Georges Rodenbach

Promenade Georges Rodenbach à Bruges. 4/4

Extrait de « Sur les pas des écrivains à Bruges », Ed. de l'Octogone, Bruxelles, 1999.












14. Maison paternelle - Biskajersplein 6a

Dans le prolongement de la Jan Van Eyckplein, Biskajersplein 6a, se dresse la maison Den Struys. C'était la demeure du grand-père de Georges Rodenbach, chirurgien, professeur et homme politique. Avec son frère, Alexandre Rodenbach, surnommé L'Aveugle de Roulers (son visage austère apparaît sur les étiquettes de la bière du même nom), il fit partie des constituants qui fondèrent le jeune Royaume de Belgique. Leurs noms sont repris sur la vacillante colonne du Congrès à Bruxelles. Le père de Georges Rodenbach est né ici même. C'est lui qui inoculera à son fils la passion de Bruges. Dans une lettre adressée à Arthur Daxhelet, le poète s'est souvenu de ses racines brugeoises : "Il y a de l'atavisme dans les œuvres et l'hérédité ici aussi explique mon amour pour cette Bruges admirable, que je serais heureux d'avoir assurée d'un peu de gloire auprès des esprits artistes de la France."

15. Grand-Place - Beffroi et carillon

Prenant la direction du Théâtre et de la Vlamingstraat (rue Flamande dans le roman) - c'est en sens inverse que Hugues Viane fila discrètement Jane Scott jusqu'au théâtre pour finalement découvrir qu'elle jouait dans Robert-le-Diable - le promeneur arrive sur la Grand-Place ornée de son beffroi octogonal, "la couronne de la reine des cités" disait-on jadis. Celui-ci a inspiré à Rodenbach Le Carillonneur.

Joris Borluut, architecte de la ville de Bruges, qu'il veut transformer en "Porte de l'Art et but de pèlerinage pour l'élite de l'humanité", est élu carillonneur à la suite d'un brillant concours. Peu après, il épouse la fille de son ami l'antiquaire Van Hulle, mais, déçu, il noue bientôt une relation avec sa belle-sœur, la douce et mystique Godelieve. L'opposition infructueuse du carillonneur à Bruges Port-de-mer (le projet de Zeebrugge aboutit peu avant la parution du roman !) le pousse au suicide.

Qui veut connaître la personnalité profonde de Georges Rodenbach et les rapports esthétiques qu'il entretenait avec Bruges doit absolument lire Le Carillonneur. Après tout, le héros ne se prénomme-t-il pas Joris, ce qui se traduit par... Georges !

Lors de sa première ascension, arrivé au sommet de la tour, le carillonneur qui se veut "au-dessus de la vie" aperçut "par les hautes vitres, l'immense paysage, la ville gisante, tout en bas, au fond, dans un abîme." Le carillon qui se met en marche pour sonner l'heure inspire à Rodenbach une page d'une grande poésie :

Ce fut une trépidation prolongée, le prélude du carillon qui sonne automatiquement avant l'heure, actionné par un cylindre de cuivre que des trous carrés percent, ajourent comme une dentelle. Borluut, curieux du mécanisme, se précipita dans la chambre où aboutissent, à ce cylindre, tous les fils de communication des cloches. Borluut regarda, étudia. Il lui semblait voir l'anatomie de la tour. Tous les muscles, les nerfs sensitifs étaient à nu. Le beffroi prolongeait en haut, en bas, son vaste corps. Mais ici, se groupaient les organes essentiels. son cœur palpitant qui était le cœur même de la Flandre, dont le carillonneur comptait, en ce moment, les pulsations parmi les rouages séculaires.

La musique s'exalta, brouillée d'être trop proche. Ce fut joyeux cependant comme une aube. Le son courut sur toutes les octaves comme la lumière sur tous les prés. Une petite cloche eut des grisollements d'alouette; d'autres ripostèrent par l'éveil de tous les oiseaux, le frisson de toutes les feuilles. Une basse fut le beuglement profond des bœufs...

Ernest Feydeau (1821-1873), auteur de Fanny et ami intime de Flaubert, a également gravi les escaliers en colimaçon du beffroi afin d'avoir la révélation d'une autre Bruges :

Quand on est resté quelque temps accoudé au sommet de la tour, une foule de jolis détails que, tout d'abord, on n'avait pas aperçus, vous sautent aux yeux et vous amusent. Ici, c'est une rue large et grise avec ses deux trottoirs de pierrailles sur les côtés, qui file en tournant vers la plaine. Là, ce sont des touffes d'arbres qui frôlent des cheminées sculptées d'où s'échappent lentement de claires fumées bleuâtres. Plus loin, une rivière canalisée, peuplée de joncs et tachetée par des amas de nénuphars, reproduit exactement dans ses eaux, plaquées de lumières, les tourelles carrées à clochetons aigus plantées sur ses bords. Plus loin encore, c'est un pont de pierre, en dos d'âne, qui passe d'une rive à l'autre. Les rues et les canaux s'entrecroisent, plus ténus que les fils dans la rosace d'une toile d'araignée. Le soleil doux et jaune répand sur le tout des lueurs molles et changeantes...

