vers romantiques
Alphonse de Lamartine

(Mâcon, 1790 - Paris, 28.02.1869)
Ecrivain et homme politique français dont l'œuvre poétique, d'inspiration lyrique, apparut comme une « révélation » à la jeune génération romantique.

Né à Mâcon le 21 octobre 1790 dans une famille de petite noblesse légitimiste sans grande fortune, Alphonse de Lamartine reçut une éducation soignée chez les jésuites. Il mena sous l'Empire la jeunesse oisive de ces royalistes intransigeants pour qui Napoléon, malgré toute sa gloire, n'était que «l'usurpateur». Une solide éducation classique, le contact avec les réalités de la campagne, des lectures désordonnées mais abondantes, un voyage à Naples en 1811 (au cours duquel il s'éprit de celle qu'il évoqua plus tard dans Graziella) constituaient une formation qui devait lui permettre toutes les ambitions.
En 1820, il fit paraître sous le titre de Méditations poétiques des poèmes qui le rendirent bientôt célèbre et qui sont considérés comme la première manifestation du romantisme en France. Ces vers lyriques, évoquant les inquiétudes amoureuses et spirituelles d'une âme tourmentée, correspondaient à la sensibilité d'un public que les auteurs classiques ne satisfaisaient plus.
Parues en 1820, les Méditations poétiques restent le chef-d'œuvre de Lamartine. 
Si la publication de ce recueil marque une date importante dans l'histoire de la poésie, puisqu'on y voit l'acte de naissance du romantisme en France, l'ouvrage reste assez conventionnel par sa forme.

Chronologie :

- 1797 La famille de Lamartine s'établit à Milly. Le poète conservera cette propriété jusqu'en 1860 et l'évoquera dans plusieurs de ses œuvres, notamment Milly et la Vigne et la Maison
- 1811 Lamartine voyage en Italie, entre autres à Naples où il entretient une liaison avec une Antoniella qui lui servira de modèle pour Graziella
- 1816 En octobre, le poète fréquente Julie Charles qui sera l'Elvire des Méditations et l'héroïne du Lac
- 1820 En mars, Lamartine publie Les Méditations poétiques. Le 6 juin, il épouse une anglaise, Marianne-Élisa Birch. Le couple voyage en Italie où Lamartine a été nommé attaché d'ambassade. 
- 1823 Publication des Nouvelles Méditations poétiques
- 1825 Composition du Dernier Chant du pèlerinage d'Harold, inspiré par Byron. 
- 1829 Le 5 novembre, Lamartine est élu à l'Académie française. 
- 1830 Mise en vente des Harmonies poétiques et religieuses. En décembre, il publie un poème Contre la peine de Mort
- 1832 Publication des Révolutions. La même année, Lamartine va en Orient où il visite notamment le Saint-Sépulcre. C'est pendant ce voyage, à Beyrouth, que meurt Julia de Lamartine.  
- 1836 Publication de Jocelyn. La même année, Jocelyn et Le Voyage en Orient sont mis à l'Index. 
- 1837 Lamartine est élu député de Mâcon et de Bergues. Dans les années qui suivront, Lamartine luttera contre la peine de mort, pour la suppression de l'esclavage, pour la paix et, de façon plus générale, pour les démunis. A la Chambre des députés, ses discours auront de plus en plus d'influence. 
- 1839 Mise en vente des Recueillements poétiques
- 1843-1847 Composition d'une Histoire des Girondins dans laquelle Lamartine chante la grandeur de la Révolution, allant jusqu'à, malgré son dégoût pour les excès de la Terreur, réhabiliter Robespierre. 
- 1848 Le 24 février, Lamartine devient ministre des Affaires étrangères. En décembre, il pose sa candidature à la présidence de la République. Il ne recueille que 17 910 voix. 
- 1850 Première de Toussaint Louverture. En juin et juillet, Lamartine voyage en Turquie. 
- 1856 Première édition du Cours familier de Littérature. C'est dans cette publication mensuelle que Lamartine fera paraître la Vigne et la Maison
- 1869 Mort d'Alphonse de Lamartine, le 28 février, à Paris. 

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L'automne 
extrait des Méditations poétiques

Salut, bois couronnés d'un reste de verdure,  
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !  
Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature  
Convient à la douleur et plaît à mes regards.  
Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire ; 
J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,  
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière  
Perce à peine mes pieds l'obscurité des bois.  

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