La poésie, en tant que littérature est, elle aussi,
un  miroir de la société de son temps.
(N.B.: pour écouter deux des chansons ci-dessous il est nécessaire 
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Les Feuilles Mortes

Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes 
Des jours heureux où nous étions amis. 
En ce temps-là la vie était plus belle, 
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui. 
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. 
Tu vois, je n'ai pas oublié... 
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, 
Les souvenirs et les regrets aussi 
Et le vent du nord les emporte 
Dans la nuit froide de l'oubli. 
Tu vois, je n'ai pas oublié 
La chanson que tu me chantais. 

C'est une chanson qui nous ressemble. 
Toi, tu m'aimais et je t'aimais 
Et nous vivions tous deux ensemble, 
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais. 
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment. 
Tout doucement, sans faire de bruit 
Et la mer efface sur le sable 
Les pas des amants désunis. 
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment. 
Tout doucement, sans faire de bruit 
Et la mer efface sur le sable 
Les pas des amants désunis. 
Et la mer efface sur le sable 
Les pas des amants désunis. 

C'est une chanson qui nous ressemble 
Toi, tu m'aimais et je t'aimais 
Et nous vivions tous deux ensemble, 
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais. 
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment, 
Tout doucement, sans faire de bruit 
Et la mer efface sur le sable 
Les pas des amants désunis. 


Yves Montand chante Jacques Prévert
* * * * *

Le pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine 
Et nos amours 
Faut-il qu'il m'en souvienne 
La joie venait toujours après la peine. 
Vienne la nuit sonne l'heure 
Les jours s'en vont je demeure 
Les mains dans les mains restons face à face 
Tandis que sous 
Le pont de nos bras passe 
Des éternels regards l'onde si lasse 
Vienne la nuit sonne l'heure 
Les jours s'en vont je demeure 
L'amour s'en va comme cette eau courante 
L'amour s'en va 
Comme la vie est lente 
Et comme l'Espérance est violente 
Vienne la nuit sonne l'heure 
Les jours s'en vont je demeure 
Passent les jours et passent les semaines 
Ni temps passé
Ni les amours reviennent 
Sous le pont Mirabeau coule la Seine 
Vienne la nuit sonne l'heure 
Les jours s'en vont je demeure 
Marc Lavoine chante Guillaume Apollinaire (alcools)
* * * * *

Chanson d'automne

Les sanglots longs 
Des violons
De l'automne 
Bercent mon coeur 
D'une langueur 
Monotone. 

Tout suffocant 
Et blême, quand 
Sonne l'heure, 
Je me souviens 
Des jours anciens 
Et je pleure 

Et je m'en vais 
Au vent mauvais 
Qui m'emporte 
Deçà, delà, 
Pareil à la 
Feuille morte. 
Charles Trenet chante Paul Verlaine
  * * * * *

Du côté de chez Swan

On oublie, hier est loin, si loin d'aujourd'hui
Mais il m'arrive souvent de rêver encore
A l'adolescent que je ne suis plus.

On sourit en revoyant sur les photos jaunies
L'air un peu trop sûr de soi que l'on prend à 16 ans
Et que l'on fait de son mieux pour paraître plus vieux.

J'irai bien refaire un tour du côté de chez Swan
Revoir mon premier amour qui m'a donné rendez-vous sous le chêne
Et se laissait embrasser sur la joue
Je ne voudrai pas refaire le chemin à l'envers
Et pourtant je paierai cher pour revivre un seul instant
Le temps du bonheur à l'ombre d'une fille en fleurs.

 On oublie, et puis un jour il suffit d'un parfum
Pour qu'on retrouve soudain la magie d'un matin
Et l'on oublie l'avenir pour quelques souvenirs.

