Les élections

1 De la création du P.O.B. à la Première Guerre mondiale
| Elections de 1895 | Elections de 1903 | Elections de 1907 | Elections de 1911 |
2 L'entre-deux guerres
| Elections de 1921 | Elections de 1926 | Elections de 1932 | Elections de 1938 |
3 L'après-guerre
| Elections de 1946 | Elections de 1952 | Elections de 1958 | Elections de 1964 |
| Elections de 1970 | Elections de 1976 | Elections de 1982 | Elections de 1988 |
| Elections de 1994 | Elections de 2000 |
1 De la création du P.O.B. à la Première Guerre mondiale
Depuis 1830 jusqu'en 1872, tous les bourgmestres d'Anderlecht étaient catholiques. Cette situation tenait notamment au fait que les élections se déroulaient par hameau, ce qui donnait un poids proportionnellement plus important aux quartiers ruraux de la commune par rapport au quartier industriel de Cureghem. En 1872, suite aux pressions exercées par les industriels de Cureghem pour scinder la commune en deux nouvelles entités, la Députation permanente décide de ne plus organiser les élections par hameau mais avec un seul collège électoral pour toute la commune. Suite à cela, 10 Conseillers communaux sur 13 provenaient de Cureghem. Pour la première fois, un Bourgmestre libéral, Jérôme VAN LINT, prenait la tête de la Commune. Les deux échevins qui formaient, avec lui, le Collège étaient tous deux catholiques.
En 1882, le nombre d'échevins était porté à quatre, ce qui permettait de désigner également deux échevins libéraux. De 1872 à 1884, l'ensemble du Conseil mène une "politique d'union communale" caractérisée notamment par le fait que les budgets étaient toujours votés à l'unanimité.
A partir de 1885, en réaction aux problèmes politiques nationaux (enseignement) se met en place un Conseil communal organisé sur le schéma majorité / opposition. Le Conseil, qui est passé à 16 membres compte 10 progressistes et 6 catholiques. Le Collège, sous la direction du Bourgmestre Georges MOREAU, est composé de quatre échevins libéraux.
En 1894, le système électoral est modifié pour mettre en place le vote plural. L'"amendement Helleputte" a en outre créé la possibilité de compléter le Conseil communal par des Conseillers supplémentaires élus directement par les citoyens inscrits sur les listes des électeurs communaux et réunissant les conditions pour participer aux élections du conseil de l'industrie et du travail. A Anderlecht, quatre Conseillers étaient ainsi désignés, deux par les électeurs ouvriers et deux par les chefs d'industries.
a Elections de 1895
Le renouvellement intégral du Conseil s'opère en novembre 1895. Dorénavant, le Conseil sera élu pour huit ans avec un renouvellement par moitié tous les quatre ans. Deux séries de Conseillers sont donc désignés : les uns dont le mandat a pris fin le 1er janvier 1900 et les autres dont le mandat a pris fin le 1er janvier 1904. Une liste d'"Union démocratique", composée de l'Association libérale et de la Ligue ouvrière de Cureghem-Anderlecht se présente à ce scrutin et obtient 14 élus sur les 25 que compte dorénavant le Conseil. Le Collège est formé du Bourgmestre Georges MOREAU et de trois échevins libéraux ainsi que d'un échevin socialiste. Cette union s'est maintenue jusqu'aux élections de 1903.
Le renouvellement partiel du Conseil a lieu fin 1903. Sur 29 Conseillers, 12 sont catholiques, 9 sont libéraux et 8 sont socialistes. Lors d'un ballottage entre un candidat libéral et un socialiste, il apparaît que 920 électeurs qui avaient voté socialiste au premier tour ont donné leur voix au candidat catholique. Suite à cela, la Ligue libérale d'Anderlecht demande que la coopération avec les socialistes soit rompue. Cette vision n'est pas partagée par tous les conseillers libéraux et elle entraîne des dissensions au sein du groupe. Malgré l'importance du groupe catholique, les libéraux gardent le poste de Bourgmestre et deux postes d'échevins. Pour leur part, les socialistes et les catholiques s'entendent pour que tous deux soient représentés au Collège par un échevin. La répartition des compétences entraîne toutefois d'âpres discussions.
En octobre 1907, suite aux élections partielles de douze conseillers, les catholiques obtiennent 3.399 voix, les socialistes 2.723 voix et les libéraux 2.007 voix. Ainsi, les catholiques gagnent deux sièges sur les libéraux. Cependant, ce sont les socialistes qui bénéficient de la baisse des libéraux, en obtenant un deuxième poste d'échevin. La répartition des compétences au sein du Collège entraîne à nouveau de nombreuses polémiques et les réorganisations sont fréquentes entre 1908 et 1912.
