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14. Maison
paternelle - Biskajersplein 6a
Dans le prolongement de la Jan Van Eyckplein,
Biskajersplein 6a, se dresse la maison Den Struys.
C'était la demeure du grand-père de Georges
Rodenbach, chirurgien, professeur et homme politique. Avec
son frère, Alexandre Rodenbach, surnommé
L'Aveugle de Roulers (son visage austère
apparaît sur les étiquettes de la bière
du même nom), il fit partie des constituants qui
fondèrent le jeune Royaume de Belgique. Leurs noms
sont repris sur la vacillante colonne du Congrès
à Bruxelles. Le père de Georges Rodenbach est
né ici même. C'est lui qui inoculera à
son fils la passion de Bruges. Dans une lettre
adressée à Arthur Daxhelet, le poète
s'est souvenu de ses racines brugeoises : "Il y a de
l'atavisme dans les uvres et
l'hérédité ici aussi explique mon amour
pour cette Bruges admirable, que je serais heureux d'avoir
assurée d'un peu de gloire auprès des esprits
artistes de la France."
15. Grand-Place -
Beffroi et carillon
Prenant la direction du Théâtre et de la
Vlamingstraat (rue Flamande dans le roman) - c'est en sens
inverse que Hugues Viane fila discrètement Jane Scott
jusqu'au théâtre pour finalement
découvrir qu'elle jouait dans Robert-le-Diable - le
promeneur arrive sur la Grand-Place ornée de son
beffroi octogonal, "la couronne de la reine des
cités" disait-on jadis. Celui-ci a inspiré
à Rodenbach Le Carillonneur.
Joris Borluut, architecte de la ville de Bruges, qu'il
veut transformer en "Porte de l'Art et but de
pèlerinage pour l'élite de l'humanité",
est élu carillonneur à la suite d'un brillant
concours. Peu après, il épouse la fille de son
ami l'antiquaire Van Hulle, mais, déçu, il
noue bientôt une relation avec sa belle-sur, la
douce et mystique Godelieve. L'opposition infructueuse du
carillonneur à Bruges Port-de-mer (le projet de
Zeebrugge aboutit peu avant la parution du roman !) le
pousse au suicide.
Qui veut connaître la personnalité profonde
de Georges Rodenbach et les rapports esthétiques
qu'il entretenait avec Bruges doit absolument lire Le
Carillonneur. Après tout, le héros ne se
prénomme-t-il pas Joris, ce qui se traduit par...
Georges !
Lors de sa première ascension, arrivé au
sommet de la tour, le carillonneur qui se veut "au-dessus de
la vie" aperçut "par les hautes vitres, l'immense
paysage, la ville gisante, tout en bas, au fond, dans un
abîme." Le carillon qui se met en marche pour sonner
l'heure inspire à Rodenbach une page d'une grande
poésie :
Ce fut une trépidation prolongée, le
prélude du carillon qui sonne automatiquement avant
l'heure, actionné par un cylindre de cuivre que des
trous carrés percent, ajourent comme une dentelle.
Borluut, curieux du mécanisme, se précipita
dans la chambre où aboutissent, à ce cylindre,
tous les fils de communication des cloches. Borluut regarda,
étudia. Il lui semblait voir l'anatomie de la tour.
Tous les muscles, les nerfs sensitifs étaient
à nu. Le beffroi prolongeait en haut, en bas, son
vaste corps. Mais ici, se groupaient les organes essentiels.
son cur palpitant qui était le cur
même de la Flandre, dont le carillonneur comptait, en
ce moment, les pulsations parmi les rouages
séculaires.
La musique s'exalta, brouillée d'être trop
proche. Ce fut joyeux cependant comme une aube. Le son
courut sur toutes les octaves comme la lumière sur
tous les prés. Une petite cloche eut des
grisollements d'alouette; d'autres ripostèrent par
l'éveil de tous les oiseaux, le frisson de toutes les
feuilles. Une basse fut le beuglement profond des
bufs...
