 |
Les Templiers et les Croisades
Non pour nous, Seigneur, non pour nous,
mais pour la gloire de ton nom
Chronologie historique :
- 1073
Election de Grégoire VII ; réforme
de l'Eglise (restauration de l'esprit religieux et de la discipline
dans l'Église romaine).
- 1088
Election du pape Urbain II.
- 1095
Appel d'Urbain II à Clermont :
première croisade.
Les pèlerinages en Terre Sainte
avaient été suspendus du fait de l'occupation de la Palestine
par les Turcs Seldjoukides. La reconquista visant à reprendre aux
Musulmans le sud de l'Espagne avait, elle aussi, préparé
les esprits à l'idée de croisade. Mais c'est Urbain II qui
concrétisa définitivement le concept de croisade, en particulier
par son intervention lors du concile de Clermont.
- 1096
Première croisade (1096-1099)
Echec des croisades populaires.
La prédication de la première
Croisade souleva des foules. Une masse de pauvres gens, répondant
à l'appel de Pierre l'Ermite et ses émules, s'ébranla
vers l'Orient. Elle ne réussi qu'à inquiéter les Grecs
avant de se faire décimer par les Turcs en Asie.
- 1097
Offensive byzantine sur les côtes
d'Asie mineure.
Conflit entre les croisés et Alexis
Commène.
Quand les barons se présentèrent
à leur tour devant Constantinople, la situation d'Alexis Commène
(1081) ne l'obligeait plus à les accueillir en sauveurs. N'ayant
pas toutefois les moyens de leur interdire le passage, il s'efforça
de les utiliser à ses fins et en amena bon nombre à reconnaître
sa suzeraineté sur leurs conquêtes : serments sans valeur,
car le premier contact intime entre Orient et Occident conduisit à
une hostilité réciproque qui alla en s'envenimant.
- 1098
Prise de Jérusalem par les Fatimides
Les croisés prennent Antioche
et Bohémond en devient le prince. Baudouin de Boulogne devient comte
d'Edesse. Tripoli est aussi transformé en comté. Bataille
d'Ascalon.
- 1099
Conquête de Jérusalem par
les Croisés.
Jérusalem est pris le 15 Juillet
par les croisés, dont une grande majorité des habitants musulmans
et juifs sont massacrés. Le royaume franc de Jérusalem est
fondé et Godefroi de Bouillon est proclamé roi. Il choisira
lui-même plutôt le titre d'avoué du Saint-Sépulcre
(1100-1118).
- 1101
Plusieurs expéditions de renfort
échouent.
Hugues de Payns (Hugues de Payens, de
la Maison des comtes de Champagne) et Geoffroy de Saint-Omer vivant sous
la Règle des chanoines de saint-Augustin choisirent d'assurer la
garde du défilé d'Athlit, le chemin d'accès le plus
dangereux pour les pèlerins. Ce dernier deviendra plus tard le Château-Pèlerin.
- 1112
Entrée de Saint Bernard à
Cîteaux
Homme-clé du temps des croisades,
Saint Bernard va aussi jouer un rôle important vis à vis des
Templiers pour lesquel il contribuera à l'élaboration de
la Règle de l'Ordre.
- 1118
Fondation de l'Ordre des Pauvres Chevaliers
du Christ.
- 1119
Création à Jérusalem
de l'Ordre du temple, ou Templiers, ordre de moines combattants.
L’ordre du Temple est créé
par quelques chevaliers (dont Hugues de Payns) croisés en Terre
sainte (Palestine).
Revenant près des Lieux Saints,
Baudoin II, roi de Jérusalem, leur octroie une partie de son palais,
à l'emplacement du Temple de Salomon. Ils deviennent alors très
rapidement les Chevaliers du Temple ou Templiers du fait
de cet emplacement symbolique (bâti en 961 avant Jésus-Christ,
le Temple de Salomon fut détruit par les Chaldéens en 587
avant Jésus-Christ, reconstruit et définitivement détruit
en 135 par l'empereur Hadrien).
Ils se font alors assister par sept autres
chevaliers français : André de Montbard (neveu de Saint-Bernard),
Gondemare, Godefroy, Roral, Payen de Montdésir, Geoffroy Bisol et
Archambaud de Saint-Agnan. L'ordre du Temple prend forme par ces neuf chevaliers
désirant protéger les chrétiens en pélerinage
à Jérusalem.
- 1128
Concile de Troyes : règle du Temple.
