Gengis Khan

Un peu d'histoire.

Avant le 12è siècle  Le peuple mongol a déjà fait parler de lui : les Khitan ou Khitaï ont envahi la Chine du Nord et fondé la dynastie Leao ou Liao (907-1125) 
Nous sommes à la fin du XIIème siècle. Le territoire des Mongols qui occupent une immense région d’Asie Centrale, est le théâtre de luttes fratricides incessantes. Rudes et batailleurs, toujours en guerre les uns contre les autres pour les meilleurs pâturages, les Mongols sont fiers et indomptables. Ils habitent des tentes d’osier recouvert de tissus grossiers. Ils se déplacent sans cesse à la suite de leurs troupeaux, et vivent presque constamment à cheval, toujours prêts à attaquer ou à se défendre. 
À l'époque où naît Témudjin Uge (le «plus fin acier»), les quarante clans mongols sont déchirés par des guérillas intestines et divisés face aux nomades rivaux, Turcs et Tatars. 

A la conquête du pouvoir.

Âgé de 9 ans, Témudjin a déjà une étonnante réputation: il aurait tué un ours à mains nues. Son père, Yèsugèi, chef du clan des Torrents, le fiance à Bortë, du puissant clan des Khongirats. 
En 1154, Yèsugèi meurt empoisonné par un Tatar. Craignant pour sa propre vie, Témudjin s'enfuit dans les montagnes mais il est capturé par l'ennemi de sa famille, Targutaï, du clan des Taïdjioutes. Il s'échappe. Sa renommée grandit et de nombreux jeunes gens avides d'aventures le rejoignent. Parmi eux, Bortchou, Djelmé, Djebé «la Flèche», Subötai resteront toujours ses «quatre chiens féroces». 

Guerrier et stratège.
 
À 19 ans, Témudjin, que les historiens nous dépeignent grand, sec et musclé, est un farouche guerrier mais aussi un habile politique. Il rassemble les clans autour de lui. 
La partie décisive se joue en 1201. Grâce à une tactique déconcertante, reprise aux cavaliers scythes, Témudjin défait tous ses ennemis, les Turcs naïmans, les Tatars et surtout, à la bataille des Soixante-Dix Manteaux, ses rivaux mongols, les Taïdjioutes. Le Kouriltaï (Grand Conseil) de 1206 le consacre chef suprême des Mongols. Il sera désormais connu sous le nom de Tchinkkiz Khan (Gengis Khan), le «souverain universel». 
En 20 ans de combats implacable, il parvient à réunir sous sa seule autorité toutes les tribus de Mongolie. 
Il est devenu le Khan des Khans. 
Khan signifie chef. Temouldji est le chef suprême, le Gengis Khan. Il n’a que 45 ans mais se trouve à la tête d’un empire immense. 

Comme un empire aussi grand doit avoir une capitale digne de lui ; Gengis Khan décide que celle-ci s’élèvera dans les plaines arides et désolées de Mongolie. Elle s’appellera Caracorum. Très vite, se dresse une cité aux puissantes murailles à l’abri desquelles on édifie de majestueuses constructions. Gengis Khan préfère pourtant continuer à vivre dans une immense tente de grosse étoffe blanche doublée de soie. C’est là que se tient sa cour, c’est de là qu’il gouverne, entouré de ses plus fidèles amis. 

Le code de Gengis Khan.

Le Yassak est le code promulgué par Gengis Khan au lendemain du Kouriltaï de 1206 pour tenter de donner une cohésion au peuple mongol (les peuples vaincus n'y furent pas soumis). Dans ce code, Gengis insiste sur le principe de sa souveraineté absolue et sur la nécessité de l'union des Mongols. Le Yassak constitue par ailleurs un code pénal exhaustif et rigoureux qui surprend par son sens de la justice (tout délit doit être attesté par trois témoins). Les grands qui oppressent les faibles sont condamnés sans appel. Le Yassak s'étend à tous les domaines de l'existence et il nous fait voir Gengis Khan sous un aspect méconnu. L'adultère est sévèrement puni, les beuveries sont autorisées… une fois par mois. Il est interdit d'uriner en public et de se baigner pendant un orage (?). Code civilisateur, le Yassak insiste sur les vertus chères aux nomades: quiconque ne partagera pas son repas avec le voyageur sera puni. Ce code s'étend à tous mais, faveur spéciale, les quatre compagnons fidèles du Khan verront leurs huit premiers délits pardonnés. 

Le conquérant de la haute Asie.

En quelques années, Gengis va emmener à la conquête du monde un peuple numériquement faible, déchiré par les luttes fratricides et à peine sorti de l'hégémonie turque. Les Mongols vont briser l'élan de l'islam vers l'est et mettre la chrétienté en danger. 

La conquête de la Chine.