En 1887, dans le Voyage du Horla, Guy de Maupassant survole la ville en ballon avant de se perdre dans les polders...

Dans Bruges la vive, Dominique Rolin (1913) a goûté la saveur particulière du vent qui balaie la plaine infinie des Flandres :

La ville n'agit jamais à la légère dans sa calme entreprise d'envoûtement. Après l'âpreté du sel, après les embruns venus me poudrer la figure, le cou et les bras, elle dépêchait en surplus sa luminosité, une luminosité si particulière qu'il me fallait aussitôt en redécouvrir les composantes. Car, au lieu d'être minéralisée dans sa propre source d'énergie comme il aurait été normal de l'imaginer, elle agissait avec une fluidité mobile ininterrompue, poussée dans un sens puis dans l'autre par le vouloir capricieux du vent. Autant le savoir tout de suite : en pays flamand, les pulsions du vent désobéissent à la logique. Il se veut arbitraire. Il se sait libre. Il règne sur du plat. Il n'oublie jamais sa sauvagerie originelle. A chaque instant il s'amuse à souffler depuis les quatre points cardinaux à la fois.

16. Cathédrale Saint-Sauveur

Au milieu de la Steenstraat, la cathédrale Saint-Sauveur profile sa flèche massive. C'est ici même que Rodenbach situe la noce mystique du carillonneur et de la tendre Godelieve.

Plus précisément dans la chapelle du Saint-Sacrement qui prolonge le chœur de la cathédrale. Un amour consacré sous de bien mauvais auspices. En effet, "parmi les gestes et l'émoi de cet échange d'anneaux, elle n'avait pas pris garde à ses gants qu'elle venait de retirer. Au moment de partir, elle les chercha. Ils étaient tombés à terre. Joris se baissa, les ramassa; alors il remarqua que leurs chaises reposaient sur une de ces dalles funéraires dont la vieille cathédrale de Saint-Sauveur, en maints endroits, est pavée; il y avait là, dans cette chapelle, toute une série de tombes plates en laiton et en pierre, quelques-unes avec des effigies noircies, celle du seigneur, celle de la dame, représentés dans les plis immobiles du linceul, avec des grappes de raisin et des attributs évangéliques, tout autour."

Le tumulte de la Steenstraat, picorée d'enseignes commerciales, contraste étrangement avec la sérénité qui règne dans la cathédrale de Bruges.

Dans Maria, Fille de Flandre, Maxence Van der Meersch (1907-1951) s'interrogeait, en 1937 !,sur la transformation d'une cité médiévale en ville moderne :

- Où est-elle, Bruges-la-Morte ? demanda Van Oost à Germain.

Et de fait, active, pleine de monde, bruyante, avec ses magasins luxueux aux vastes vitrines, ses façades blanches aux stores rayés jaunes et rouges, ses promeneurs, ses touristes badauds, descendus d'Ostende et de Blankenberge, du Zoute et de tout le littoral, son fleuve d'autos et d'autocars, toute une rumeur bruissante et joyeuse, la ville pèlerinage ne méritait plus son nom. Sur la Grand-Place, la même cohue régnait. Des touristes prenaient des photos du beffroi. Cent autos attendaient, alignées autour des statues de Breydel et de De Coninck. Les cafés qui occupent tout le côté nord de la place, et dont les terrasses envahissent le trottoir jusqu'au milieu de la chaussée, débordaient d'une foule cosmopolite, où les toilettes claires des femmes mettaient des taches multicolores et joyeuses, sous les vastes parapluies de plage en coutil rouge. Le tourisme et l'auto ont infusé à la cité une jeunesse nouvelle.

17. Hôtel du Grand Sablon - Noordzandstraat 21

La promenade se termine par la Noordzandstraat (rue Nord-Sablon). Au 21 se dresse l'Hôtel du Grand Sablon dont le splendide intérieur fin-de-siècle impose une visite. Georges Rodenbach - tout comme Stefan Zweig, le Sâr Péladan et Maurice Barrès - y a donné plusieurs conférences pour le compte du modeste cercle littéraire L'Excelsior. Le poète de Bruges-la-Morte convaincra Stéphane Mallarmé (1842-1898) en personne de venir y parler de Villiers de l'Isle-Adam le 17 février 1890, veille du Mardi Gras. "J'accepte Bruges à n'importe quel prix, si désireux de l'entrevoir", confie-t-il à l'organisateur de la tournée en Belgique.

