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Georges Rodenbach occupe dans les lettres belges une place prépondérante et carectéristique. Avec M. Maurice Materlinck, il a été celui de nos écrivains qui ait le mieux révélé au grand public français le charme des vieilles cités flamandes, la poésie de leurs traditions, la beauté fleurie de leurs antiques monuments, la mélancolie douce de leurs canaux déserts, leur calme recueilli et la splendeur de leurs trésors artistiques. Né à Tournai en 1855, Georges Rodenbach passa ses premiers mois dans cette ville paisible, toute fleurie d'églises, à l' ombre de leurs clochers sombres qui laissent tomber comme goutte à goutte, la mélodies de leurs vieux carillons. A Gand, où il fit ses études, il découvrit le charme des antiques cités de Flandre; il apprit à aimer leur beauté grave, le mystère de leurs maisons, la régularité presque monacale de la vie de leurs habitants. |
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Georges Rodenbach en 1891 |
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Aprés une année de séjour à Paris, il vint plaider au barreau de Bruxelles et s' y fit remarquer par son éloquence persuasive et passionnée. En même temps, il entrait à la"Jeune Belgique"que dirigeait alors Max Waller; ily publia quelques-uns de ses meilleurs vers et fut parmi les plus enthousiastes de cette pléiade de jeunes écrivains dont quelques-uns sont devenus des maîtres. Georges Rodenbach était alors un jeune homme de vingt-six ans, vêtu avec recherche et d' une élégance très personnelle, mince, svelte, aux grands yeux bleus, aux cheveux d'un blond légerement cendré, dont une mèche lui barrait le front aux heures de rêverie et se redressait, agitée, dans ses moments d' enthousiasme ou d' indignation. |
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