Sectiond'Anderlecht

Du POB au PS

1 La création du P.O.B.

La création de la "Ligue ouvrière de Cureghem" a lieu probablement en même temps que la fondation du P.O.B. Dès fin 1885, on apprend en effet que les socialistes se réunissent au café "Au Nouveau Pied de Mouton", 42 chaussée de Mons, à Cureghem. Dans ce quartier industriel, en bordure de la Senne, la main d'œuvre ouvrière vit dans des conditions de misère et d'hygiène lamentables, et la "Ligue ouvrière de Cureghem" y trouve un terrain fertile pour appuyer ses nombreuses revendications politiques et sociales.

La commune d'Anderlecht est dirigée à l'époque par une coalition de libéraux et de catholiques, essentiellement des propriétaires fonciers, des industriels, des notables. Anderlecht est composée d'une zone rurale (le "village") et d'une zone industrielle et résidentielle (Cureghem).

Dès le premier vote plural, en 1895, les socialistes sont représentés par 6 conseillers sur les 25 qui composent le Conseil communal d'Anderlecht et ils obtiennent un premier poste d'échevin dévolu à Théodore BECKAERT. L'installation des Conseillers communaux socialistes ne se fait pas sans mal à cette époque, ceux-ci ayant quelques difficultés à "jurer fidélité au Roi et obéissance à la Constitution" en raison de leurs convictions républicaines et du caractère imparfait de la Constitution qui ne prévoit pas le suffrage universel. Les échanges au Conseil communal sont particulièrement animés.

A la mort de Théodore BECKAERT, en 1898, Adolphe WILLEMYNS prend sa succession.

En 1907, les socialistes obtiennent un deuxième poste d'échevin et Félix PAULSEN rejoint le Collège. Depuis cette époque, de nombreux leaders socialistes anderlechtois ont une aura qui dépasse largement les frontières de la commune. Guillaume MELCKMANS, qui sera une des grandes figures du socialisme anderlechtois, entame son action politique. Il devient Conseiller communal en 1903, et Echevin en 1911, succédant à Adolphe WILLEMYNS. Il s'attache d'emblée à deux objectifs: la création de nouvelles écoles et le développement de cités-jardins et d'habitations ouvrières. La guerre 1914-1918 interrompt l'activité communale: durant cette période où la population déshéritée souffre beaucoup, Guillaume MELCKMANS se consacre au secours à la population.



2 L'entre-deux guerres

Après la guerre, les socialistes restent la force la plus importante au Conseil communal mais n'obtiennent toujours pas le poste de Bourgmestre. Ils siègent néanmoins au Collège avec Guillaume MELCKMANS qui exerce les fonctions d'Echevin de l'Instruction publique.

La "Ligue Ouvrière de Cureghem" qui avait été rebaptisée "Ligue Ouvrière d'Anderlecht" avant la guerre s'appelle désormais la "Ligue Ouvrière Socialiste d'Anderlecht".

En 1926, les socialistes obtiennent pour la première fois le poste de Bourgmestre et c'est à Félix PAULSEN, qui vient d'être élu Sénateur, que sera confié cet honneur. Félix PAULSEN est rejoint au Collège par Guillaume MELCKMANS, qui est également Député depuis 1919, et Raymond VANDER BRUGGEN qui n'a que 28 ans à l'époque.

Après leur renvoi dans l'opposition en 1932, les socialistes reviennent en force en 1938 avec une majorité absolue et, bien entendu, le poste de Bourgmestre à la clé. Guillaume MELCKMANS, Félix PAULSEN et Raymond VANDER BRUGGEN étant tous trois décédés (en 1932, 1934 et 1937), c'est Marius RENARD, autre grande figure du socialisme anderlechtois, écrivain célèbre et Sénateur lui aussi (de 1932 à 1948), qui occupe la fonction. Jean JOSEE, premier échevin, Joseph VAN HELLEMONT (qui sera également Député de 1947 à 1951), Charles DE TOLLENAERE, Jean DRAPIER et Henri GENESSE complètent l'équipe échevinale.

Mais la guerre met bien entendu un frein à l'action des socialistes à Anderlecht. Nombre d'entre eux seront envoyés en captivité, prendront une part active à la résistance à l'occupant ou paieront de leur vie leur attachement à la démocratie et aux idéaux socialistes.