Si l'auteur des Divagations s'est plu à Bruges, on doute que le public provincial ait apprécié sa prestation en demi-teinte. La causerie, couverte un moment par une trompette de carnaval qui passait dans la rue, aurait même déclenché l'hilarité de la salle. Ce qu'il relate sans état d'âme dans une lettre à sa femme : "Conférence bonne, un peu insignifiante, et je tremblais à cause d'une extinction de voix luttant avec les cornets du Carnaval..."

Un pastiche, amusant à décrypter, du style précieux de Mallarmé parut peu après dans Le Journal de Bruges :

Impression qui dira qu'un homme qui jusques ici vécut dans le Rêve - de le quitter combien tort eut ! - dégoisant de Casteleyniformes élucubrations sur un autre homme, qui a également vécu dans le Rêve, produisit sur un public, contre l'Ennui et le Sommeil mal armé ? Et que même plaindre se pourront auditeurs guetapendisés d'avoir été, car prévenus ici même et foultitude cependant. Mais de giratoires et zwanzatrices intentions animés, parce que veille d'un bacchanalique lendemain. Épastrouillés, cependant, était honneste dame - asymptotique aux en-gardemetteurs advis de la grande porteparole, qui avait clamé, au cîmesque accueil du Cœur et du Cerveau - s'intitulant l'auditif daltonisme influencée. Somnolant d'aucuns, rigolaient d'autres, - quand - deusexmachinique diversion - tintinabulèrent les cornet-à-bouquiniques résonances d'un carnavalesque déambulant, fumiste aussi, compère peut-être, et en homérique hilarité s'esclaffa l'auditoire, tandis que planait le Maître dans les éthériques élevées du Rêve.

Secum saxa finit.

(ndr : signature du rédacteur)


L'article parle d'auditeurs « guetapendisés » venus en « foultitude » bien que « prévenus ici même ».

En effet, le Journal de Bruges avait conseillé à ceux qui « n'aiment pas la plaisanterie, même la mauvaise, de rester chez eux » (sic).

Émile Verhaeren, relatant la conférence bruxelloise de Mallarmé, y est allé d'un portrait-charge désopilant :

L'entretien de Stéphane Mallarmé est, certes, le plus indiscutablement haut et grand que le Cercle ait entendu. Et voilà pourquoi des cuistres d'une bêtise régulière et tassée dans les plis de leur front ont tâché de l'écraser sous leurs craquements de bottes en s'en allant après une demi-heure, et pourquoi d'autres tellement lourds, après leur dîner, qu'ils semblent digérer du cerveau et non de l'estomac, ont éructé à l'aise des réflexions si grossières que l'on pouvait croire que c'était le porc aux choux avalé vers les sept heures qui appréciait.

À Verlaine (1844-1896) qui voulait savoir comment les Belges recevaient les conférenciers étrangers, Mallarmé, un rien emphatique, évoqua des "cités d'accueil exquis et triomphal depuis le premier pas jusqu'aux adieux".

En 1892, pour le dixième anniversaire de l'Excelsior, chaque conférencier coucha un texte dans le livre jubilaire. Pour l'heure, Stéphane Mallarmé écrivit un sonnet intitulé Remémoration d'Amis belges dont voici quelques vers :

O très chers rencontrés en le jamais banal

Bruges multipliant l'aube au défunt canal

Avec la promenade éparse de maint cygne.

Quand solennellement cette cité m'apprit

Lesquels entre ses fils un autre vol désigne

A prompte irradier ainsi qu'aile l'esprit.

Pierre Boulez (1925) a écrit une série de pièces musicales inspirées de ce poème. Elle a pris le titre générique de Pli selon pli. Le célèbre compositeur a confié récemment :

Je lisais à ce moment-là le sonnet de Mallarmé inspiré par son voyage à Bruges... C'était en hiver et il avait vu le brouillard se lever petit à petit, émerveillé par le spectacle de cette ville extraordinaire qui se révélait à lui pli selon pli. C'est exactement la façon dont j'ai créé cette œuvre.

Le poète parisien de L'Après-midi d'un faune tenait en haute estime son confrère belge, comme en témoignent ces quelques lignes :

M. Rodenbach est un des plus absolus et des plus précieux artistes que je sache. Son art est un art à la fois subtil et précis. Je le compare aux dentelles et aux orfèvreries des Flandres, où la délicatesse du point, l'extrême complication des motifs apparaissent nettement grâce au fini du travail, sont, de par l'habileté de l'artisan, de dessin délié et irréprochable.

