Georges Rodenbach








Si Bruges est devenue un des endroits les plus touristiques d'Europe, c'est un peu à Georges Rodenbach (1855-1898) qu'elle le doit... Et pourtant l'auteur de Bruges-la-Morte n'a jamais vécu dans la ville dont il a assuré la renommée littéraire. A ceci près que son père est né à deux pas du beffroi et que son grand-père était chirurgien et député de Bruges. Ce dernier, avec son frère Alexandre (dont le visage apparaît sur une des bières de la brasserie Rodenbach !), est un des fondateurs de la Belgique.

Tournaisien de naissance, Georges Rodenbach passe une enfance morose à Gand où il s'initie à la poésie des canaux, des beffrois et d'un moyen-âge idéal... qu'il délaissera pour Bruges à mesure de l'industrialisation de la ville de Charles Quint. Après de brillantes études, le dandy Georges Rodenbach s'installe à Bruxelles où, avec Max Waller, il enflamme La Jeune Belgique. La revue d'avant-garde s'est donnée pour mission de traquer les"vieilles perruques de la Littérature". Ce déploiement d'énergie permet au Gantois d'exercer son ironie cinglante. Ainsi au procès intenté à La Jeune Belgique pour cette boutade lancée à un confrère :"Qu'il reçoive, avec tous les honneurs dus à son rang de Sganarelle, un coup de pied au derrière de la part de son tout dévoué Max Waller."

Place Poelaert, l'avocat Georges Rodenbach met les railleurs de son côté :"Pour ce drôle de petit coup de pied au derrière, vous demandez trois mille francs. C'est cher ! C'est beaucoup, c'est superbe ! Trois mille francs ! A ce compte-là je connais des gens qui voudraient presque en recevoir tous les jours. Cela deviendrait une position, et ce n'est plus la main que les mendiants devraient tendre dans la rue..."



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