerite Yourcenar (rue aux Laines, 34), rend hommage à l’auteur des Mémoires d’Hadrien.

Le Saint-gillois d’adoption Henri Vernes, père de Bob Morane, a fréquenté le Zavel, place du Grand Sablon 7.

 


Archives et Musée de la Littérature
Boulevard de l’Empereur 4, Bruxelles-ville

Tout (et même plus) sur la littérature française de Belgique. Personnel des plus accueillants.

 


Académies Royale de Langue et de Littérature françaises
rue Ducale 1, Bruxelles-ville

Dès l'origine, l'institution a accueilli des femmes.

Les membres étrangers : Gabriele d'Annunzio, Jean Cocteau, Julien Green, Mircea Eliade, Colette, Marguerite Yourcenar, Dominique Rolin... Parmi les Belges : Max Elskamp, Maurice Maeterlinck, Suzanne Lilar, Thomas Owen, Georges Simenon... L’écrivain Jacques Dedecker en est l’actuel Secrétaire perpétuel.

 


Musée Camille Lemonnier                                     

chaussée de Wavre 150, Ixelles
Inscription commémorative

Dans un bel hôtel particulier, reconstitution du cabinet de travail de Camille Lemonnier, auteur du Mâle. Siège de l’association  des écrivains belges de langue française. A droite, école primaire d’Hergé.

 


Musée Wiertz rue Vautier 62, Ixelles

Musée du peintre mégalomane Antoine Wiertz. Visité avec stupeur par Baudelaire et Huysmans puis par le jeune John Dos Passos qui a grandi à Bruxelles. Les premiers conservateurs se nomment Henri Conscience, auteur du Lion des Flandres, et Albert Mockel, animateur littéraire inventeur du concept culturel de Wallonie. Tous deux sont décédés rue Vautier.

 


Cimetière d’Ixelles
chaussée de Boondael 428, Ixelles

Tombes de Victor Horta, Charles De Coster, Camille Lemonnier, Carl Sternheim, Antoine Wiertz...

 


Cimetière de Bruxelles-Schaerbeek
avenue Jules Bordet, Evere

Tombes de René Magritte, Louis Scutenaire, Marcel Mariën, Marcel Broodthaers, Constantin Meunier, Louis David…

 


Cimetière de Bruxelles-Laeken
parvis Notre-Dame de Laeken, Laeken

Abrite un exemplaire original du Penseur de Rodin.

Tombes de Michel de Crayencour, le père de Marguerite Yourcenar, Fernand Khnopff, Michel de Ghelderode, Maria Malibran, la cantatrice admirée par Musset et Lamartine, et de la pianiste Marie Pleyel, l’ex-fiancée de Berlioz et la muse de Nerval. Le poète soupirait également pour la… reine Louise-Marie inhumée dans la crypte royale de Laeken. Ces deux figures romantiques à souhait se retrouvent dans Aurélia, Pandora et le poème A Louise d’Or.

A lire : Archives du Nord de Marguerite Yourcenar sur ses origines nordiques

 

La Plume

Restaurants et brasseries littéraires. début de page le sommaire accueil page suivante