C'est pour le fameux Livre d'or que Maurice Barrès, le "jeune député boulangiste de Nancy" (c'est ainsi que le présente Le Journal de Bruges) a écrit Les deux Femmes du Bourgeois de Bruges. Le Sâr Péladan (1859-1918), fondateur de l'Ordre de la Rose + Croix et des fameux salons esthétiques du même nom, dont Fernand Khnopff fut un moment la coqueluche, a donné ses impressions sur la ville : "Bruges est mal nommée la morte : la vraie étant celle de l'âme. Elle est mal dite la paisible car la vraie béguine est une passionnée, une fiancée de Monseigneur Jésus..." (sic)

Quelques années plus tard, Paul Verlaine descendit également à l'Hôtel du Grand Sablon, en simple touriste. Se souvenant de sa visite à Bruges, l'auteur des Sagesses murmurera sur un lit d'hôpital, aux derniers jours de sa vie cahotique : "A Leyde mon temps s'est passé à écouter les carillons. J'ai la nostalgie de Bruges et de ses cloches aux sons voilés. C'est si joli les carillons et les cloches"

Le jour de son arrivée, on lui flanque Arthur Daxhelet et l'abbé Hoornaert pour l'initier à la ville. "Cet ecclésiastique m'embête" aurait alors soupiré le Pauvre Lélian.

Le lendemain, Arthur Daxhelet est son seul guide. Après la visite du Béguinage et des églises de Bruges, les deux compères entreprennent l'ascension du beffroi. Selon le poète Francis Jammes (1868-1938), qui visita Bruges huit ans plus tard, Verlaine se serait expressément arrêté au premier étage du beffroi, refusant de faire un pas de plus, que ce soit pour redescendre ou poursuivre l'ascension. Le tout dans un flot de vociférations dont il avait le secret. Ce n'est que sur la promesse d'un apéro (dans le Nord, Verlaine se soûlait de bitter, schiedam ou genièvre...) qu'il consentit à revenir sur le pavé solide de la Grand-Place. Il aurait également joué ce (bon) tour au poète Max Elskamp, à Anvers.

De ces deux journées passées à Bruges, Verlaine a rapporté un plastron de dentelles qui faisait l'objet d'un pari avec sa maîtresse. Du poète, on retiendra cette réflexion éméchée sur la ville flamande : "En attendant, quel beau petit Amsterdam catholique, ce Bruges".

Après avoir admiré la verrière (1908) qui orne l'intérieur du Grand Sablon, l'amateur de souvenirs liés au symbolisme se rendra sur la Grand-Place (n° 33), à la terrasse de la Civière d'Or, face au beffroi : Le cercle littéraire L'Excelsior y avait son siège officiel. Par une curieuse ironie, la taverne a abrité dès 1900 les réunions de l'association Bruges en avant. Celle-ci désirait en finir avec le "mythe" de "Bruges, ville morte" en organisant un accueil touristique enfin digne de ce nom. Dans la brochure bilingue, le curieux pouvait lire : « Lorsque le poète Rodenbach écrivait "Bruges-la-Morte", nous n'étions pas très heureux. Il est vrai que cet ouvrage a très largement contribué au succès de notre ville à l'étranger. Bruges-la-Morte était cependant une définition injuste de notre ville. La qualification "Morte" ne nous plaisait pas du tout. »

André Gide (1869-1951), qui a connu Georges Rodenbach à Paris, a logé en mai 1911 à l'Hôtel de Flandre, situé près de l'ancienne. À l'époque, il s'occupait de la toute jeune Nouvelle Revue Française (devenue depuis la prestigieuse nrf). Dans son journal et sa correspondance, il fustige les nombreuses coquilles qui émaillent les premières productions de la nrf. Le responsable : l'Imprimeur Verbeke de la Sint-Katelijnestraat (rue Sainte-Catherine), près de Notre-Dame. Pour se consoler de ses déboires typographiques, l'auteur des Paludes traduisit du Rilke dans sa chambre d'hôtel...

18. Le Zand

La vaste esplanade du Zand constitue le point d'orgue de cette promenade. C'est ici que se dressait jusque dans les années quarante la gare néo-gothique de Bruges. Les nombreux hôtels et brasseries qui enserrent l'esplanade témoignent encore du nombre impressionnant de visiteurs qui débarquaient en ce lieu. En un temps où la voiture n'avait pas encore écrasé le silence de Bruges, les artistes, dont quelques noms ont jalonné cet itinéraire, quittaient par le Zand "le vaste enclos mystique" de Georges Rodenbach.

Tout récemment, dans L'amour même, la Française Sylvie Doizelet a imaginé une suite à Bruges-la-Morte. Hugues Viane se remarie avec une certaine Bella qui lui rappelle en tous points Jane Scott, l'aguichante actrice du récit de Rodenbach.

Selon Jacques De Decker, cet ultime (?) avatar d'un mythe littéraire fournirait la "réponse féminine à l'intranquillité de Rodenbach, qui ne se déprend jamais du souvenir et en tire une incapacité foncière de vivre".


4/4

Joêl Goffin



Extrait de « Sur les pas des écrivains à Bruges », Ed. de l'Octogone, Bruxelles, 1999.




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