Ernest Feydeau (1821-1873), auteur de Fanny et ami intime
de Flaubert, a également gravi les escaliers en
colimaçon du beffroi afin d'avoir la
révélation d'une autre Bruges :
Quand on est resté quelque temps accoudé au
sommet de la tour, une foule de jolis détails que,
tout d'abord, on n'avait pas aperçus, vous sautent
aux yeux et vous amusent. Ici, c'est une rue large et grise
avec ses deux trottoirs de pierrailles sur les
côtés, qui file en tournant vers la plaine.
Là, ce sont des touffes d'arbres qui frôlent
des cheminées sculptées d'où
s'échappent lentement de claires fumées
bleuâtres. Plus loin, une rivière
canalisée, peuplée de joncs et tachetée
par des amas de nénuphars, reproduit exactement dans
ses eaux, plaquées de lumières, les tourelles
carrées à clochetons aigus plantées sur
ses bords. Plus loin encore, c'est un pont de pierre, en dos
d'âne, qui passe d'une rive à l'autre. Les rues
et les canaux s'entrecroisent, plus ténus que les
fils dans la rosace d'une toile d'araignée. Le soleil
doux et jaune répand sur le tout des lueurs molles et
changeantes...
En 1887, dans le Voyage du Horla, Guy de Maupassant
survole la ville en ballon avant de se perdre dans les
polders...
Dans Bruges la vive, Dominique Rolin (1913) a
goûté la saveur particulière du vent qui
balaie la plaine infinie des Flandres :
La ville n'agit jamais à la légère
dans sa calme entreprise d'envoûtement. Après
l'âpreté du sel, après les embruns venus
me poudrer la figure, le cou et les bras, elle
dépêchait en surplus sa luminosité, une
luminosité si particulière qu'il me fallait
aussitôt en redécouvrir les composantes. Car,
au lieu d'être minéralisée dans sa
propre source d'énergie comme il aurait
été normal de l'imaginer, elle agissait avec
une fluidité mobile ininterrompue, poussée
dans un sens puis dans l'autre par le vouloir capricieux du
vent. Autant le savoir tout de suite : en pays flamand, les
pulsions du vent désobéissent à la
logique. Il se veut arbitraire. Il se sait libre. Il
règne sur du plat. Il n'oublie jamais sa sauvagerie
originelle. A chaque instant il s'amuse à souffler
depuis les quatre points cardinaux à la fois.
16.
Cathédrale Saint-Sauveur
Au milieu de la Steenstraat, la cathédrale
Saint-Sauveur profile sa flèche massive. C'est ici
même que Rodenbach situe la noce mystique du
carillonneur et de la tendre Godelieve.
Plus précisément dans la chapelle du
Saint-Sacrement qui prolonge le chur de la
cathédrale. Un amour consacré sous de bien
mauvais auspices. En effet, "parmi les gestes et
l'émoi de cet échange d'anneaux, elle n'avait
pas pris garde à ses gants qu'elle venait de retirer.
Au moment de partir, elle les chercha. Ils étaient
tombés à terre. Joris se baissa, les ramassa;
alors il remarqua que leurs chaises reposaient sur une de
ces dalles funéraires dont la vieille
cathédrale de Saint-Sauveur, en maints endroits, est
pavée; il y avait là, dans cette chapelle,
toute une série de tombes plates en laiton et en
pierre, quelques-unes avec des effigies noircies, celle du
seigneur, celle de la dame, représentés dans
les plis immobiles du linceul, avec des grappes de raisin et
des attributs évangéliques, tout autour."
Le tumulte de la Steenstraat, picorée d'enseignes
commerciales, contraste étrangement avec la
sérénité qui règne dans la
cathédrale de Bruges.
Dans Maria, Fille de Flandre, Maxence Van der Meersch
(1907-1951) s'interrogeait, en 1937 !,sur la transformation
d'une cité médiévale en ville moderne
:
- Où est-elle, Bruges-la-Morte ? demanda Van Oost
à Germain.
