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Monté à Paris, Georges Rodenbach (et
Bruges, serait-on tenté de dire) devient
célèbre du jour au lendemain grâce
à Bruges-la-Morte (1892), chef-d'oeuvre du
symbolisme. Stéphane Mallarmé, Alphonse
Daudet, Auguste Rodin et le jeune Marcel Proust comptent
parmi les inconditionnels du poète de Bruges. Malade
depuis de longues années, celui-ci trouvera encore la
force d'écrire Le Carillonneur que le succès
de Bruges-la-Morte continue injustement d'occulter.
![]() Paris, cimetière du Père-Lachaise: Monument de Georges Rodenbach
Quelques mois après la mort de Rodenbach, à
l'initiative d'EmileVerhaeren, un comité est mis sur
pied pour lui rendre hommage. Rodin lui-même se
propose de sculpter un monument à l'entrée du
Béguinage de Bruges. En 1900, aucune décision
n'est encore tombée... Les amis de Rodenbach
commencent à s'inquiéter. Ils supposent que le
titre Bruges-la-Morte ou l'article contre Zeebrugge paru
dans le Figaro expliquent l'indifférence polie des
pouvoirs publics. En réalité, les milieux
catholiques brugeois mènent une campagne sournoise et
farouche. Les opposants vont jusqu'à distribuer une
pétition ! Celle-ci prétend que Georges
Rodenbach, s'il est bien né de parents flamands (ndlr
: sa mère était picarde et la famille
paternelle d'origine allemande) et qu'il a vécu
à Gand, n'est en rien flamand par la langue et les
moeurs. Le fransquillon Georges Rodenbach,
poète"décadent", décrirait la ville et
ses habitants"sous un jour faux et maladif"dans l'unique but
de mieux séduire son public parisien. De guerre
lasse, le Comité Rodenbach annulera sa demande et se
tournera vers Gand, ville d'enfance du poète. Le
monument de Georges Minne sera solennnellement
inauguré en 1903 dans le jardin de l'ancien Grand
Béguinage. 2 / 3 |
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