Georges Rodenbach

I(a). Bruxelles et ses hauts lieux littéraires.


Classement par commune.

L’âme d’une ville est faite de la mémoire de ses maisons, de ses places, de ses cafés, de ses églises, de ses jardins… Ghelderode, Michaux mais aussi Baudelaire, Hugo, Rimbaud et beaucoup d’autres créateurs ont arpenté les rues de Bruxelles où s’en sont inspiré. Les liens de Georges Rodenbach avec les auteurs et les lieux cités sont ici mis en évidence. Les plaques commémoratives éventuelles sont recensées et quelques prolongements de lecture sont proposés.

Pour compléter ses itinéraires, on lira avec profit le guide « Sur les pas des écrivains à Bruxelles » de Joël Goffin (Edition de l’Octogone, 1997).

La plupart des œuvres d’auteurs belges sont disponibles à la Librairie Tropismes, Galerie des Princes à Bruxelles.


E.L.T. Mesens (1903-1971)

rue de la Grande Ile 36, Bruxelles-ville
Inscription commémorative

E.L.T. Mesens (1903-1971)

 Maison natale d’un surréaliste complice de Magritte. La plus étrange des inscriptions commémoratives.
 


Rosny Aîné (1856-1940)

rue Marché au Charbon 77, Bruxelles-ville
Inscription commémorative

Maison natale de Rosny Aîné, auteur de La Guerre du Feu magistralement adapté au cinéma. Membre fondateur de l’Académie Goncourt et ami parisien de Georges Rodenbach.

Quartier du poète belge William Cliff, ex-intime du romancier Conrad Detrez.

A lire : Marcher au charbon et Conrad Detrez

 


Paul Verlaine (1844-1896)
Arthur Rimbaud (1854-1891)

rue des Brasseurs 1, Bruxelles-ville
Inscription commémorative

Arthur Rimbaud (1854-1891)

Le 10 juillet 1873, rue des Brasseurs, Verlaine, éméché, tire deux fois sur Rimbaud, le blessant au poignet. Soigné à l’Hôpital Saint-Jean, Rimbaud décide de rentrer à Charleville. Verlaine, qui l’accompagne à la Gare du Midi, se fait à nouveau menaçant aux abords de la Place Rouppe. Le jeune poète, pris de panique, appelle au secours un policier. Les séjours pénitentiaires de Verlaine à Bruxelles puis à Mons lui inspireront son recueil Sagesses. Deux mois après l’incident, Rimbaud revient à Bruxelles confier à l'imprimeur Jacques Poot (rue aux Choux, détruit) le manuscrit d'Une Saison en Enfer, récit de sa décevante aventure avec Verlaine.

Lieux préférés de Rimbaud : le boulevard du Régent (sans circulation automobile), le parc de Bruxelles et le Grand Hôtel liégeois (actuelle Brasserie Saint-Germain, rue du Progrès 1) où il a séjourné avec Verlaine durant l’été 1872.

 
Victor Hugo (1802-1885)
Grand-Place 27, Bruxelles-ville
Inscription commémorative

Place des Barricades 4, Bruxelles
Inscription commémorative

Arrivé à Bruxelles sous un nom d’emprunt, Victor Hugo fuit le coup d'état de Louis Bonaparte. L’écrivain loue deux modestes chambres avec vue sur l'Hôtel de ville. Le 31 juillet 1852, Victor Hugo désireux de publier l’embarrassant Napoléon-le-Petit quitte volontairement Bruxelles pour les îles anglo-normandes.

La Place des Barricades abritait le domicile de Charles Hugo, fils du poète. Victor Hugo y séjourne régulièrement avec son épouse Adèle, décédée ici même en 1868. Lors de la répression de la Commune de Paris, Hugo propose l’hospitalité aux insurgés. En 1871, une manifestation et un arrêté royal le contraignent à quitter la Belgique pour le Luxembourg.

Dans ses Confessions, Paul Verlaine évoque sa visite à Victor Hugo. Baudelaire était l’hôte régulier des Hugo. C’est ici qu’il prend ses dernières notes littéraires (sur Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo) avant son attaque d’hémiplégie à Namur, quelques jours plus tard.

En 1885, Georges Rodenbach conduit la délégation belge qui assiste aux funérailles de Victor Hugo au Panthéon.

