Historique. Grecs et romains furent les premiers
à étudier les marées, poussés par les nécessités
de la guerre et du commerce sur les côtes de l’atlantique, en Europe,
Afrique, mer rouge et océan indien où celles-ci sont importantes.
I. La marée. C'est le phénomène
de montée et de descente périodique du niveau des eaux océaniques,
provoqué par l'attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil
sur la Terre.
II. Marées lunaires. La Lune, qui est beaucoup plus proche de la Terre que le Soleil, est la principale cause du mouvement oscillatoire de la mer. Quand la Lune se trouve au-dessus d'un point donné du globe terrestre, elle exerce sur celui-ci une attraction de la masse océanique vers ce point, où il se forme un dôme ; de ce dernier résulte un second dôme, situé exactement à l'opposé du premier sur le globe (Gravitation). L'attraction de l'eau vers ces deux dômes, dite onde de marée, prend le nom de marée directe pour le point se trouvant sous la Lune et celui de marée opposée pour l'autre ; ces deux régions sont alors le siège des hautes eaux, tandis que les zones qui en sont le plus éloignées connaissent une période de basses eaux. Marées hautes et marées basses alternent suivant un cycle perpétuel. La variation du niveau qui sépare la marée haute de la marée basse est l'amplitude de marée, ou marnage. La plupart des côtes connaissent un rythme semi-diurne : deux marées hautes et deux marées basses par jour lunaire (24 h, 50 min, 28 s), influencées l'une par la marée directe, l'autre par la marée opposée. Ailleurs, c'est le rythme diurne qui l'emporte (une seule marée par jour), voire le rythme mixte (alternance sur l'année des rythmes diurne et mixte). Sur les côtes atlantiques françaises, les deux marées diurnes ont approximativement la même amplitude, ce qui n'est pas partout le cas (on parle alors d'inégalité diurne). La puissance d'une marée s'exprime par un coefficient qui va de 20 à 120. III. L'influence solaire. Le Soleil donne lui aussi naissance à deux ondes de marée diamétralement opposées. Mais, en raison de son éloignement, son pouvoir d'attraction ne représente que 46 p. 100 de celui de la Lune. De la somme des forces exercées par les deux astres résulte une vague constituée de deux ondes. Pendant les périodes de nouvelle et de pleine lune, au moment où le Soleil, la Lune et la Terre sont alignés, les marées lunaire et solaire coïncident, provoquant un marnage exceptionnel dont les pêcheurs profitent à marée basse (des zones rocheuses d'ordinaire recouvertes se découvrent). Cependant, lorsque la Lune est dans le premier ou le troisième quartier, les axes Terre-Lune et Terre-Soleil sont perpendiculaires, diminuant ainsi l'amplitude de la marée terrestre : c'est la période dite de morte-eau. Vives-eaux (grandes marées) et mortes-eaux se produisent environ 60 heures après les phases correspondantes de la Lune : cette période intermédiaire correspond à l'âge de la marée, ou âge d'inégalité de phase. L'intervalle de temps qui sépare le passage de la Lune à un point précis et la marée haute qui s'ensuit au même endroit est l'heure du port, ou intervalle de marée haute ; à l'inverse, l'intervalle de marée basse est la période qui sépare le passage de la Lune par un point et la marée basse suivante. IV. Courants de marée. Les mouvements latéraux et horizontaux qui accompagnent la montée et la descente verticale des eaux marines sont communément appelés courants ou flux de marées ; ils ne doivent pas être confondus avec les courants océaniques tels que le courant du Labrador ou le Gulf Stream. Dans les zones océaniques européennes, lorsque la marée monte (flux), soit pendant 6 h 12 min environ, les courants de marées se dirigent vers la côte. Pendant le reflux, ou jusant, c'est la situation inverse, qui dure le même temps. Pendant la période dite de renversement des marées (à marée haute comme à marée basse), l'eau ne monte ni ne descend : c'est l'étale. Réf."marée," Encyclopédie
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On l’ignore souvent, mais deux fois par jour, la croûte terrestre monte et descend d’une quarantaine de centimètres à cause de l’attraction de la Lune et du Soleil, au même titre que la mer et les océans. Ces déformations, minimes par rapport au rayon terrestre de 6378 km, correspondent aux marées terrestres. Même s’il étonne souvent, ce phénomène est connu depuis longtemps. Déjà, les Romains avaient remarqué que le débit des sources changeait en fonction des heures de la journée, sous l’action des dilatations cubiques de la croûte terrestre. Par ailleurs, comme chacun le sait, les océans, mais aussi l’atmosphère sont également affectés par les forces de marées. En raison de la forme et des dimensions des bassins océaniques, et des déplacements des masses d’eau, ces phénomènes sont extrêmement complexes. Les marées terrestres et océaniques sont cependant très liées : par exemple, le poids des masses d’eau en mouvement sur le fond des mers engendre une déformation de la croûte terrestre qui se prolonge en pleine terre. A Bruxelles, par exemple, des 40 cm de marées terrestres, 2 cm seraient imputables aux effets océaniques, et ce phénomène atteint 20 cm à l’extrémité des Cornouailles.
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