Je suis apparue au milieu de la rosée .
J’aimais tous ces enfants qui me chatouillaient.
Quand ils s’étendaient et qu’ils me respiraient,
je leur rendais une vigueur appréciée.
Un jour, je commençais à être vieille,
beaucoup d’hommes bizarrement habillés
et des cris au lieu des rires appréciés
ont remplacés ce grand bruit de tonnerre
D’eux, s’échappait un liquide rouge et poisseux
qui s’écoulait par un trou béant, nébuleux…
Ecrasés par des machines ronflantes
Ils expiraient dans d’atroces souffrances
Ce sang s’infiltrait dans la terre mouillée
Et j’étais là, impuissante, à m’en abreuver
J'ai flétri, mes forces m'ont abandonnées.
Quel goût amer impossible à supporter !
Moi, frêle brin d’herbe, je baisse les bras !
La boue m’épuise, je me fatigue
Loin, j’entends les enfants pleurer leur papa !
Voilà la fin, moi aussi je rend l’âme !
07/10/2001 et 22/11/02