 


Multatuli (1820-1887)

rue de de la Montagne 52, Bruxelles-ville
Inscription commémorative

En 1859, l'écrivain néerlandais Multatuli écrit dans des conditions précaires son chef-d’œuvre anti-colonial Max Havelaar.

 


Michel de Ghelderode (1898-1962)

rue de la Sablonnière 24, Bruxelles -ville
Inscription commémorative

rue de l’Arbre bénit 73, Ixelles
Inscription commémorative

rue Lefrancq 71, Schaerbeek
Inscription commémorative

Michel de Ghelderode

 
Au deuxième étage de la rue de la Sablonnière (photo) , le dramaturge connaît sa période la plus féconde. Entre 1934 et 1937, il imagine La Balade du grand Macabre, Hop, Signor ! et Mademoiselle Jaïre.

Né à Ixelles, rue de l’Arbre Bénit (où son maître Charles De Coster est décédé…), Ghelderode, a terminé son terrestre séjour rue Lefrancq, dans un décor de fastes d’enfer. Pendant des années, il s’est rendu à pas comptés à l’Hôtel de ville de Schaerbeek où il était archiviste et… dramaturge.

Passionné de Bruges, tout comme Georges Rodenbach dont il appréciait la poésie mais pas Bruges-la-Morte !

A lire : Mes statues et Correspondance

 



Lord Byron (1788-1824)

rue Ducale 51, Bruxelles-ville
Inscription commémorative

Lord Byron (1788-1824)

 
Après avoir accueilli Walter Scott, la façade néo-classique abrite une dizaine de jours Lord Byron. Le dandy fuit sa jeune épouse et l’Angleterre excédées par ses frasques. Le très napoléonien Byron profite de son séjour à Bruxelles pour visiter le champ de bataille de Waterloo. Selon la tradition, le poète fréquentait le splendide Vauxhall à l’arrière du Théâtre du Parc tout proche. Chez nous, il poursuit son Childe Harold. C’est le juriste Edmond Picard qui a fait apposer la plaque commémorative. Georges Rodenbach a effectué chez lui son stage d’avocat.

 


Les sœurs Brontë (1816-1855)

rue Baron Horta, Bruxelles-ville
Inscription commémorative

En 1842, Charlotte Brontë, accompagnée de sa sœur Emily, vient étudier le français dans une institution pour demoiselles dirigée par Constantin Héger. La vaine passion de Charlotte pour ce dernier lui inspirera Le Professeur et Villette. Elle y croque sans pitié le Bruxelles provincial de l’époque. Ses lieux favoris au cœur de la cité : le kiosque du Parc de Bruxelles et l’église Saint-Jacques, place Royale.

Le Palais des Beaux-Arts a remplacé la Pension Héger.

 


Edgar-P. Jacobs (1904-1987)                                             

rue Ernest Allard 5, Bruxelles-ville
Inscription commémorative

Maison natale du père de Blake et Mortimer et de la célèbre Marque jaune. Avant de devenir un ténor de la bande dessinée, il tente de faire carrière au Théâtre de la Monnaie.

 



Georges Rodenbach (1854-1898)

rue Berckmans 93, Saint-Gilles

Inscription commémorative

 
Georges Rodenbach (1854-1898)

 
Georges Rodenbach écrit à Saint-Gilles La Jeunesse blanche avant de monter à Paris où il connaît la gloire avec Bruges-la-Morte. Au Père-Lachaise, cet intime de Mallarmé et de Rodin, est  connu sous le nom de « l’homme à la rose ».

 


Fernand Khnopff (1858-1921)
Gottfried Benn (1886-1956)

rue Saint-Bernard 1, Saint-Gilles
Inscription commémorative

Le Maître symboliste a créé à l’angle du premier étage ses plus belles œuvres, de 1888 à 1900. Grande affinité avec l’univers de Mallarmé et Rodenbach. C’est lui qui a fait le frontispice de Bruges-la-Morte.

Pendant la Grande Guerre, le médecin militaire et poète expressionniste allemand Gottfried Benn a résidé au même premier étage. Pierre Mertens en a fait le personnage central des Eblouissements. Ce lieu de mémoire est devenu un restaurant à la mode au décor surprenant.


           

Victor Horta (1861-1947)
Paul Henri Spaak (1899-1972)

rue Saint-Bernard 74-76, Saint-Gilles

Victor Horta, le Maître de l’Art nouveau, y a terminé sa vie. Amer, il avait préalablement détruit des archives et des dessins à l'origine de son œuvre. Maison d’enfance de Paul-Henri Spaak, un des pères de l’Europe, et de son frère Claude, scénariste de La Grande Illusion.

