A Mon Père...










Amertume

Quand reste la solitude, pour unique viatique,

que même l' on renonce aux divines béatitudes,

qu' au loin, dans la brume ouatée des habitudes,

se ressentent encore d' irréelles fêtes bibliques.


S' entend comme une mélodie qui nous crie sa haine,

quand au plus profond instant de recueillement,

j' envie toujours l' ombre de mon ombre, qui vaine,

cesserait en un geste qui libère, d' atteindre l' émerveillement.


Temple de nos désirs, autels de nos sacrifices,

quelle pensée nous assaille, alors que déja, se refuse,

la négation de notre univers, atteint de maléfices..


Et pourtant, tel un ange, nous devinons sa luminosité,

transparante vision de l' astre sublime de clarté,

que d' un rêve, nous contemplons sans félonie, ni ruse.




Marc Rodenbach 3 août 1975.



 


Science sans conscience n' est que ruine de l' âme.

Montaigne.






La Mort

Pareille à la vie qui court,

voici que tombe son ombre.

Elle s' approche, je la vois qui plâne

comme le volcan qui se réveille !


Je la sens qui fonce sur moi,

j' en frémis d' horreur, je devine

sa présence pesante. Tout craque !

Je suis l' épave de toute vie.


J' espère ne pas habiter son abîme.

Autour de moi, elle refuse l' exil,

quand arrivera le jour du néant.


La négation de ce que je perçois.

Non, il ne faut pas que ce jour fut.

L' attendre oui, mais sans conviction !



Marc Rodenbach avril 1963.

Après la fête

Après la fête, quand l' indifférence s' installe,

une parcelle de son corps vaporeux,

s' éternise en une fine pluie de pétales

de rayonnements cosmiques et nébuleux.


Destin classique de tout commencement,

quand l' irréel rejoint la réalité froide

de nos rêves sortis du grand néant

et qu' une paix paisible dégrade.


Quel cruel désespoir que cette reine,

déjà morte, alors que règne l' absurde,

et que son corps aussi se traîne.


Ah, qui me dira, lorsque viendra l' automne,

la part de bonheur que j' abandonne,

quand sur nous tombe la mort !



Marc Rodenbach





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