Le monstre du loch Ness
 

Présentation


 
Héritage des glaciations quaternaires, ce lac de fond de vallées (lochs), long et étroit, situé dans le nord de l'Écosse dans une dépression tectonique (le Great Glen), constituant une partie du canal Calédonien.
Le lac est situé dans une dépression tectonique, The Great Glen, qui traverse l'Écosse d'une côte à l'autre, de Fort William jusqu'à Inverness. Son énorme masse a pour conséquence une inertie thermique qui explique que le lac ne gèle jamais
 
Le Loch Ness est un lac (loch) qui se trouve à 150 Km au nord de Glasgow et dans la région des Highlands, avec les villes de Fort Augustus au Sud et Inverness au Nord. C'est surtout avec ses 40 kms de long et  ses 230 m de profondeur le plus grand lac du Royaume Uni. 
C'est, enfin, un lac sombre, aux eaux froides et à la visibilité sous l'eau très réduite tant les particules de tourbe en suspension sont nombreuses. Le lac, qui est à 16 m au-dessus du niveau de la mer, communique avec celle-ci par la rivière Ness.
Il y a dix mille ans, quand les glaciers recouvraient l'Écosse, il semble que le Loch Ness devait communiquer avec la mer. 
Une fois le poids de ces glaciers disparu, le sol s'est soulevé de 16 m, isolant les eaux du lac. 
Les animaux qui y vivent ne sont donc là que depuis moins de dix mille ans. 
Habité, selon la légende, par un monstre nommé Nessie, le loch Ness est certainement le plus célèbre et le plus mystérieux des lacs d'Écosse.