A voir : la maison personnelle de Victor Horta (Musée Horta), rue Américaine 24-26.

 


Franz Hellens (1881-1972)  

rue Saint-Bernard 187, Saint-Gilles
Inscription commémorative

Principal animateur littéraire pendant l’entre-deux-guerres. Il a encouragé le jeune Henri Michaux.

 


Charles Plisnier         (1896-1952)               

place Morichar 18,  Saint-Gilles
Inscription commémorative

De 1923 à 1937, Charles Plisnier installe son cabinet d’avocat au premier étage. C'est ici qu'il écrit Mariages, fresque familiale. Monté à Paris en 1937, il obtient le prix Goncourt pour son recueil de nouvelles Faux Passeports qui connaît un succès mondial. Dans Meurtres, suite romanesque, Plisnier s’est mis en scène sous le  nom de l'avocat Mermier. Son neveu, l’excellent écrivain Charles Bertin, lui a consacré une émouvante étude.

Toujours place Morichar, l’Athénée de Saint-Gilles a accueilli Paul-Henri Spaak et le peintre Paul Delvaux dont la maison d’enfance se trouvait à deux pas, rue d’Ecosse 15.

 


Conrad Detrez           (1937-1985)               

rue Defacqz 120, Ixelles

Rentré du Portugal, après la Révolution des Œillets, Conrad Detrez a connu des années décisives dans cette bâtisse aux lignes inhabituelles. Il y a rédigé ses deux premiers romans, Ludo et Les Plumes du Coq ainsi qu’une bonne partie de L'Herbe à brûler. Detrez admirait les jardins intérieurs de la rue Defacqz.

 


Henri Michaux (1899-1984)

rue Defacqz 69, Saint-Gilles

Michaux a passé toute sa jeunesse dans ce quartier bourgeois de Bruxelles, à côté de la maison personnelle de Paul Hankar, un élève surdoué de Victor Horta. Au jardin, le futur poète passe de longues heures à observer les herbes et les insectes. L’oeuvre angoissée d'Henri Michaux s'est efforcée d'oublier la ville témoin de son enfance souffreteuse et du suicide de sa mère.

A lire : Œuvres (La Pléiade)

 


Odilon-Jean Périer (1901-1928)

rue Defacqz 50, Ixelles

Amoureux du Bruxelles des années folles, Périer a passé la majeure partie de sa courte vie dans cet immeuble dessiné par Paul Hankar. A l’époque de la revue le Disque Vert, il se lie d’amitié avec son voisin Henri Michaux. Il meurt prématurément au 268 avenue Louise (actuelle maison de haute couture Gerald Watelet). En l’honneur du poète, une fontaine s’épanche au bout de l’avenue Louise, face au Bois de la Cambre.

A lire : Poèmes et Le passage des anges (Collection Passé Présent)

 


Albert Ayguesparse  (1900-1996)               

rue Marconi 118, Saint-Gilles
Inscription commémorative

Le poète et romancier de Simon-la-Bonté y a passé presque toute sa vie. Au bout de la rue, l’Hôpital Molière où le poète allemand Gottfried Benn était médecin militaire pour prostituées.

 


Julio Cortázar (1914-1984)

avenue Louis Lepoutre 116, Ixelles
Inscription commémorative

Fils d’un consul d’Argentine, qui déménage lors des premiers bombardements de 1914, Cortázar est né presque par hasard à Bruxelles. Le peintre somnambule Léon Spilliaert (mort au 13 avenue Alphonse Renard) a également hanté ce quartier.

 


Sander Pierron (1872-1945)            

rue de l’Aqueduc 157, Ixelles

Ecrivain flamand. Ami intime de Georges Eekhoud. Seul auteur à avoir possédé une demeure signée Horta.

 


Constantin Meunier (1831-1905)                                                              

rue de l’Abbaye 59, Ixelles

Atelier musée du peintre sculpteur lié à Camille Lemonnier. Au 63, belle demeure du peintre Théo Van Rysselberghe, ami  de Verhaeren et beau-père... d’André Gide.

 


La Plume

Reproduction du chapitre consacré à Bruges dans le recueil:
De Tout de Joris-Karl Huysmans (1848-1907) début de page le sommaire accueil Bruxelles
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(b)