En février 1911, soit huit mois avant les élections de "la grande moitié" du Conseil communal, un des deux échevins socialistes décède et, lors de l'élection de son remplaçant, tous les conseillers catholiques quittent la séance. Cette réaction n'est pas anecdotique ; elle révèle la tension qui existe et la volonté, pour les conseillers catholiques, de rompre le pacte conclu en 1904. Aux élections d'octobre 1911, les libéraux et les socialistes forment un "cartel" et obtiennent 6.695 voix contre 5.917 voix pour les catholiques. La représentation en sièges donne sept conseillers pour le cartel" et six pour les catholiques. Les sept Conseillers élus dans le "cartel" sont tous libéraux ; un accord étant intervenu, trois d'entre eux démissionnent au profit des trois suppléants socialistes. Par ailleurs, l'élection des conseillers supplémentaires est également organisée en octobre : les électeurs ouvriers élisent un conseiller socialiste et un conseiller catholique, et les patrons élisent un conseiller libéral et un conseiller catholique.
Lors de la séance du 1er février 1912, le conseil communal procède à l'élection des échevins. Contrairement à l'objectif du "cartel", et après que le Bourgmestre ait présenté la candidature de l'échevin sortant CRICKX, soutenu par "le groupe des gauches", le conseiller libéral MATHIEU propose la candidature "d'un vrai libéral", à savoir le conseiller DENIS. Ainsi, cette élection oppose deux conseillers libéraux, dont un, CRICKX, est soutenu par la majorité du groupe libéral et par les socialistes, et l'autre, DENIS, est soutenu par deux conseillers libéraux et par les catholiques. C'est ce dernier qui l'emporte par 15 voix contre 14, ce qui entraîne une série d'incidents se concluant par le départ des conseillers socialistes et des conseillers libéraux, à l'exception du Bourgmestre, de MATHIEU et de DENIS. Après ces départs, le conseil procède à l'élection des trois autres échevins ; sont élus DUJARDIN, l'échevin catholique sortant, MATHIEU et CRICKX. De cette manière, les socialistes sont éloignés des affaires communales malgré la volonté de la majorité des libéraux, dont le Bourgmestre, et le Collège est composé du Bourgmestre et d'un échevin libéral "des gauches", d'un échevin catholique et de deux échevins libéraux "anti-socialistes", selon les termes utilisés par MATHIEU au Conseil communal lors de son élection en tant qu'Echevin.
En cours d'année, la situation se régularise et les socialistes retrouvent leur place au Collège.
a Elections de 1921
En 1921, les socialistes forment le plus grand groupe du Conseil avec 35% des voix et 12 sièges sur 29. Ils sont au Collège mais Ferdinand DEMETS, Bourgmestre libéral depuis 1919, garde néanmoins son poste.
En 1926, les socialistes confirment leur résultat de 1921 et maintiennent leurs 12 sièges. Ils font alliance avec les catholiques qui, comme les libéraux, totalisent 8 sièges. Pour la première fois de leur existence, les socialistes occupent le poste de Bourgmestre et confient le mandat à Félix PAULSEN. Deux autres échevins socialistes et trois catholiques complètent le Collège.
Aux élections de 1932, les socialistes, forts de leurs 20.501 voix (45,27%), obtiennent 16 sièges sur 33. Le P.O.B. sera cependant exclu du Collège, les libéraux (6 sièges) et les catholiques (11 sièges) ayant constitué une coalition. Pour les socialistes, il s'agit d'une véritable "usurpation du pouvoir", puisque non seulement ils sont rejetés dans l'opposition alors qu'ils n'étaient qu'à un siège de la majorité absolue; mais en plus, l'attribution du 33e et dernier siège a fait l'objet d'une violente contestation sur la manière de calculer le quotient électoral. C'est le libéral Théophile LAMBERT qui assume à partir de 1933 les fonctions de Bourgmestre.
En 1936, un Conseiller catholique passe au parti rexiste (extrême droite) et met en péril la majorité qui ne tenait qu'à une voix. La fin de la législature est dès lors particulièrement agitée.