Et de fait, active, pleine de monde, bruyante, avec ses
magasins luxueux aux vastes vitrines, ses façades
blanches aux stores rayés jaunes et rouges, ses
promeneurs, ses touristes badauds, descendus d'Ostende et de
Blankenberge, du Zoute et de tout le littoral, son fleuve
d'autos et d'autocars, toute une rumeur bruissante et
joyeuse, la ville pèlerinage ne méritait plus
son nom. Sur la Grand-Place, la même cohue
régnait. Des touristes prenaient des photos du
beffroi. Cent autos attendaient, alignées autour des
statues de Breydel et de De Coninck. Les cafés qui
occupent tout le côté nord de la place, et dont
les terrasses envahissent le trottoir jusqu'au milieu de la
chaussée, débordaient d'une foule cosmopolite,
où les toilettes claires des femmes mettaient des
taches multicolores et joyeuses, sous les vastes parapluies
de plage en coutil rouge. Le tourisme et l'auto ont
infusé à la cité une jeunesse
nouvelle.
17. Hôtel du
Grand Sablon - Noordzandstraat 21
La promenade se termine par la Noordzandstraat (rue
Nord-Sablon). Au 21 se dresse l'Hôtel du Grand Sablon
dont le splendide intérieur fin-de-siècle
impose une visite. Georges Rodenbach - tout comme Stefan
Zweig, le Sâr Péladan et Maurice Barrès
- y a donné plusieurs conférences pour le
compte du modeste cercle littéraire L'Excelsior. Le
poète de Bruges-la-Morte convaincra Stéphane
Mallarmé (1842-1898) en personne de venir y parler de
Villiers de l'Isle-Adam le 17 février 1890, veille du
Mardi Gras. "J'accepte Bruges à n'importe quel prix,
si désireux de l'entrevoir", confie-t-il à
l'organisateur de la tournée en Belgique.
Si l'auteur des Divagations s'est plu à Bruges, on
doute que le public provincial ait apprécié sa
prestation en demi-teinte. La causerie, couverte un moment
par une trompette de carnaval qui passait dans la rue,
aurait même déclenché l'hilarité
de la salle. Ce qu'il relate sans état d'âme
dans une lettre à sa femme : "Conférence
bonne, un peu insignifiante, et je tremblais à cause
d'une extinction de voix luttant avec les cornets du
Carnaval..."
Un pastiche, amusant à décrypter, du style
précieux de Mallarmé parut peu après
dans Le Journal de Bruges :
Impression qui dira qu'un homme qui jusques ici
vécut dans le Rêve - de le quitter combien tort
eut ! - dégoisant de Casteleyniformes
élucubrations sur un autre homme, qui a
également vécu dans le Rêve, produisit
sur un public, contre l'Ennui et le Sommeil mal armé
? Et que même plaindre se pourront auditeurs
guetapendisés d'avoir été, car
prévenus ici même et foultitude cependant. Mais
de giratoires et zwanzatrices intentions animés,
parce que veille d'un bacchanalique lendemain.
Épastrouillés, cependant, était
honneste dame - asymptotique aux en-gardemetteurs advis de
la grande porteparole, qui avait clamé, au
cîmesque accueil du Cur et du Cerveau -
s'intitulant l'auditif daltonisme influencée.
Somnolant d'aucuns, rigolaient d'autres, - quand -
deusexmachinique diversion - tintinabulèrent les
cornet-à-bouquiniques résonances d'un
carnavalesque déambulant, fumiste aussi,
compère peut-être, et en homérique
hilarité s'esclaffa l'auditoire, tandis que planait
le Maître dans les éthériques
élevées du Rêve.
Secum saxa finit.
- (ndr : signature du rédacteur)
L'article parle d'auditeurs « guetapendisés
» venus en « foultitude » bien que «
prévenus ici même ».
En effet, le Journal de Bruges avait conseillé
à ceux qui « n'aiment pas la plaisanterie,
même la mauvaise, de rester chez eux »
(sic).
