Georges Rodenbach

I(b). Bruxelles et ses hauts lieux littéraires.


Dominique Rolin (1913)                                                                                                     

rue Saint-Georges 77, Ixelles
 

Dominique Rolin (1913)

 
La petite-fille de Léon Cladel a passé son enfance dans le quartier Louise. La maison de la rue Saint-Georges est largement évoquée dans L'Infini chez soi (roman autobiographique). A écrit, entre autres, Bruges la vive pour prendre le contre-pied de Georges Rodenbach. A noter que Léon Cladel était le témoin de Georges Rodenbach lors de son mariage à Paris !

 


Jacqueline Harpman (1929)

angle avenue Franklin Roosevelt – avenue des Phalènes, Ixelles

Somptueuse demeure éclectique, ultime vestige de l’Exposition universelle de 1910, elle sert de cadre énigmatique au Bonheur dans le crime de Jacqueline Harpman. Cette psychologue uccloise a reçu le prix Médicis pour Orlanda qui se déroule en partie à Bruxelles.

 


Stanislas-André Steeman (1907-1970)       

Val de la Cambre 21, Ixelles

Stanislas-André Steeman y a concocté L'assassin habite au 21. Ce chef-d’œuvre du roman policier se passe pourtant à Londres, dans une pension de famille. Seule allusion ixelloise, le numéro du domicile du romancier. Henri-Georges Clouzot a porté à l’écran L'assassin habite au 21 et Quai des Orfèvres (adapté du roman Légitime défense).

A lire : L’écrivain habite au 21 - biographie par son fils Stéphane Steeman et André-Paul Duchâteau

 


Charles De Coster (1827-1879)

rue de l’Arbre bénit 116, Ixelles
Inscription commémorative

 
Charles De Coster (1827-1879)

 
Pendant dix ans, dans la solitude, De Coster travaille à ce qui sera son chef-d'œuvre, La Légende d'Ulenspiegel (1867). Il y raconte avec verve et lyrisme les aventures d'un personnage facétieux qui va de ville en ville inciter le peuple à se révolter contre Philippe II. A partir de 1870, De Coster est répétiteur à l'Ecole militaire. Chaque jour, il rejoint à pied l’abbaye de la Cambre. Cet emploi stable mais mal rémunéré ne l'empêchera pas de mourir dans un délabrement physique total. Félicien Rops, son ami de toujours, le réconforte jusqu’au dernier moment. Ulenspiegel connaîtra un succès universel. Gérard Philippe a adapté son œuvre à l’écran.

La meilleure adaptation à l’écran est cependant celle des réalisateurs soviétiques Alov et Naoumov : Thyl Ulenspiegel (1977).

A lire : Charles De Coster ou La vie est un songe de Raymond Trousson

L’écrivain Neel Doff a posé pour le monument dédié à Charles De Coster qui se dresse place Flagey, au bord des Etangs d’Ixelles. Le saule serait planté à l'endroit où l'écrivain venait méditer.

De l’autre côté de la place se trouve le buste géant de Fernando Pessoa (on peut y lire “ Ma patrie est la langue portugaise ”). Paradoxe : l’auteur du Livre de l’intranquillité n’a jamais hanté Bruxelles. Marguerite Yourcenar, née avenue Louise, a été baptisée à l’église Sainte-Croix. Amélie Nothomb, éprouve une grande tendresse pour Ixelles, ses étangs et son autobus 71. A deux pas du Bois de la Cambre, elle a écrit ses premiers romans.

 


Karl Marx (1818-1883)                                                      

rue Jean d'Ardenne 50, Ixelles
Inscription commémorative

Karl Marx a résidé rue Jean d'Ardenne (ex-rue d'Orléans) de janvier 1847 à février 1848, avec son épouse Jenny Von Westphalen et ses trois enfants en bas âge. Refoulé de France, Karl Marx arrive chez nous en 1845. La maison ixelloise sert de point de rencontre à tous les opposants politiques. A la fin de l'année, Marx se cloître à Ixelles pour écrire le Manifeste du Parti Communiste. En 1848, durant les émeutes parisiennes, il est expulsé de Belgique.

Au 47, une inscription rappelle le souvenir de Jean d'Ardenne, homme de lettres. Un visiteur fidèle : le sulfureux Félicien Rops.

