Marceline Desbordes-Valmore 

Marceline Desbordes-Valmore est née en 1786, à Douai, et elle est morte à Paris en 1859. Elle fut comédienne, chanteuse, mais c'est bien sûr la poésie qui l'a surtout fait connaître. Hugo et Baudelaire furent de ceux qui reconnurent son talent.

SOUVENIR
Son image, comme un songe,
Partout s'attache à mon sort ; 
Dans l'eau pure où je me plonge 
Elle me poursuit encor 
Je me livre en vain, tremblante, 
À sa mobile fraîcheur, 
L'image toujours brûlante 
Se sauve au fond de mon cœur.

Pour respirer de ses charmes 
Si je regarde les cieux, 
Entre le ciel et mes larmes, 
Elle voltige à mes yeux, 
Plus tendre que le perfide, 
Dont le volage désir 
Fuit comme le flot limpide 
Que ma main n'a pu saisir.

Ce magnifique poème exprime l'image obsessive de l'amour perdu, thème sur lequel Marceline Desbordes-Valmore revient constamment dans les années qui ont suivi sa rupture d'avec Henri de Latouche. Par ailleurs, la comparaison du souvenir à l'eau fuyante dans laquelle on se noie a fait songer, à Sainte-Beuve, à Ophélie, le personnage de Shakespeare.

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Poésies inédites

La jeune fille et le ramier

Les rumeurs du jardin disent qu'il va pleuvoir ;
Tout tressaille, averti de la prochaine ondée ; 
Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée. 
Plains-tu l’absent aimé qui ne pourra te voir ?
Là-bas, pliant son aile et mouillé sous l'ombrage,
Banni de l'horizon qu'il n'atteint que des yeux,
Appelant sa compagne et regardant les cieux,
Un ramier, comme toi, soupire de l'orage.
Laissez pleuvoir, ô cœurs solitaires et doux !
Sous l’orage qui passe il renait tant de choses.
Le soleil sans la pluie ouvrirait-il les roses ? 
Amants, vous attendez, de quoi vous plaignez-vous ? 

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vers romantiques