Émile Verhaeren, relatant la conférence
bruxelloise de Mallarmé, y est allé d'un
portrait-charge désopilant :
L'entretien de Stéphane Mallarmé est,
certes, le plus indiscutablement haut et grand que le Cercle
ait entendu. Et voilà pourquoi des cuistres d'une
bêtise régulière et tassée dans
les plis de leur front ont tâché de
l'écraser sous leurs craquements de bottes en s'en
allant après une demi-heure, et pourquoi d'autres
tellement lourds, après leur dîner, qu'ils
semblent digérer du cerveau et non de l'estomac, ont
éructé à l'aise des réflexions
si grossières que l'on pouvait croire que
c'était le porc aux choux avalé vers les sept
heures qui appréciait.
À Verlaine (1844-1896) qui voulait savoir comment
les Belges recevaient les conférenciers
étrangers, Mallarmé, un rien emphatique,
évoqua des "cités d'accueil exquis et
triomphal depuis le premier pas jusqu'aux adieux".
En 1892, pour le dixième anniversaire de
l'Excelsior, chaque conférencier coucha un texte dans
le livre jubilaire. Pour l'heure, Stéphane
Mallarmé écrivit un sonnet intitulé
Remémoration d'Amis belges dont voici quelques vers
:
O très chers rencontrés en le jamais banal
Bruges multipliant l'aube au défunt canal
Avec la promenade éparse de maint cygne.
Quand solennellement cette cité m'apprit
Lesquels entre ses fils un autre vol désigne
A prompte irradier ainsi qu'aile l'esprit.
Pierre Boulez (1925) a écrit une série de
pièces musicales inspirées de ce poème.
Elle a pris le titre générique de Pli selon
pli. Le célèbre compositeur a confié
récemment :
Je lisais à ce moment-là le sonnet de
Mallarmé inspiré par son voyage à
Bruges... C'était en hiver et il avait vu le
brouillard se lever petit à petit,
émerveillé par le spectacle de cette ville
extraordinaire qui se révélait à lui
pli selon pli. C'est exactement la façon dont j'ai
créé cette uvre.
Le poète parisien de L'Après-midi d'un
faune tenait en haute estime son confrère belge,
comme en témoignent ces quelques lignes :
M. Rodenbach est un des plus absolus et des plus
précieux artistes que je sache. Son art est un art
à la fois subtil et précis. Je le compare aux
dentelles et aux orfèvreries des Flandres, où
la délicatesse du point, l'extrême complication
des motifs apparaissent nettement grâce au fini du
travail, sont, de par l'habileté de l'artisan, de
dessin délié et irréprochable.
C'est pour le fameux Livre d'or que Maurice
Barrès, le "jeune député boulangiste de
Nancy" (c'est ainsi que le présente Le Journal de
Bruges) a écrit Les deux Femmes du Bourgeois de
Bruges. Le Sâr Péladan (1859-1918), fondateur
de l'Ordre de la Rose + Croix et des fameux salons
esthétiques du même nom, dont Fernand Khnopff
fut un moment la coqueluche, a donné ses impressions
sur la ville : "Bruges est mal nommée la morte : la
vraie étant celle de l'âme. Elle est mal dite
la paisible car la vraie béguine est une
passionnée, une fiancée de Monseigneur
Jésus..." (sic)
Quelques années plus tard, Paul Verlaine descendit
également à l'Hôtel du Grand Sablon, en
simple touriste. Se souvenant de sa visite à Bruges,
l'auteur des Sagesses murmurera sur un lit d'hôpital,
aux derniers jours de sa vie cahotique : "A Leyde mon temps
s'est passé à écouter les carillons.
J'ai la nostalgie de Bruges et de ses cloches aux sons
voilés. C'est si joli les carillons et les
cloches"
Le jour de son arrivée, on lui flanque Arthur
Daxhelet et l'abbé Hoornaert pour l'initier à
la ville. "Cet ecclésiastique m'embête" aurait
alors soupiré le Pauvre Lélian.
Le lendemain, Arthur Daxhelet est son seul guide.