Avec l’appui de saint Bernard de Clairvaux,
la règle est bientôt approuvée et publiée par
le concile de Troyes. Elle servira de "Code Civil" interne à
l'Ordre, régissant le fonctionnement de cette organisation très
rigoureuse.
Du fait de l’alliance prônée
entre idéal chevaleresque et idéal monastique, le succès
du Temple est rapide!; de nombreuses donations — dont le legs, volonté
inappliquée, d’une partie du royaume d’Aragon par le roi Alphonse
le Batailleur — viennent remplir ses caisses et lui permettent une politique
systématique d’acquisition de terres et de défrichements.
- 1139
Bulle Omne datum optimum : privilèges
du Temple.
L'Ordre du Temple entre dans une phase
politique importante. Ses privilèges accordés par le Saint
Siège lui confèrent une position très particulière
dans le jeu de pouvoir qui se met en place entre l'Europe et la Terre Sainte.
- 1141
C'est seulement en 1141 que le pape octroya
la croix pattée rouge aux Templiers. Auparavant, les chevaliers
étaient seulement vêtus d'un manteau blanc et les sergents
d'un manteau brun.
- 1146
Saint Bernard prêche la croisade.
- 1147
La croix rouge pattée de gueule
devient l'emblème des Templiers, cette croix était cousue
sur l'épaule gauche de leur vêtement.
Le 27 Avril, dans les nouveaux locaux du
Temple, le pape Eugène III octroie la croix rouge. Les frères
étaient alors rassemblés pour étudier la demande du
roi de France : mettre en oeuvre une nouvelle croisade, ce qui demanderait
une participation importante des commanderies de France et d'Espagne.
Deuxième croisade et échec
(1147-1149)
- 1149
Consécration de la nouvelle basilique
du Saint-Sépulcre à Jérusalem.
Organisation de l’ordre
La règle cistercienne
des Templiers est très stricte. Les punitions imposent des jeûnes
sévères pour des délits concernant toute entorse aux
trois règles fondamentales de l’ordre. Le trousseau, réduit,
marque la hiérarchie de l’ordre : si tous les manteaux sont frappés
de la croix rouge — symbole de l’ordre depuis 1149 —, les manteaux des
chevaliers sont blancs, tandis que ceux des sergents, des chapelains et
des écuyers sont bruns ou noirs.
Au sommet de l’ordre se
trouve le maître, dont l’autorité est limitée par un
chapitre composé des dignitaires de l’ordre : le sénéchal,
le maréchal, le commandeur de la terre et du royaume de Jérusalem,
le drapier, les commandeurs des autres provinces (dont la cité de
Jérusalem, Antioche et Tripoli sont les trois principales). Les
commandeurs des maisons, les chevaliers, les sergents, le commandeur du
port d’Acre viennent ensuite dans l’ordre hiérarchique, puis les
casaliers chargés des fermes, les turcoples (troupes auxiliaires),
les chapelains et les frères de métiers.
Un rayonnement sur toute la Méditerranée
Cette hiérarchie
suggère une réelle étendue des possessions de l’ordre
: en 1257, elles s’élèvent à 3 468 châteaux,
forteresses et maisons dépendantes, réparties dans dix-neuf
provinces et sous-provinces. La maison de Jérusalem comprend deux
couvents avec 350 chevaliers et 1 200 sergents. Les pays de combat sont
ceux de la Reconquête : Palestine, péninsule Ibérique,
Hongrie!; les activités militaires sont bien réelles : sur
quatorze maîtres, cinq périssent au combat. Ces activités
militaires sont largement financées par les revenus des pays de
rapport : ces provinces, divisées et subdivisées en régions,
bailliages et maisons, se trouvent dans toute l’Europe catholique. Le bailliage
d’Arles comprend ainsi les commanderies avec juridiction d’Aix, Col de
Cabres, Richerenches, Arles!; huit commanderies sans juridiction (dont
Nice ou Avignon)!; vingt-trois commanderies dépendantes!; une vingtaine
de maisons du Temple et une centaine de biens fonciers divers. Cette richesse,
inégalée dans tout l’Occident chrétien, permet au
Temple de subventionner largement les papes et les rois pour les entreprises
de la croisade.
Du repli à la dissolution
Les statuts de l’ordre du
Temple sont réformés à cinq reprises!; Boniface VIII
souhaite, au début du XIVe siècle, unir le Temple et les
Hospitaliers (autre ordre combattant), mais Jacques de Molay, alors maître,
refuse cette proposition. Or, à cette période, les données
de la croisade ont profondément changé : l’Empire latin d’Orient,
avec la chute de Saint-Jean-d’Acre en 1291, a cessé d’exister et
les Templiers survivants se replient en France — d’où le roi, Philippe
IV le Bel, s’est vu refoulé à l’entrée de l’ordre.