Témoignages

1871. En Octobre 1871, D.Mackenzie observe le "monstre" évoluant d'abord lentement puis partant à grande vitesse, Il le décrit comme une sorte de bateau retourné.
1885. Décrit comme " la chose la plus grande que j'ai jamais vu dans ma vie". Décrit également cette chose avec un  cou ressemblant à celui d'un cheval avec une crinière.
1888. Peu de renseignements si ce n'est que la chose est décrite comme ressemblant à une salamandre.
1895. Observé par 4 personnes, apparition d'un grand monstre horrible dans le loch.
1903. Apparition, le monstre est décrit avec une bosse ressemblant à un bateau retourné.
1908. Créature couchée dans l'eau, tête ressemblant à celle d'une anguille. Mouvement lent puis plus rapide.
1923. Phénomène au mouvement stationnaire, puis disparaît. Ressemble à un bateau retourné.
1929. Apparition immobile,disparait en plongeant. Ressemblance avec tête de cheval.
1930. Apparition du monstre décrit avec deux ou trois bosses peu profondes, onduleuses le long du dos.
1932. Mouvement léger puis plonge dans l'eau du loch, décrit avec une bosse comme un bateau retourné.
1933. Année faste pour les chercheurs de monstre ! pas moins de 17 observations différentes, en voici un résumé :                                            
Les déplacements sont pour la majorité décrits comme un mouvement lent au départ, puis le monstre disparaît en plongeant dans l'eau. Les descriptions se rejoignent parfois, en voici les principales : 
- Ressemble à un rondin de bois - Possède une bosse et une tête de cheval - Une bosse comme un bateau retourné - Bosse apparente ressemblant à un poteau télégraphique flottant ! - Impression de deux nageoires.
1934. On continue sur la lancée de 1933. En 1934 , 11 apparitons observées par plusieurs personnes. Les déplacements et les descriptions sont pratiquement les mêmes que celles de 1933. 1936. Apparition stationnaire, cou émergeant puis disparaît dans l'eau. Présence de trois bosses.
1943. Mouvement non décrit, animal se déplacant dans l'eau avec un deuxième objet inquiétant.
1954. Sillage évoluant à 5-6 km/h, a plongé plusieurs fois. Décrit avec une simple bosse.
1956. Stationnaire, l'apparition est partie à grande vitesse. Décrit avec une simple bosse.
1960. Deux sillages parallèles, décrit comme une ou deux tâches.
Ondulation se déplacant lentement dans le loch, pas d'autres description
Mouvement se déplacant puis plongée, décrit avec une simple bosse
Sillage apparaissant et disparaissant, décrit avec deux bosses.
Ont vus quelque chose coupant l'eau, le cou principal est apparu plusieurs fois, simple bosse.
1961. Quelque chose coupant l'eau, le cou principal est apparu plusieurs fois, simple bosse.
1962. Chose en plongée rapide, description non renseignée.
1963. Chose apparaissant et disparaissant plusieurs fois, décrit avec quatre bosses.
1964. Apparition furtive plongeant rapidement, décrit comme un poteau flottant.
1965. -Sillage se déplacant rapidement puis plongeant, description peu précise.
-Déplacement rapide, profil allongé puis plongeant, bosse simple comme bateau retourné, arête sombre sommet du dos.
-Apparition furtive d'un objet avançant rapidement, pas de description précise.
1966. -Pas de description du phénomène, juste décrit avec trois bosses.
- Sillage se déplacant avec des secousses, décrit avec une simple bosse.
- Objet se déplacant rapidement avec trois bosses.
- Deplacement d'un petit objet à environ 17 km/h, pas d'autre description.
- Apparition trois fois de suite dans une forte perturbation. pas de description précise de l'objet.
- Mouvement d'un objet simple dans l'eau, plongeant lorsque les observateurs ont crié.
- Mouvement d'un animal nageant doucement, décrit avec une simple bosse.
- Mouvement stationnaire, puis sillage se cassant, décrit comme un bateau retourné.
1967.-Sors de l'eau lentement, puis semble tomber sur le côté, décrit avec deux bosses.
- Sors de l'eau dans une grande turbulence, pas de description précise de la chose.
- Objet plongeant puis émergeant avec une grande bosse.
- Mouvement rapide d'un objet sur l'eau, pas de description.
- Petite vague se déplacant lentement, décrit avec une bosse.
- Mouvement stationnaire, partiellement submergé, grande longueur.
1968.-A la surface, a coulé lentement, décrit avec deux bosses.
-Mouvement sur l'eau, tourbillon, décrit avec une bosse.
- Ondulation de l'eau se déplacant lentement, decrit comme un objet d'une grande longueur
- Mouvement stationnaire, submergé deux fois, décrit avec une bosse sphérique.
- Mouvement stationnaire, submergé trois fois, décrit avec une bosse.
1969.-Se déplace à grande vitesse, plonge puis réapparaît, décrit avec deux bosses.
- Mouvement sur l'eau, sillage profond, décrit avec une bosse.
- Se déplace lentement, objet submergé, décrit avec trois bosses.
- Perturbation de l'eau, apparaît et disparaît, décrit avec deux objets bossus.
1973. Mouvement dans l'eau, décrit comme ressemblant à un poteau flottant.
1979. Accélération rapide d'un objet de couleur noir dans l'eau
1996. (9 apparitions). Année riche pour les apparitions ! Les mouvements sont en général identiques, objet qui apparaît puis disparaît rapidement, décrit dans la plupart des cas comme un objet sombre avec une bosse noire. Un observateur semble avoir photographié la tête et le cou, mais on a pas connaissance de ces photos.
1997. Mouvement dans l'eau, décrit avec deux bosses.
Déplacement rapide à travers le loch, décrit comme un objet sombre.
1998. Mouvement dans l'eau, apparaît, disparaît, objet sombre avec une longue queue.

Des indices.

Le sonar est aussi employé, cet appareil mis au point pendant la seconde guerre mondiale permettra la détection à plusieurs reprise de masse dans l'eau, sans donner une véritable preuve de l'existence d'un éventuel "monstre". Ils peuvent enregistrer des échos produits par de simples gros poissons, des troncs d'arbre qui flottent entre deux eaux, des bulles de gaz sécrétées par des détritus en décomposition ou même des masses d'eau dont la température (et donc la densité) diffère de la température ambiante

- Des échos sonar établissant l'existence d'objets immergés non-identifiés, se déplaçant à des vitesses allant jusqu'à 25 Km/h, de loin très supérieures aux courants du loch.
Ils peuvent toutefois s'expliquer par des artefacts, comme la réfraction des ultrasons sur l'interface entre deux couches d'eau de température différente.