3 Après la 2e guerre mondiale

A l'issue de la guerre, Marius RENARD étant revenu malade de sa captivité, c'est Joseph BRACOPS, auréolé de son prestige de résistant, qui est choisi par les socialistes pour les mener au combat électoral (1946) et occuper le poste de Bourgmestre. Joseph BRACOPS, syndicaliste enseignant avant la guerre, était en effet devenu membre du Comité exécutif du Parti socialiste clandestin et venait d'être désigné comme Membre de la Chambre des Représentants.

Les échevins qui faisaient partie du Collège avant-guerre ont eux été reconduits dans leurs fonctions à l'exception de Jean DRAPIER qui a cédé sa place à la seule échevine communiste que la Commune ait connu. Sous l'impulsion de Joseph BRACOPS, les socialistes anderlechtois connaissent près de 20 années de succès, allant jusqu'à totaliser 64,6% des voix lors des élections de 1958. Ces succès reposent principalement sur la politique urbanistique tout à fait novatrice menée par l'équipe au pouvoir, sur une politique sociale particulièrement développée ainsi que sur la conviction qu'un enseignement officiel performant peut seul offrir aux jeunes anderlechtois la possibilité de s'émanciper. En cela, Joseph BRACOPS se place pleinement dans la lignée de ses prédécesseurs, Guillaume MELCKMANS, Félix PAULSEN et Marius RENARD.

La vie de la section, outre les activités à caractère politique, est centrée autour de 3 grands banquets qui se déroulent chaque année à l'occasion de la commémoration de la Commune de Paris, du 1er mai et du Noël rouge. Une fancy-fair est également organisée dans les jardins de la Maison du Peuple.

Au niveau du Collège, de nouveaux échevins apparaissent progressivement en remplacement de leurs prédécesseurs décédés: Pierre SCHLOSSER en remplacement de Charles DE TOLLENAERE (1947), remplacé lui-même par Josse LEEMANS (1949), Victor OLIVIER succède à Joseph VAN HELLEMONT (1951), Guillaume (Willy) CUMPS en remplacement lui-même de Victor OLIVIER en 1957 et Emile VAN HOVE à la place de Jean JOSEE en 1957 toujours. Aux élections de 1958, Henri GENESSE abandonne son mandat d'Echevin qui est repris par Isidore VANDEN EYNDE. Henri ROYEN entre également au Collège après les élections de 1952 en reprenant la place laissée libre par le fait que les communistes ne participent plus à la majorité. De 1958 à 1964, la même équipe composée de Joseph BRACOPS, Josse LEEMANS, Henri ROYEN, Guillaume CUMPS, Emile VAN HOVE et Isidore VANDEN EYNDE reste aux commandes. La section compte également à l'époque un Sénateur, Georges PAPY, qui occupera son mandat de 1963 à 1965 suite au décès de Jeanne-Emile VANDERVELDE dont il était le suppléant.

Après les élections de 1964, trois nouveaux échevins font leur apparition au Collège: Henri SIMONET, Valentin UYTTENHOVE et Henri VAN VYNCKT.

En 1966, Joseph BRACOPS décède à l'âge de 66 ans. C'est Henri SIMONET, Chef de Cabinet du Ministre de l'Economie, Antoine SPINNOY, qui sera choisi par les socialistes pour lui succéder au poste de Bourgmestre. La présidence de la section est, elle, transmise à Emile VAN HOVE pour quelques années avant d'être reprise également par Henri SIMONET. François FLORENS fait son entrée au Collège à ce moment.

Sous la direction d'Henri SIMONET, le visage d'Anderlecht continue à se modifier. L'implantation de l'hôpital Erasme sur le territoire d'Anderlecht, pour laquelle il a particulièrement œuvré en tant que président du Conseil d'administration de l'ULB permet du même coup le développement économique de toute cette partie de la commune.