A lire : Jenny la rouge de Françoise Giroud

 


Neel Doff (1858-1942) et Franz Hellens (1881-1972)

rue de Naples 36, Ixelles
Inscription commémorative

Neel Doff a vécu dans cette modeste maison avant de la léguer à l’écrivain Franz Hellens. Née aux Pays-Bas, elle connaît l'extrême misère dans les taudis d'Amsterdam, d'Anvers et de Bruxelles. Elle se tire d'affaire en posant pour Rops, Ensor et Toulouse-Lautrec. A 50 ans, Neel Doff commence à raconter  ses années noires. Au 15 de la même rue, décor de La Maison des veilles de S.-A. Steeman.

A lire : Jours de famine et de détresse, Keetje

Neel Doff d’Evelyne Wylwerth

 


Alexandra David-Néel (1868-1969)           

Rue de Dublin 15-17, Ixelles

 

Alexandra David-Néel (1868-1969)

 

Alexandra David-Néel a grandi à Bruxelles. Elle a connu un extraordinaire destin. Tour à tour admiratrice de l'anarchiste Elisée Reclus (en exil à Ixelles), bouddhiste, cantatrice, orientaliste, exploratrice. En 1924, elle pénètre la première à Lhassa, capitale du Tibet. Les Américains la surnomment « la femme sur le toit du monde » et Paris lui réserve un accueil triomphal. Elle meurt centenaire à Digne (France) où une Fondation s'occupe du rayonnement de son œuvre humaniste. Elle a également résidé rue Faider (Ixelles).

A lire : Le lumineux destin d'Alexandra David-Néel – biographie de Jean Chalon

 


Auguste Rodin (1840-1917)                                                

rue Sans-Souci 111, Ixelles

En 1870, Rodin trouve du travail chez Carrier-Belleuse. A Bruxelles, il cisèle des cariatides pour les boulevards centraux et la Bourse. De 1871 à 1877, Rodin prend confiance en lui. Dans son atelier de la rue Sans-Souci (toujours utilisé), il parvient à vendre ses premières œuvres personnelles. A Ixelles, Rodin, qui n'a connu que l’effervescence parisienne, effectue chaque dimanche, en compagnie de son amie, de longues promenades à pied dans la majestueuse forêt de Soignes : « C'est la Belgique qui m'a tout appris sur la lumière. »

A lire : Les Cathédrales de France

 


Giacomo Puccini (1858-1924)                     

avenue de la Couronne 1, Ixelles
Inscription commémorative

rue Royale 294-296, Saint-Josse

L’auteur de la Bohème est décédé dans la clinique du Docteur Sluys. Il possédait un pied-à-terre dans un majestueux hôtel, rue Royale. Ses obsèques furent célébrées à l’église Royale-Sainte-Marie.

 


Hergé (1907-1983)                                                              

rue Philippe-Baucq 33, Etterbeek
Inscription commémorative

Maison natale d’Hergé. Les musées du Cinquantenaire se trouvent à deux pas. Le jeune Georges Rémi (initiales RG) y a trouvé des modèles pour les statuettes et autres momies de L’oreille cassée, Les cigares du pharaon, Les 7 boules de cristal...

Après un court séjour à Watermael, Hergé revient dans le quartier, rue de Theux 93, parallèle à sa rue natale. En 1917, ses parents s'installent pour de bon au 34 de la même rue. Hergé a fréquemment utilisé le marollien (dialecte bruxellois) de sa grand-mère. Quelques lieux de la capitale jalonnent les aventures de Tintin. Le Secret de la Licorne, un des albums préférés d'Hergé, commence au Vieux Marché de la place du Jeu de Balle et Le sceptre d’Ottokar au Parc de Bruxelles.

Le premier studio d’Hergé se trouvait à Boitsfort, avenue Delleur 17. Le père de Tintin finira ses jours dans une demeure somptueuse, 37 Dieweg. Sa tombe, éloge de la ligne claire, se trouve au cimetière du Dieweg.

 


Paul Nougé (1895-1967)                                                     

rue Franklin 78, Bruxelles

 

Paul Nougé (1895-1967)

 

Paul Nougé a presque toujours vécu à Bruxelles. Né rue du Congrès, il habite longtemps au 64 rue de l’Aqueduc. Dans les années trente, il s’installe rue Franklin, avec son égérie Marthe Beauvoisin. Ses complices ont pour nom Magritte et Scutenaire qui le surnomme, non sans malice, le «  Breton belge », par allusion à André Breton. On lui doit de nombreux titres de toiles de Magritte. Rue Franklin, Nougé reçoit un jour la visite de Gala, Salvador Dali et Paul Eluard. Dans les années cinquante, la jeune Barbara, qui se cherche à Bruxelles et pour qui il écrit des chansons, lui vient en aide moralement et financièrement. Paul Nougé aimait flâner dans l’élégant square Ambiorix situé à deux pas de son domicile.

