vers romantiques
Afred de Musset

(Paris, 1810 - Paris, 2.05.1857)
Ecrivain et poète français dont l'œuvre dramatique peut être considérée comme la contribution la plus originale et la plus réussie au théâtre romantique.
L'un des plus jeunes de la génération romantique (Hugo, Lamartine, etc.). On a souvent dit de lui qu'il était le plus classique des romantiques et le plus romantique des classiques. Rarement associé aux poètes maudits, délirants ou exaltés (Nerval, Rimbaud ou Artaud), il commit pourtant quelques frasques notables: en forêt de Fontainebleau, il tira dans le vide pour tuer son "double", 
ce fameux double qu'on retrouve dans la Nuit de Décembre et dans 
Les Caprices de Marianne. Ses amours avec Georges Sand connurent aussi 
des épisodes terriblement tumultueux. 

Né le 11 décembre 1810 à Paris dans un milieu aisé et cultivé, doué de grandes facilités, le jeune Musset mena une adolescence dissipée de dandy. Il entreprit des études de droit et de médecine, qu'il ne termina pas, et fréquenta, dès 1828, le Cénacle romantique chez Hugo et chez Nodier, où il rencontra notamment Vigny, Mérimée et Sainte-Beuve.
Précoce, brillant, célébré, il publia son premier recueil de vers, Contes d'Espagne et d'Italie (1829), à l'âge de dix-neuf ans et remporta un succès immédiat.
Auteur doué et sûr de son talent, il fut cependant profondément blessé et échaudé par l'échec de la Nuit vénitienne qu'il donna à l'Odéon; il décida alors que les pièces qu'il écrirait seraient désormais destinées non pas à la représentation, mais — fait original et presque unique dans la littérature française —, exclusivement à la lecture. 
Longtemps méconnu, son drame en cinq actes et en prose Lorenzaccio (qui ne fut représenté qu'en 1896) est un des chefs-d'œuvre du théâtre romantique, tant par la complexité de sa structure que par le caractère exceptionnel du personnage principal.

Chronologie de son oeuvre :

- 1832  Publication d'Un Spectacle dans un fauteuil. Ce recueil reprend Namouna, A quoi rêvent les jeunes filles et La Coupe aux lèvres: il s'agit de pièces que Musset destinait essentiellement à la lecture. 
- 1833  Composition de Rolla et des Caprices de Marianne. La même année, Musset tombe amoureux de George Sand. 
- 1834  Musset écrit Lorenzaccio, Fantasio et On ne badine pas avec l'amour. En février de la même année, à Venise, Musset tombe grièvement malade; George Sand le trompe. De retour à Paris, les deux artistes se réconcilient.  
- 1835  Composition de nombreux poèmes et, surtout, de deux importantes pièces de théâtre: Le Chandelier et Barberine. La même année, Musset entame la composition des Nuits
- 1836  Publication des Confessions d'un enfant du siècle où le poète fait le point sur ses aventures amoureuses et sur le spleen qui est à la fois le sien et celui de sa génération. 
- 1837  Musset complète la série des Nuits. A partir de cette date, l'écrivain est de moins en moins inspiré. De fait, l'alcool, la maladie et le désenchantement tarissent de plus en plus son imagination. A l'avenir, Musset ne composera guère que des contes et des œuvres commandées. 
- 1840  Publication des Comédies et proverbes
- 1841  Musset revoit George Sand dans les coulisses d'un théâtre et, sous le coup de l'émotion, il compose Souvenir
- 1852  Musset est admis à l'Académie française, alors que le public s'était détourné de lui, que son théâtre commençait timidement à être représenté et qu'il n'écrivait pratiquement plus. . 
- 1857  Musset meurt à Paris le 2 mai. 

A George Sand
(Recueil : Poésies posthumes)

Telle de l'Angelus, la cloche matinale 
Fait dans les carrefours hurler les chiens errants, 
Tel ton luth chaste et pur, trempé dans l'eau lustrale, 
Ô George, a fait pousser de hideux aboiements,

Mais quand les vents sifflaient sur ta muse au front pâle,
Tu n'as pu renouer tes longs cheveux flottants ; 
Tu savais que Phébé, l'Étoile virginale 
Qui soulève les mers, fait baver les serpents.

Tu n'as pas répondu, même par un sourire, 
A ceux qui s'épuisaient en tourments inconnus, 
Pour mettre un peu de fange autour de tes pieds nus.

Comme Desdémona, t'inclinant sur ta lyre,
Quand l'orage a passé tu n'as pas écouté, 
Et tes grands yeux rêveurs ne s'en sont pas douté.

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