J'irai bien refaire un tour du côté de chez Swan
Revoir mon premier amour qui m'a donné rendez-vous sous le chêne
Et se lassait embrasser sur la joue
Je ne voudrai pas refaire le chemin à l'envers
Et pourtant je paierai cher pour revivre un seul instant
Le temps du bonheur à l'ombre d'une fille en fleurs.
(inspiré de l'oeuvre de Marcel Proust
"A la recherche du temps perdu - Du côté de chez Swann")
Chanté par Dave
* * * * * *

Le plat pays

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent de l'est écoutez-le tenir
Le plat pays qui est le mien

Avec des cathédrales pour uniques montagnes
Et de noirs clochers comme mâts de cocagne
Où des diables en pierre décrochent les nuages
Avec le fil des jours pour unique voyage
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir
Avec le vent d'ouest écoutez-le vouloir
Le plat pays qui est le mien

Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu
Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité
Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu
Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s'écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien

Avec de l'Italie qui descendrait l'Escaut
Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot
Quand les fils de novembre nous reviennent en mai
Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien. 
Paroles et Musique: Jacques Brel 
* * * * *

Rêvé pour l'hiver

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l'œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...

Et tu me diras: "Cherche !" en inclinant la tête,
- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
- Qui voyage beaucoup...
Léo Ferré chante Arthur Rimbaud
 * * * * *

Le Déserteur

Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C'est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m'en vais déserter

Depuis que je suis né
J'ai vu mourir mon père
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j'étais prisonnier
On m'a volé ma femme
On m'a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J'irai sur les chemins

Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens:
Refusez d'obéir
Refusez de la faire
N'allez pas à la guerre
Refusez de partir
S'il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer
Serge Reggiani chante Boris Vian
* * * * *

Dans l'eau de la claire fontaine

Dans l'eau de la claire fontaine 
Elle se baignait toute nue. 
Une saute de vent soudaine 
Jeta ses habits dans les nues. 
En détresse, elle me fit signe, 
Pour la vêtir, d'aller chercher 
Des monceaux de feuilles de vigne, 
Fleurs de lis ou fleurs d'oranger.
Avec des pétales de roses, 
Un bout de corsage lui fit. 
La belle n'était pas bien grosse 
Une seule rose a suffit. 
Avec le pampre de la vigne, 
Un bout de cotillon lui fit, 
Mais la belle était si petite 
Qu'une seule feuille a suffi. 
Elle me tendit ses bras, ses lèvres, 
Comme pour me remercier... 
Je les pris avec tant de fièvre 
Qu'ell' fut toute déshabillée. 
Le jeu dut plaire à l'ingénue, 
Car, à la fontaine souvent, 
Ell' s'alla baigner toute nue 
En priant Dieu qu'il fit du vent, 
Qu'il fit du vent... 
Paroles et musique Georges Brassens
* * * * *

Je suis venu te dire que je m'en vais

Je suis venu te dir'que je m'en vais 
et tes larmes n'y pourront rien changer 
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais" 
je suis venu te dir'que je m'en vais 
tu t'souviens des jours anciens et tu pleures 
tu suffoques, tu blémis à présent qu'a sonné l'heure 
des adieux à jamais 
oui je suis au regret 
d'te dir'que je m'en vais 
oui je t'aimais, oui, mais- je suis venu te dir'que je m'en vais 
tes sanglots longs n'y pourront rien changer 
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais" 
je suis venu d'te dir'que je m'en vais 
tu t'souviens des jours heureux et tu pleures 
tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure 
des adieux à jamais 
oui je suis au regret 
d'te dir'que je m'en vais 
car tu m'en as trop fait- je suis venu te dir'que je m'en vais 
et tes larmes n'y pourront rien changer 
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais" 
tu t'souviens des jours anciens et tu pleures 
tu suffoques, tu blémis à présent qu'a sonné l'heure 
des adieux à jamais
oui je suis au regret 
d'te dir'que je m'en vais 
oui je t'aimais, oui, mais- je suis venu te dir'que je m'en vais 
tes sanglots longs n'y pourront rien changer 
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais" 
je suis venu d'te dir'que je m'en vais 
tu t'souviens des jours heureux et tu pleures 
tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure 
des adieux à jamais
oui je suis au regret 
d'te dir'que je m'en vais 
car tu m'en as trop fait 
Paroles et Musique Serge Gainsbourg
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