|
Le mausolée
des grands hommes de la France.
Définition : Panthéon, terme désignant à
la fois l'ensemble des dieux d'une religion ou d'une mythologie et l'édifice
consacré par les Grecs et les Romains à toutes leurs divinités.
Le monument où reposent les grands hommes d'une nation est également
appelé panthéon.
Il convient donc de ne pas confondre ces deux définitions.
Situation et origine : Le Panthéon surplombe la montagne
Sainte-Geneviève, au cœur du cinquième arrondissement de
Paris. Cette "montagne" tient son nom de l'héroïne légendaire
qui sauva Paris des invasions barbares du Ve siècle, et qui y fut
inhumée en 512.
Son tombeau devint immédiatement l'objet d'un pèlerinage,
et l'entretien des reliques de la sainte patronne de Paris était
bientôt confié à un chapitre de chanoines réguliers,
les génovéfains.
Une abbaye sera construite en 508, sous le règne de Clovis,
destinée à abriter sa sépulture et celle de son épouse
Clotilde, qui renfermera la dépouille de la sainte, avant de recevoir
celle de Clovis lui-même.
Tout d'abord dédiée à Saint Pierre et à
Saint Paul, cette abbaye prendra finalement le nom de sainte Geneviève
au XIIème siècle.
L'histoire du Panthéon se rapproche de celle de la Madeleine.
Tous deux furent commandés par Louis XV le Bien-Aimé (Versailles
1710-1774), Roi de France de 1715 à 1774.
Histoire : Gravement malade à Metz en 1744, Louis XV fait
le vœu qu'en cas de guérison, il fera remplacer l'abbaye de Sainte-Geneviève
tombant en ruine par une nouvelle église votive. Rétabli,
il tint parole en 1754. Ce vœu marque donc le début de l'histoire
du Panthéon. L'architecte désigné pour la réalisation
de cet ambitieux projet ne fut pas Jacques Ange Gabriel, Premier Architecte
du roi, mais Jacques Germain Soufflot, imposé par Marigny, directeur
des Bâtiments du roi. Esprit cultivé, fin connaisseur de l'Italie,
il se signalait également par son intérêt pour l'architecture
médiévale. Les premiers projets de Soufflot datent de 1757.
Louis XV, accompagné du dauphin, pose la première pierre
en 1764, au cours d'une grande cérémonie.
Comme il fallut d'abord prendre le temps de consolider le sous-sol,
l'église était à peine achevée quand éclata
la Révolution française. La Constituante décida d'affecter
l'église à une nécropole des Grands Hommes capables,
par leur vertu réelle ou supposée, d'édifier le peuple
et ses nouveaux maîtres.
Le premier a y être enseveli est Mirabeau, pas pour longtemps
d'ailleurs car trois ans plus tard il est réinhumé ailleurs.
Peu après, les dépouilles de Voltaire et Rousseau prennent
place sous le vaste dôme. Elles y reposent toujours.
En 1791, la Constituante chargea Antoine Quatremère de Quincy
d'effacer tous les attributs religieux et de murer 38 des 47 fenêtres
pour accentuer l' "effet sépulcral" : on en voit les traces
de l'extérieur. Disparurent également les deux clochers du
chevet et le lanternon du dôme. En effet, dès l'entrée,
on remarque que les murs sont aveugles ; l'intérieur est éclairé
artificiellement et par quelques fenêtres situées dans la
partie supérieure.
Le XIXe siècle ne cessa d'hésiter entre la vocation civique
(Louis-Philippe) et la vocation religieuse (les deux Empires) : en 1806,
Napoléon rend la nef à la religion et elle redevient l'église
Sainte-
Geneviève; la crypte reste le sanctuaire des dignitaires de
l'Empire.
De 1831 à 1852 c'est de nouveau le Panthéon, puis encore
l' église Sainte-Geneviève.
En 1885, les funérailles de Victor Hugo établissent définitivement
le Panthéon comme mausolée.
Toutefois, ces changements successifs n'ont pas remédié
à l'appauvrissement que lui imposa la Révolution, lui conférant
un aspect oppressant.
Depuis plus d'un siècle il accueille à un rythme aléatoire
les hommes illustres, en premier lieu les politiques tels que le président
assassiné Sadi Carnot, l'ardent républicain Léon Gambetta,
l'ex-ministre des affaires étrangères Marcellin Berthelot,
le tribun socialiste Jean Jaurès, le résistant Jean Moulin
et l'un des pères de l'Europe, Jean Monnet.
Le monde scientifique lui a fourni le mathématicien Condorcet,
l'inventeur de l'alphabet pour aveugle Louis Braille, et le pris Nobel
Pierre Curie.
Les Lettres sont aussi représentées par André
Malraux, Victor Hugo, Voltaire, Rousseau et Emile Zola. Le transfert des
cendres de ce dernier avait suscité de vives tensions. Un journaliste
d'extrême droite avait tiré deux balles sur Alfred Dreyfus.
Il faut maintenant y ajouter, en cette fin 2002, Alexandre Dumas.
Au point de vue femme, seules deux femmes ont eut droit à cet
honneur:
la femme de Marcellin Berthelot (uniquement en qualité d'épouse)
et la physicienne Marie Curie.
 |