A une époque où l'idée était peu répandue, Georges Rodenbach a mis tout son talent d'écrivain pour prôner la mise en valeur du patrimoine brugeois... Mais laissons le dernier mot au poète de la vie silencieuse disparu voici cent ans :"Il y a de l'atavisme dans les oeuvres et l'hérédité ici aussi explique mon amour pour cette Bruges admirable, que je serais heureux d'avoir assurée d'un peu de gloire auprès des esprits artistes de la France."


Joël Goffin.

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Georges Rodenbach par Nadar

Georges Rodenbach par Nadar

 


Agonie de villes.

 

Les villes sont un peu comme les femmes : elles ont leur temps de jeunesse et d'épanouissement; puis vient le déclin, et les lézardes chaque jour accrues au long des murs augmentent péniblement les rides de leur vieillesse. Combien qui furent naguère les cités riches et belles, ont une fin de vie abandonnée; pauvres aïeules qui se raidissent avec des airs déchus, conservant tout au plus quelques monuments : blasons de pierre, armoiries familiales qui seuls attestent leur ancienne et authentique noblesse. La plupart ont tourné au mysticisme, villes devenues religieuses, qui égrènent, dans le soir, le chapelet de fer des carillons !



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