- Des enregistrements par hydrophones de cris non-identifiés, obtenus par Roy P. Mackal, suggérant "l'implication de sources multiples, animées, produisant des sons et capables d'un répertoire varié de sons et de réponses à des stimuli artificiels" (Mackal 1976 : 79), tels que peuvent en produire des animaux se repérant par écho-location, comme les cétacés... ou certains pinnipèdes. 

Toutefois, divers éléments s'opposent à l'existence dans le Loch Ness d'une population de grands animaux encore inconnus de la science :
- Du fait de la saturation des eaux en tourbe, la photosynthèse est extrêmement faible au Loch Ness, privant ainsi la chaîne alimentaire de son point de départ. La biomasse connue (la production de matière vivante, et donc les ressources alimentaires disponibles) est très insuffisante pour assurer la nourriture d'une population viable de grands prédateurs (plusieurs dizaines d'adultes pour maintenir une certaine diversité génétique, pesant plusieurs tonnes d'après leurs dimensions).
- L'expédition Deepscan a passé le loch au peigne fin au moyen d'une flottille de bateaux équipés de sonars qui ont parcouru le lac dans sa longueur : or, elle n'a relevé que 2 ou 3 échos non-identifiés, qui peuvent d'ailleurs trouver une explication prosaïque (troncs d'arbres, etc.), ce qui démontre qu'il n'y a pas de population inconnue.

Les photos et les films.

De nombreuses photos sont prises du monstre, mais elles sont le plus souvent démontrées comme étant fausse.
Les films de cinéma sont beaucoup plus difficiles à truquer et sont davantage pris en compte. 
Deux d'entre eux sortent vraiment de l'ordinaire :
- Le premier a été tourné par Tim Dindsdale, le 23 avril l960, à l'embouchure de la rivière Foyers. On y voit une bosse se mouvoir lentement au loin, puis traverser le champ de la caméra avant de plonger. L'analyse du film a conclu que l'objet filmé était "probablement en mouvement" et qu'il mesurait environ l,70 m de largeur. Sa vitesse estimée était de l6 km à l'heure.
- Le second film a été tourné par Richard Raynor, le 13 juin 1967, à l'extrémité nord du lac. Il montre un sillage, à la tête duquel on aperçoit parfois un objet solide, déclaré lui aussi animé. Richard Raynor a expliqué que l'animal filmé évoquait pour lui une espèce d'otarie. Comme la longueur estimée de la partie qui émergeait a été évaluée à près de 2 m, on peut rêver sur la taille de l'otarie en question.
Les hypothèses
Une équipe tentera prochainement d'étudier les restes organiques qui reposent sur le fond du Loch Ness ou du Loch Morar. Des essais de dragage ont déjà commencé. Si le Loch Ness abrite des "monstres" depuis plusieurs milliers d'années, on devrait finir par trouver leur carcasse au fond !
Ce qui aiderait à résoudre l'énigme essentielle de ce sombre lac écossais : quelle est la créature qui s'y cache ? La réponse (s'il y en a une) ne pourra être donnée qu'au terme d'une enquête rigoureuse, ayant fait appel à la zoologie, à la paléontologie, à la biologie et à cette pointe de bon sens et d'intuition qui fait avancer la science.

Conclusion

On ne sait donc toujours pas si Nessie est bien présente ou non dans le lac, et, dans l'affirmative, de quel animal il peut s'agir. 
Alors, le monstre serait un poisson ? Après tout, cela pourrait expliquer les rares apparitions en surface et le mode de reproduction discret. Malheureusement, la plupart des témoignages ne décrivent pas Nessie comme un poisson, même géant. De leur côté, les habitants de la région du Loch Ness font valoir qu'il pourrait s'agir d'une anguille géante, d'une espèce inconnue. Et les échos sonar recueillis peuvent suggérer des mouvements comparables à ceux des anguilles.

Alors si vous allez au bord du Loch, préparer votre appareil photo, et vous ferez peut-être partie des chanceux qui apercoivent le monstre ! 
 


Portrait-robot de Megalotaria longicollis
(dessin © Stefano Maugeri, Gruppo Criptozoologia Italia)

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