I(b).
Bruxelles
et ses hauts lieux littéraires.
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Dominique
Rolin (1913)
rue
Saint-Georges 77, Ixelles
Jacqueline
Harpman (1929) angle
avenue Franklin Roosevelt – avenue des Phalènes,
Ixelles Somptueuse
demeure éclectique,
ultime vestige de l’Exposition universelle de 1910, elle sert
de cadre
énigmatique au Bonheur
dans le crime
de Jacqueline Harpman. Cette psychologue uccloise a reçu le
prix Médicis pour Orlanda
qui se déroule en partie à
Bruxelles. Stanislas-André
Steeman (1907-1970)
Val
de la Cambre 21, Ixelles Stanislas-André
Steeman y a concocté L'assassin
habite au
21. Ce
chef-d’œuvre du roman policier se passe pourtant
à Londres, dans une
pension de famille. Seule allusion ixelloise, le numéro du
domicile du
romancier. Henri-Georges Clouzot a porté à
l’écran L'assassin
habite au 21 et Quai
des Orfèvres (adapté
du roman Légitime
défense). A
lire :
L’écrivain habite au 21
- biographie
par son fils Stéphane Steeman et André-Paul
Duchâteau Charles
De Coster (1827-1879) rue
de l’Arbre bénit 116, Ixelles
La
meilleure adaptation à l’écran est
cependant celle des réalisateurs soviétiques
Alov et Naoumov : Thyl
Ulenspiegel
(1977). A
lire : Charles
De Coster ou La vie
est un songe de Raymond Trousson De
l’autre côté de la place se trouve le
buste géant de
Fernando Pessoa (on peut y lire
“ Ma
patrie est la langue
portugaise ”). Paradoxe :
l’auteur du Livre
de l’intranquillité
n’a jamais hanté Bruxelles. Marguerite Yourcenar,
née
avenue Louise, a été baptisée
à l’église Sainte-Croix.
Amélie Nothomb, éprouve
une grande tendresse pour Ixelles, ses étangs et son autobus
71. A deux pas du
Bois de la Cambre, elle a écrit ses premiers romans. Karl
Marx (1818-1883)
rue
Jean d'Ardenne 50, Ixelles Karl
Marx a
résidé rue Jean d'Ardenne
(ex-rue d'Orléans) de janvier 1847 à
février 1848, avec son épouse Jenny Von
Westphalen et ses trois enfants en bas âge.
Refoulé de France, Karl Marx arrive
chez nous en 1845. La maison ixelloise sert de point de rencontre
à tous les
opposants politiques. A la fin de l'année, Marx se
cloître à Ixelles pour
écrire le Manifeste
du Parti Communiste.
En 1848, durant les émeutes parisiennes, il est
expulsé de Belgique. Au
47,
une inscription rappelle le souvenir de Jean d'Ardenne, homme de
lettres. Un
visiteur fidèle : le sulfureux Félicien
Rops. A
lire : Jenny
la rouge de
Françoise Giroud Neel
Doff (1858-1942) et Franz Hellens (1881-1972) rue
de Naples 36, Ixelles Neel
Doff a vécu dans cette modeste maison avant de la
léguer à l’écrivain Franz
Hellens. Née aux Pays-Bas, elle connaît
l'extrême
misère dans les taudis d'Amsterdam, d'Anvers et de
Bruxelles. Elle se tire
d'affaire en posant pour Rops, Ensor et Toulouse-Lautrec. A 50 ans,
Neel Doff
commence à raconter
ses
années
noires.
Au 15 de la même rue, décor de La
Maison
des veilles
de S.-A.
Steeman. A
lire : Jours
de famine et de détresse,
Keetje
Neel
Doff
d’Evelyne Wylwerth Alexandra
David-Néel (1868-1969)
Rue
de Dublin 15-17, Ixelles
Alexandra
David-Néel a grandi à Bruxelles. Elle a connu un
extraordinaire destin. Tour à
tour admiratrice de l'anarchiste Elisée Reclus (en exil
à Ixelles), bouddhiste,
cantatrice, orientaliste, exploratrice. En 1924, elle
pénètre la première à
Lhassa, capitale du Tibet. Les Américains la surnomment
« la femme sur le
toit du monde »
et Paris lui
réserve un accueil triomphal. Elle meurt centenaire
à Digne (France) où une
Fondation s'occupe du rayonnement de son œuvre humaniste.
Elle a également
résidé rue Faider (Ixelles). A
lire :
Le lumineux destin
d'Alexandra David-Néel
– biographie de Jean Chalon Auguste
Rodin (1840-1917)
rue
Sans-Souci 111, Ixelles En
1870, Rodin trouve du travail chez Carrier-Belleuse. A
Bruxelles, il cisèle des cariatides pour les boulevards
centraux et la Bourse.
De 1871 à 1877, Rodin prend confiance en lui. Dans son
atelier de la rue
Sans-Souci (toujours utilisé), il parvient à
vendre ses premières œuvres
personnelles. A Ixelles, Rodin, qui n'a connu que
l’effervescence parisienne,
effectue chaque dimanche, en compagnie de son amie, de longues
promenades à
pied dans la majestueuse forêt de Soignes : « C'est
la Belgique qui m'a tout appris sur la
lumière. » A
lire : Les
Cathédrales de France Giacomo
Puccini
(1858-1924)
avenue
de la Couronne 1,
Ixelles rue
Royale 294-296, Saint-Josse L’auteur
de la Bohème
est décédé dans la clinique du
Docteur Sluys. Il possédait un pied-à-terre dans
un majestueux hôtel, rue
Royale. Ses obsèques furent
célébrées à
l’église Royale-Sainte-Marie. Hergé
(1907-1983)
rue
Philippe-Baucq 33, Etterbeek Maison
natale d’Hergé. Les
musées du Cinquantenaire se trouvent à deux pas.