L'époque est propice aux tensions communautaires et on voit naître et se développer des partis dont l'existence repose sur des revendications à caractère linguistique. Le PSB n'échappe pas à ces remous et on voit apparaître dès 1968 une volonté de scission au sein même des sections bruxelloises. C'est l'époque des "Rode Leeuwen" qui amène la direction de la section à réagir vigoureusement en ces termes: "Il nous revient qu'une section groupant des camarades d'expression néerlandaise est en voie de constitution à Anderlecht. En agissant de la sorte, ils sont en contradiction avec les statuts du Parti qui n'admettent qu'une seule section par commune. […] Les socialistes, qu'ils soient d'expression française ou néerlandaise, doivent travailler ensemble pour réaliser un même idéal, établir une société plus fraternelle, tendre vers plus de justice sociale et plus de bien-être dans la paix et la liberté."

Henri SIMONET mène, parallèlement à ses activités locales, une carrière en vue au niveau national et même international. C'est ainsi que, outre ses mandats de Député, il occupe successivement les postes de Ministre des Affaires économiques en 1972, de Commissaire européen entre 1972 et 1977 ainsi que de Ministre des Affaires étrangères entre 1977 et 1979. Durant toutes ces périodes où il ne peut exercer son mandat local, c'est Guillaume CUMPS qui sera désigné en tant que Bourgmestre ff. Ce dernier a en outre été Membre de la Chambre des Représentants de 1974 à 1977.

Au cours de cette période, plusieurs nouveaux échevins ont fait leur apparition au Collège: Christian D'HOOGH en 1971, Suzanne LALEMAND, René DE POTTER et Jean BECKERS en 1977 et Raymond COPPIETERS en 1983.



4 L'histoire récente

Les soubresauts locaux trouveront un écho au niveau national et, en 1978, le P.S.B. est scindé en deux partis distincts, l'un francophone, le PS; l'autre néerlandophone, le SP.

Alors qu'il vient d'être redésigné à la tête de la commune en 1983, Henri SIMONET décide en 1984 d'abandonner la vie politique et quitte son mandat de Bourgmestre (il se présentera néanmoins quelques mois plus tard sur les listes libérales aux élections législatives). Christian D'HOOGH lui succède tant au mayorat qu'à la présidence de la section tandis que Jacques MALVAUX fait son entrée au Collège.

Christian D'HOOGH, réélu en tant que Bourgmestre en 1988 et 1994, va durant tout son mandat continuer le travail d'Henri SIMONET sur le plan du développement économique de la commune. Monique VAN LIERDE à l'éducation et Guy VANDER PERRE à l'Etat civil viennent en 1988 renforcer l'équipe socialiste au Collège.

Quelques mois avant la fin de son dernier mandat, Christian D'HOOGH cède la présidence de la section à Eric TOMAS qui, tout en étant Secrétaire politique de la section, avait développé sa carrière au niveau national (en tant que parlementaire depuis 1985) et au niveau régional et communautaire (en tant que ministre depuis 1993).

C'est Eric TOMAS qui est choisi par la section pour mener la liste socialiste au combat électoral communal d'octobre 2000. Bien que pour la première fois depuis 1964, la tendance à la baisse du nombre de sièges ait été inversée, les socialistes sont victimes d'un préaccord électoral conclu entre les libéraux et les écologistes. Ils sont renvoyés dans l'opposition pour la première fois depuis 1938.


 

 

1. La création du POB
2. L'entre-deux guerres
3. Après la 2e guerre mondiale
4. L'histoire récente

Les locaux
La presse
Les cercles d'éducation populaire
L'action commune

Les locaux

A partir de 1906, les socialistes se réunissent dans un bâtiment situé au 423 chaussée de Mons. La Maison du Peuple est un ancien château racheté par la société coopérative "La Maison du Peuple" qui dispose de nombreuses succursales à Bruxelles et qui vend tous les produits de consommation courante (épicerie).

Il s'agit alors d'un bâtiment dans un vaste jardin, situé entre la Chaussée et le canal (près du "Pont du Canal", en face de l'ancienne gare de Cureghem). On y retrouve un café, une salle des fêtes et de gymnastique au premier étage. Toutes les activités y sont regroupées: celles du Parti et celles de nombreux groupements associatifs liés au mouvement ouvrier.

En 1928, on construit un bâtiment à front de la Chaussée de Mons où le café et l'épicerie sont installés. A l'arrière du bâtiment se trouve une salle des fêtes de 800 places et à l'étage, les salles de réunion. L'ancien bâtiment a été démoli et seule l'aile où se trouvait la salle de gymnastique a été conservée.