Philippe le Bel, envieux
vis à vis des Templiers, du fait de leurs richesses et de leur puissance
a cherché par plusieurs moyens à les utiliser à ses
fins. Cherchant au départ à en devenir le grand maître
tout en restant roi de France, il joua un jeu de trahison qui fini par
l'arrestation, le Vendredi 13 Octobre 1307 au matin, de tous les Templiers
du royaume. Les Templiers étaient devenus trop puissants et ils
menaçaient de dépasser les rois en fonction. Banquiers (Henri
III d'Angleterre, Saint-Louis, Philippe Auguste, ... y firent appel) ,
milices protectrices, ils avaient pourtant bien aidé Philippe le
Bel en le protégeant par exemple des émeutes à Paris
qui faillirent lui coûter la vie !
Un procès inique
suivra cette arrestation bien orchestrée. Pendant sept années,
les Templiers en liberté chercheront à se justifier auprès
du pape, le seul à qui ils devaient théoriquement des comptes.
Menacé par Philippe le Bel et ses sbires, ce dernier ne les écoutera
souvent même pas !
- 1312
Le 22 Mars, le pape Clément
V abolit l'Ordre duTemple.
Malgré le passé glorieux
de l’ordre (Damiette, Alep, Las Navas de Tolosa), Philippe le Bel,
en manque de numéraire, fait emprisonner les Templiers, les fait
torturer par l’Inquisition après avoir fait main basse sur
leurs richesses et leurs livres de comptes!; les aveux de 137 templiers
— qui reconnaissent tout ce que l’on veut pourvu que l’on cesse de les
torturer — justifient la suppression de l’ordre au concile de Vienne en
1312 devant le pape Clément V, alors que les rois et princes
d’Angleterre, d’Espagne, d’Écosse, d’Allemagne, entre autres, ont
reconnu l’innocence du Temple.
- 1314
Le 18 Mars, Jacques de Molay et Geoffroy
de Charnay furent livrés aux flammes d'un bûcher dressé
dans l'île de la cité de Paris. Jacques de Molay, dernier
grand maître du Temple (et vingt-troisième) lança alors
l'anathème «Clément, juge inique et cruel bourreau,
je t'ajourne à comparaître, dans quarante jours, devant le
tribunal de Dieu ! Et toi aussi, roi Philippe !». De fait,
Clément V et Philippe le Bel moururent respectivement le 20 Avril
et le 29 Novembre de la même année ...
Suivant Philippe le Bel,
les rois de France furent baptisés les Rois Maudits, ... et il est
vrai que la lignée de ce dernier s'est éteinte à son
22ème successeur Louis XVI : ironie de l'histoire ou symbolisme
? il sera enfermé à Paris, dans la Tour Carrée aux
tourelles rondes qui servi de maison-mère au Temple.
Les biens du Temple reviennent
aux Hospitaliers ou aux ordres successeurs qui sont créés
en Espagne : l’ordre de Notre-Dame-de-Montesa dans la région de
Valence et l’ordre du Christ au Portugal.
- 1318
Plus de 3 000 chevaliers du Temple (malgré
son abolition par le pape) se réunirent à Spoleto (Ombrie,
en Italie). Deux factions se dessinèrent : ceux qui voulaient venger
le Temple et ceux qui voulaient perpétuer les secrets de la chevalerie.
Ce fut la deuxième qui décida de l'avenir ...
Entré dans l’imaginaire collectif
à cause de l’extraordinaire opération de propagande menée
par Philippe le Bel et inlassablement reprise ensuite sous forme de légendes,
l’ordre du Temple est, sans doute, l’une des créations les plus
représentatives de l’époque des croisades (1).
(Extraits: (1) "Temple, ordre du", Encyclopédie Microsoft®
Encarta® 99. © 1993-1998 Microsoft Corporation. Tous droits réservés).
Pour conclure :
Nombreux sont les mouvements sérieux
ou non qui se sont attribué l'héritage des Templiers et ce
thème figure parmi ceux qui ont suscité le plus de thèses
et antithèses : le trésor des Templiers, l'ésotérisme
des Templiers, la puissance des Templiers, ... tous les ingrédients
semblent rassemblés pour déchaîner les passions et
les extrapolations parfois osées !
* * * * * * * *
|