Le jeune Georges Rémi
(initiales RG) y a trouvé des modèles
pour les statuettes et autres momies
de
L’oreille cassée,
Les
cigares du pharaon, Les 7 boules de cristal... Après un court
séjour à Watermael, Hergé revient
dans le quartier, rue de Theux 93, parallèle à sa
rue natale. En 1917, ses
parents s'installent pour de bon au 34 de la même rue.
Hergé a fréquemment
utilisé le marollien (dialecte bruxellois) de sa
grand-mère. Quelques
lieux de la
capitale jalonnent les
aventures de Tintin. Le
Secret de la
Licorne, un des albums
préférés d'Hergé, commence
au Vieux Marché de la
place du Jeu de Balle et Le
sceptre
d’Ottokar au Parc de
Bruxelles. Le premier studio d’Hergé se trouvait à Boitsfort, avenue Delleur 17. Le père de Tintin finira ses jours dans une demeure somptueuse, 37 Dieweg. Sa tombe, éloge de la ligne claire, se trouve au cimetière du Dieweg. Paul
Nougé (1895-1967)
rue
Franklin 78, Bruxelles
Paul
Nougé a presque toujours
vécu à Bruxelles. Né rue du
Congrès, il habite longtemps au 64 rue de
l’Aqueduc. Dans les années trente, il
s’installe rue Franklin, avec son
égérie
Marthe Beauvoisin. Ses complices ont pour nom Magritte et Scutenaire
qui le
surnomme, non sans malice, le « Breton
belge », par allusion à
André Breton. On lui doit de nombreux titres de toiles de
Magritte. Rue
Franklin, Nougé reçoit un jour la visite de Gala,
Salvador Dali et Paul Eluard.
Dans les années cinquante, la jeune Barbara, qui se cherche
à Bruxelles et pour
qui il écrit des chansons, lui vient en aide moralement et
financièrement. Paul
Nougé aimait flâner dans
l’élégant square Ambiorix
situé à deux pas de son domicile. A
lire : Fragments Jacques
Brel
(1929-1978)
avenue
du Diamant 138, Schaerbeek Maison
natale du poète. Le
Grand Jacques a successivement habité Boulevard
d’Ypres 66, près de la place
Sainte-Catherine (Bruxelles)
et de la
Caserne du Petit-Château, Boulevard Belgica 26 (Mon
enfance passa)
et rue Jacques Manne 7 où le tram 33, la
friterie d’Eugène et le souvenir de ses parents
lui inspireront Madeleine
et Les Vieux. A
lire : Tout
Brel (coll. 10-18), Jacques Brel d’Olivier
Todd. A voir : Fondation Jacques Brel, place de la Vieille Halle au Blé 10-11, Bruxelles. Louis
Scutenaire (1905-1987) rue
de la Luzerne 20, Schaerbeek
Cet
intime de Magritte y a passé presque toute sa vie.
Auteur d’aphorismes souvent désopilants. On y
pressent l’esprit du Chat
de Geluck. A
lire : Mes
inscriptions et Avec Magritte Marcel
Mariën (1920-1993) rue
Van Hasselt 39, Schaerbeek Parfait
nihiliste, écrivain
original. Après-guerre, il joue aux faux-monnayeurs avec
Magritte. Il a passé
la fin de sa vie à deux pas de l’inoffensif (mais
très beau) square Armand
Steurs. Sa devise préférée :
« Il n’y a aucun mérite
à être quoi que
ce soit ». A
lire : Activité
surréaliste en Belgique, Le radeau
de la mémoire René
Magritte (1898-1967) rue
des Mimosas 97, Schaerbeek Riche
et célèbre dans les
années soixante, l’homme au chapeau melon
continuait à prendre l'autobus 65
pour se rendre en ville avec son chien Loulou. Séduit par le
parc Josaphat tout
proche, Magritte aimait écouter sur un pliant les concerts
dominicaux qui se
donnaient au kiosque. Nombreux monuments littéraires dans
cette vallée
d’artistes. Des
passionnés ont récemment
reconstitué le décor volontairement banal de son
précédent domicile, rue
Esseghem 135 à Jette. A
lire : Ecrits
complets présentés
par André
Blavier Vincent
Van Gogh (1853-1890) rue
Traversière 6, Saint-Josse Il y
aurait poursuivi sa
formation artistique en 1880-81. Seule toile vendue de son
vivant ? A la
Belge Anna Boch. Plaque controversée, la maison
n’étant peut-être pas celle
où
Van Gogh aurait séjourné. A
lire : Lettres
à son frère Théo Georges
Eekhoud (1854-1927)
rue
du Progrès 407, Schaerbeek
Ecrivain
humaniste. Jarry, Gide
et Verhaeren lui ont rendu visite à Schaerbeek. Les jeunes
Magritte et
Ghelderode, qui habitaient le quartier, comptaient parmi ses fervents. A
lire : Voyous
de velours (l’action
se passe
dans les Marolles) Norge
(1898-1990)
rue
Jennart 14, Molenbeek
A
lire : Poésies
(Gallimard)
Erasme (ca. 1469-1536) rue du
Chapitre 31, Anderlecht
Musée
consacré au grand humaniste qui y coula des
jours heureux en 1521. André Baillon
(1875-1932) Rue
Fontaine-Vanderstraeten 33, Forest
Interné
à Paris, il se suicide. A
lire : André
Baillon, Le gigolo d’Irma Idéal –
biographie de Frans Denissen |
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