Après leur désillusion de 1932, les élections de 1938 font figure de revanche pour les socialistes. Le P.O.B. obtient 17 sièges sur 33; soit une majorité absolue pour la première fois de son histoire anderlechtoise. Les libéraux obtiennent 5 sièges et les catholiques 8 sièges lors de ces élections qui voient apparaître pour la première fois des élus communistes (1 siège) et rexistes (2 sièges). Suite à la majorité absolue du P.O.B., le Collège est composé de manière homogène par les socialistes sous l'impulsion du nouveau Bourgmestre, Marius RENARD.
a Elections de 1946
Le 24 octobre 1946, de nouvelles élections communales ont lieu. L'évolution générale des résultats de 1946 à Anderlecht est semblable à la tendance nationale. Le Parti Socialiste, avec 44,44% des voix obtient 16 sièges (sur 33), tandis que le Parti Communiste, avec 14,08% des voix obtient 4 sièges. Ils formeront une coalition dans un Collège composé du Bourgmestre Joseph BRACOPS, de quatre échevins socialistes ainsi que d'une échevine communiste Claire MARTCHOUK-VANDEN BOOM. Comme partout ailleurs, on remarque à Anderlecht la disparition de l'extrême droite. Les catholiques reprennent la place qu'ils avaient en 1932 (30,56% des voix) tandis que les libéraux marquent un net recul passant de 15,97% des voix en 1938 à 10,91% des voix en 1946. En cours de législature, après de nombreuses tensions entre socialistes et communistes, le passage au PSB d'un élu communiste donne aux socialistes la majorité absolue. Lors d'une discussion relative au prix de l'électricité, l'échevine communiste se désolidarise du Collège et ses attributions lui sont retirées.
Les élections de 1952 se caractérisent par une nouvelle victoire du parti Socialiste. Il ne s'agit plus, comme en 1946, d'une victoire de la gauche mais spécifiquement du parti Socialiste. Le Parti Socialiste obtient en effet 61,35% des voix et 22 sièges sur 33. Les catholiques obtiennent 7 sièges, les libéraux 3 et les communistes 1. Joseph BRACOPS a réussi son pari de faire d'Anderlecht un véritable bastion du socialisme. Il est reconduit en tant que Bourgmestre à la tête d'une équipe socialiste homogène.
En 1958, le Parti Socialiste anderlechtois connaît le plus important succès de son histoire avec 64,6% des suffrages exprimés. Face aux 24 élus socialistes, les catholiques se maintiennent quelque peu (8 élus) mais les libéraux sombrent complètement avec un seul élu.
En 1964, malgré une légère baisse en voix (63%), les socialistes gagnent un siège. Joseph BRACOPS peut fêter son quatrième succès d'affilée. Face à eux, l'opposition se rééquilibre quelque peu avec 6 sièges pour les catholiques et 4 pour les libéraux.
Aux élections de 1970 apparaissent pour la première fois les partis communautaires : le FDF obtient 4 sièges et la liste Vlaamse Belangen 1. Du côté socialiste, Henri SIMONET, qui a succédé en tant que Bourgmestre à Joseph BRACOPS à sa mort en 1966, maintient 25 sièges (sur 37). Ce sont les libéraux qui subissent le plus la poussée du FDF en retombant à 2 sièges. Le Collège reste socialiste homogène.
En 1976, la poussée communautaire prend de l'ampleur: le FDF totalise 18,1% des voix et la liste Vlaamse Belangen 6,6%. Les socialistes retombent à 44,8% des voix mais conservent leur majorité en sièges (25 sur 47).
Aux élections de 1982, le morcellement du paysage politique se poursuit avec l'arrivée des écologistes (2 sièges). Les socialistes perdent pour la première fois leur majorité absolue depuis 1952 puisqu'ils ne disposent plus que de 22 sièges sur 45. Les sociaux-chrétiens flamands viennent compléter la majorité.
En 1988, on assiste à une scission de la liste libérale. La section libérale locale avec Omer HUYLEBROUCK et Francis BARIDEAU choisit de se présenter sur la liste socialiste mais le PRL national lui refuse le sigle et confie à Jacques SIMONET la mission de mener une liste libérale "orthodoxe" en cartel avec le FDF. La liste du Bourgmestre Christian D'HOOGH obtient 21 sièges sur 43 et s'allie avec les sociaux-chrétiens (tant francophones que néerlandophones) pour former une majorité.
Les élections de 1994 sont marquées par une arrivée en force des fascistes du Front National au Conseil communal (7 sièges sur 43). Les socialistes n'obtiennent que 22% des voix (13 sièges). L'apport du PRL (7sièges) avec qui un accord préélectoral avait été conclu s'avère insuffisant et la majorité est élargie au FDF (5 sièges).
En 2000, la liste PS-SP remonte à 28% des voix et gagnent un siège. Toutefois le PRL et le FDF qui se présentaient sur une liste commune et les écologistes avec qui ils avaient conclu un accord préélectoral forment l'ossature d'une nouvelle majorité qui est élargie aux sociaux-chrétiens flamands. Malgré leur remontée, pour la première fois depuis 1938, les socialistes sont renvoyés dans l'opposition à Anderlecht.