Après la visite du Béguinage et des
églises de Bruges, les deux compères
entreprennent l'ascension du beffroi. Selon le poète
Francis Jammes (1868-1938), qui visita Bruges huit ans plus
tard, Verlaine se serait expressément
arrêté au premier étage du beffroi,
refusant de faire un pas de plus, que ce soit pour
redescendre ou poursuivre l'ascension. Le tout dans un flot
de vociférations dont il avait le secret. Ce n'est
que sur la promesse d'un apéro (dans le Nord,
Verlaine se soûlait de bitter, schiedam ou
genièvre...) qu'il consentit à revenir sur le
pavé solide de la Grand-Place. Il aurait
également joué ce (bon) tour au poète
Max Elskamp, à Anvers.
De ces deux journées passées à
Bruges, Verlaine a rapporté un plastron de dentelles
qui faisait l'objet d'un pari avec sa maîtresse. Du
poète, on retiendra cette réflexion
éméchée sur la ville flamande : "En
attendant, quel beau petit Amsterdam catholique, ce Bruges".
Après avoir admiré la verrière
(1908) qui orne l'intérieur du Grand Sablon,
l'amateur de souvenirs liés au symbolisme se rendra
sur la Grand-Place (n° 33), à la terrasse de la
Civière d'Or, face au beffroi : Le cercle
littéraire L'Excelsior y avait son siège
officiel. Par une curieuse ironie, la taverne a
abrité dès 1900 les réunions de
l'association Bruges en avant. Celle-ci désirait en
finir avec le "mythe" de "Bruges, ville morte" en organisant
un accueil touristique enfin digne de ce nom. Dans la
brochure bilingue, le curieux pouvait lire :
« Lorsque le poète Rodenbach
écrivait "Bruges-la-Morte", nous n'étions pas
très heureux. Il est vrai que cet ouvrage a
très largement contribué au succès de
notre ville à l'étranger. Bruges-la-Morte
était cependant une définition injuste de
notre ville. La qualification "Morte" ne nous plaisait pas
du tout. »
André Gide (1869-1951), qui a connu Georges
Rodenbach à Paris, a logé en mai 1911 à
l'Hôtel de Flandre, situé près de
l'ancienne. À l'époque, il s'occupait de la
toute jeune Nouvelle Revue Française (devenue depuis
la prestigieuse nrf). Dans son journal et sa correspondance,
il fustige les nombreuses coquilles qui émaillent les
premières productions de la nrf. Le responsable :
l'Imprimeur Verbeke de la Sint-Katelijnestraat (rue
Sainte-Catherine), près de Notre-Dame. Pour se
consoler de ses déboires typographiques, l'auteur des
Paludes traduisit du Rilke dans sa chambre
d'hôtel...
18. Le
Zand
La vaste esplanade du Zand constitue le point d'orgue de
cette promenade. C'est ici que se dressait jusque dans les
années quarante la gare néo-gothique de
Bruges. Les nombreux hôtels et brasseries qui
enserrent l'esplanade témoignent encore du nombre
impressionnant de visiteurs qui débarquaient en ce
lieu. En un temps où la voiture n'avait pas encore
écrasé le silence de Bruges, les artistes,
dont quelques noms ont jalonné cet itinéraire,
quittaient par le Zand "le vaste enclos mystique" de Georges
Rodenbach.
Tout récemment, dans L'amour même, la
Française Sylvie Doizelet a imaginé une suite
à Bruges-la-Morte. Hugues Viane se remarie avec une
certaine Bella qui lui rappelle en tous points Jane Scott,
l'aguichante actrice du récit de Rodenbach.
Selon Jacques De Decker, cet ultime (?) avatar d'un mythe
littéraire fournirait la "réponse
féminine à l'intranquillité de
Rodenbach, qui ne se déprend jamais du souvenir et en
tire une incapacité foncière de vivre".
4/4
Joêl Goffin
Extrait de « Sur les pas des
écrivains à Bruges », Ed. de l'Octogone,
Bruxelles, 1999.
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