Ayant réussi à unifier son peuple, Gengis Khan lance, en 1215, ses cavaliers à l'assaut de la Chine du Nord. Il dispose maintenant d’une armée imposante et disciplinée, capable de balayer les meilleures défenses. Il décide (cela paraît insensé à l’époque) d’attaquer la Chine qui se croit à l’abri derrière sa Grande Muraille. Une horde de 200 000 cavaliers conduits par leur chef invincible marche à la rencontre de l’ennemi. Ils abattent l’obstacle et se précipitent sur les défenseurs pétrifiés qui se font massacrer. Le flot immense de cavalier poursuit son avance implacable. Les Chinois se retranchent dans leur capitale, Pékin, déterminés à résister à tout prix. Mais aucune défense ne peut résister aux hordes des Mongols qui détruisent tout sur leur passage. Après un siège très court, Gengis Khan ordonne l’assaut. Les vainqueurs sont sans pitié pour les Chinois qui ont résisté héroïquement. Les soldats, mais aussi tous les habitants de Pékin sous passée au fil de l’épées ; la ville est entièrement rasée. 
Pékin brûle pendant 70 jours. Les cités résistent farouchement. Gengis crée un embryon de gouvernement avec les «quatre bureaux ouïgours». Il se tourne alors vers l'ouest et conquiert l'empire des Turcs Kara K'itaï (Kara-Khitaï, aujourd'hui Turkestan oriental): il est désormais maître de toute la haute Asie (1218). 

La conquête du Kharism.

En 1220, il détruit l'empire turc (rival du Kara K'itaï) du Kharism (ou Kharezm, aujourd'hui Turkménistan); il rend les populations musulmanes à leurs imans, tandis que Djebé et Subutaï contournent la Caspienne en un raid éclair et défont les Bulgares de la Volga et les Russes: l'Europe entend parler pour la première fois de Gengis Khan. Au Kharism, Gengis se montre moins dur qu'en Chine: les musulmans ne sont pas soumis à la sévère loi mongole. 

Après un intervalle de trois ans, Gengis Khan est de nouveau sur le pied de guerre. Prenant lui-même la tête d’une puissante armée, il s’attaque aux Arabes et réussit à occuper de vastes territoires d’Asie Orientale et d’Asie Mineure. Cependant son meilleur général est la terreur, car rien que son nom l’effroi. Il est synonyme de destruction et de mort. Les Européens de l’époque englobaient tous les Mongols sous le nom de Tartares, on les croyait en effet sortis de l’Enfer (Tartare). 

L'incarnation du péril jaune.
 

Cet homme alors âgé, bon vivant, amateur de festins, est aussi un personnage complexe. Il serait faux de voir en lui un barbare inculte: dans Karakorum, sa capitale, nestoriens, musulmans chiites et sunnites, mazdéens, bouddhistes, brahmanistes, taoïstes et même chrétiens romains viennent discuter religion et philosophie; Gengis les écoute avec intérêt.

C’est l’année 1227.

Pendant près de 60 ans, Gengis Khan a édifié un immense empire, le plus grand de tous les temps, plus vaste que celui de Napoléon ou d’Alexandre. Sentant sa fin approcher, il n’a qu’un regret : il ne réussira pas à conquérir toute la Chine. Il appelle ses fils et leur fait jurer de poursuivre l’oeuvre titanesque qu’il a entrepris. Ses fils jurent de la continuer. Ils tiendront promesse et la Chine sera un jour entièrement soumise à la Mongolie. 

Il aura une fin digne de lui. En 1227, il se dirige vers le royaume des Tangoutes du Kan Sou, pour assouvir une vengeance vieille de vingt ans, malgré la malédiction d'un moine tibétain. Il meurt au soir de la victoire, le 18 août 1227. On ne sut jamais si ce fut de maladie ou d'empoisonnement. Toujours est-il qu'il eut sa revanche: 300 000 têtes tangoutes étaient tombées dans la journée. 

Les proches de Gengis Khan :
Les quatre braves : Muqali (de la tribu des Jalair) Boro'ul (de la tribu des Jürkin, enfant trouvé) Bo'orcu (de la tribu des Arulad) Cila'un (de la tribu des Jalair) 
Les quatre "chiens" : Sübe'etei (Süböteï, de la tribu des Uriangqai, cadet de Jelme) Qubilai (de la tribu des Barula) Jelme (de la tribu des Uriangqai, aîné de Sübe'etei) Jebe (Djebe, "Flèche", de la tribu des Besüd) 
Les quatre enfants adoptés par mère Hö'elün, frères de lait de  Gengis Khan : Kücü (trouvé dans le camp des Merkid) Kököcü (trouvé dans le camp des Besüd) Siki Quducu (trouvé dans le camp des Tatar) Boro'ul (trouvé dans le camp des Jürkin, l'un des quatre braves) 

Conclusion.

Outre le retentissement considérable de ses conquêtes sur l'Asie et même sur l'Europe, on peut affirmer que l'influence de ce conquérant a été plus grande encore par-delà les siècles. Personnalisation anticipée du «péril jaune», il a sans doute fortement contribué à remuer les imaginations et à donner à l'Europe sa cohésion face à l'Asie. 


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