A lire : Fragments

 


Jacques Brel (1929-1978)                                       

avenue du Diamant 138, Schaerbeek
Inscription commémorative

Maison natale du poète. Le Grand Jacques a successivement habité Boulevard d’Ypres 66, près de la place Sainte-Catherine (Bruxelles) et de la Caserne du Petit-Château, Boulevard Belgica 26 (Mon enfance passa) et rue Jacques Manne 7 où le tram 33, la friterie d’Eugène et le souvenir de ses parents lui inspireront Madeleine et Les Vieux.

A lire : Tout Brel (coll. 10-18), Jacques Brel d’Olivier Todd.

A voir : Fondation Jacques Brel, place de la Vieille Halle au Blé 10-11, Bruxelles.

 


Louis Scutenaire (1905-1987)

rue de la Luzerne 20, Schaerbeek
Inscription commémorative

 

Louis Scutenaire (1905-1987)

 

Cet intime de Magritte y a passé presque toute sa vie. Auteur d’aphorismes souvent désopilants. On y pressent l’esprit du Chat de Geluck.

A lire : Mes inscriptions et Avec Magritte

 


Marcel Mariën (1920-1993)

rue Van Hasselt 39, Schaerbeek
Inscription commémorative (en partie voilée)

Parfait nihiliste, écrivain original. Après-guerre, il joue aux faux-monnayeurs avec Magritte. Il a passé la fin de sa vie à deux pas de l’inoffensif (mais très beau) square Armand Steurs. Sa devise préférée : « Il n’y a aucun mérite à être quoi que ce soit ».

A lire : Activité surréaliste en Belgique, Le radeau de la mémoire

 


René Magritte (1898-1967)

rue des Mimosas 97, Schaerbeek

Riche et célèbre dans les années soixante, l’homme au chapeau melon continuait à prendre l'autobus 65 pour se rendre en ville avec son chien Loulou. Séduit par le parc Josaphat tout proche, Magritte aimait écouter sur un pliant les concerts dominicaux qui se donnaient au kiosque. Nombreux monuments littéraires dans cette vallée d’artistes.

Des passionnés ont récemment reconstitué le décor volontairement banal de son précédent domicile, rue Esseghem 135 à Jette.

A lire : Ecrits complets présentés par André Blavier

 


Vincent Van Gogh (1853-1890)

rue Traversière 6, Saint-Josse
Inscription commémorative

Il y aurait poursuivi sa formation artistique en 1880-81. Seule toile vendue de son vivant ? A la Belge Anna Boch. Plaque controversée, la maison n’étant peut-être pas celle où Van Gogh aurait séjourné.

A lire : Lettres à son frère Théo

 


Georges Eekhoud (1854-1927)                                          

rue du Progrès 407, Schaerbeek
Inscription commémorative

 

Georges Eekhoud (1854-1927)

 

Ecrivain humaniste. Jarry, Gide et Verhaeren lui ont rendu visite à Schaerbeek. Les jeunes Magritte et Ghelderode, qui habitaient le quartier, comptaient parmi ses fervents.    

A lire : Voyous de velours (l’action se passe dans les Marolles)

 


Norge (1898-1990)                                                                                     

rue Jennart 14, Molenbeek
Inscription commémorative

 

Norge (1898-1990)

 
Maison natale de l’auteur de la Langue verte. L’inscription « Un nom de neige sur un homme de braise » est de son fils, le poète Jean Mogin.

A lire : Poésies (Gallimard)     

 


Erasme (ca. 1469-1536)

rue du Chapitre 31, Anderlecht                   

Musée consacré au grand humaniste qui y coula des jours heureux en 1521.

 


André Baillon (1875-1932)

Rue Fontaine-Vanderstraeten 33, Forest
Inscription commémorative

 

André Baillon (1875-1932)

 
Au-dessus d’une auberge, cet écrivain d’avant-garde a commencé ici l’Histoire d’une Marie.

Interné à Paris, il se suicide.

A lire : André Baillon, Le gigolo d’Irma Idéal – biographie de Frans Denissen




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