Dans les années '70, après la faillite de la Société coopérative, la Maison du Peuple est vendue. Le bâtiment à front de rue existe toujours et est occupé par un home pour personnes âgées.

Pendant plus de 15 ans, les réunions du Parti se sont alors déroulées dans des locaux de la Mutuelle socialiste (rue de Fiennes et chaussée de Mons), des salles privées ou des locaux communaux.

Mais la nécessité de disposer de locaux propres s'est à nouveau fait sentir. En 1987, le Parti Socialiste soutient le rachat d'un ancien magasin d'électroménager situé avenue Théo Verbeeck et y installe une salle de réunion et des locaux administratifs. C'est l'actuel "Trait d'Union".

 

La Presse

Les socialistes anderlechtois ont toujours accordé une grande importance à la diffusion par voie de presse de leurs idées.

En 1920, ils créent "Le Travailleur", un journal mensuel adressé aux membres de la Ligue ouvrière, aux abonnés et en vente dans différentes librairies. On y annonce les différentes manifestations du Parti et des groupements associés et on y commente la politique communale. Après la guerre, la publication du Travailleur reprend dans une nouvelle série. Il est alors destiné exclusivement aux membres du PSB.

Dans les années '70, une nouvelle formule est mise sur pied: "Force socialiste" devient l'organe de la section. "Force socialiste", bien qu'il ait évolué au cours du temps pour rester en phase avec l'évolution de la société, reste encore à l'heure actuelle le moyen privilégié de la section pour communiquer avec ses affiliés. Il paraît quatre fois par an.

En 1998, il est toutefois apparu nécessaire de disposer également d'un instrument pour communiquer avec l'ensemble des Anderlechtois: le "Trait d'Union" est né. Distribué quatre fois par an dans toutes les boîtes anderlechtoises par les militants, le "Trait d'Union" permet au PS anderlechtois de faire connaître ses manifestations et ses prises de position politiques auprès de l'ensemble de la population. Le PS anderlechtois est le seul parti politique à maintenir un tel effort d'information avec cette régularité.

 

L'action commune

Le Parti Ouvrier Belge est fondé sur le principe de l'affiliation collective. C'est-à-dire qu'on ne s'y affilie pas forcément directement. Tous les membres de la mutuelle socialiste, du syndicat socialiste, les coopérateurs de la Maison du Peuple… sont également membres du P.O.B. La création du PSB après la guerre a mis fin à ce système et les affiliations sont alors devenues individuelles. Néanmoins, jusque dans les années '70, pour pouvoir être candidat aux élections sur la liste socialiste, il fallait prouver qu'on était également affilié à la FGTB, à la Fédération des Mutualités socialistes et sociétaire à la Coopérative.



Les cercles d'éducation populaire

La vie associative à une époque où n'existe ni radio, ni télévision, ni cinéma, est fort importante. On assiste ainsi successivement à la création :
- des Enfants du peuple d'Anderlecht, en 1901
- du cercle de gymnastique "La Fraternité", en 1902
- du cercle dramatique "Le Progrès" et de son équivalent néerlandophone "Moedig Vooruit", en 1906
- de l'Harmonie socialiste d'Anderlecht, en 1907
- du cercle choral "Le Flambeau", en 1911

A partir de 1926 se développent en Belgique les activités des Faucons rouges, les scouts socialistes, dont le concept avait été créé en Autriche l'année précédente. Plus de 80 ans plus tard, la section d'Anderlecht des Faucons rouges est toujours en activité et reste l'une des plus dynamiques de Bruxelles.

Le Parti a également de tous temps organisé des activités pour les plus anciens de ses membres. Emmanuel CALLEBAUT et sa femme animaient le groupe "Les Amis des Vieux" qui sont devenus en 1951 les "Pensionnés socialistes" sous l'impulsion de Gabriel MICHIELS. C'est de cette époque que date l'habitude d'organiser une après-midi récréative tous les derniers samedis du mois. D'abord à la Maison du Peuple, puis à la salle omnisports du Parc Astrid et enfin à l'école de la rue des Fruits.

 


Tract 1958


Tract 1964


Tract 1970


Tract 1973


Tract 1976


Tract 1946


Tract 1958


Tract 1932


La première Maison du Peuple - 1907


Le bâtiment
chée de Mons


Le Travailleur 1936


Meeting 1944


Le Flambeau


Drapeau 1911

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