Comme à Genève, la masse critique se fera en musique. C'est la bike party. Grâce à une remorque équipée d'une sono, un programme musical "spéciale vélorution" sera diffusé durant le trajet de la balade. La bike party joint le festif au revendicatif, une heure de délire musicale afin de réclamer un repartage de l'espace accaparée par l'auto. Le parcours convient aux rollers. Certains de ceux-ci seront de la partie.
Le pourquoi de l'action
La politique régionale de mobilité basée sur une fluidification du trafic (contrat de mobilité) ne s'attaque nullement à la véritable cause de la congestion de Bruxelles. Il y a trop d'autos à Bruxelles. Cette politique ne fait que retarder un peu l'issue fatale. Avec l'augmentation actuelle du nombre de voitures (+/- 20 voitures par jour, +2 % par an), Bruxelles va droit vers la paralysie totale. Les nouveaux parkings autos sont que des nouvelles pompes à bagnoles aggravant encore un peu plus le cahot sans résoudre véritablement le problème du parking sauvage déjà généralisé.
Plus de place pour l'auto,
c'est plus d'autos. le contraire est aussi vrai et a été prouvé. Moins de place pour
l'auto, c'est moins d'autos. La mobilité quon associe à la voiture
individuelle se confond à des images apocalyptiques de paralysie des villes, en millions
d'heures perdues dans les embouteillages. La rue de la Loi ne pourra jamais transporter
plus que 10.000 personnes à l'heure. Une seule bande réservée aux bus ou aux vélos
permet d'atteindre ce chiffre ! Le vélo permet de faire circuler 7 fois plus de personnes
en une heure sur un espace de 3,5 m de large !
Tant que le postulat de nos décideurs sera "Priorité à la voiture tant qu'il n'y a pas de bon transport en commun", la congestion n'est pas prête d'être résolue. Ce dogme conduit à de mauvais transport en commun et donc à davantage de voitures. Il faut inverser cette tendance : les moins encombrants d'abord, le reste ensuite. Les accords de coopération Etat-Région montre bien que l'on n'est pas encore sorti de la logique du "tout à l'auto". Les projets de travaux d'autoroutes urbaines (mise en sens unique autour de la VUB-ULB, tunnel autoroutier bd Léopold III) vont à contre courant de ce qui se fait dans les villes citées en modèle pour leur politique de diminution du trafic : Strasbourg, Gand, Bâle, Genève,
A Bruxelles, le potentiel du vélo est négligé alors que 50% des trajets effectués en voiture couvrent des distances de moins de 5 km (distance où le vélo est toujours gagnant). Dans ce seul créneau, le vélo peut avantageusement remplacer la voiture, contribuant ainsi directement à la résorption des embouteillages. Mais, les retards perpétuels dans la réalisation des ICRs compromettent la promotion du vélo. Comment convaincre les bruxellois d'essayer le vélo s'il n'y aucune volonté polique de repartager l'espace accaparée par l'auto en faveur des moyens alternatifs et durables de déplacement dont le vélo.
Plus que des millions budgetés (mais jamais dépensés), placeovelo demande que l'on accorde une vraie place aux cyclistes à Bruxelles. Ce n'est pas des logos vélos marqués au milieu du trafic auto qui vont remettre les cyclistes en selle (av. de la Couronne). Chaque fois qu'il y a un manque de place, les cyclistes sont oubliés (axe royal) ou écartés pour ne pas géner le trafic auto (pont de Laeken). Monsieur Chabert préfère dépenser des millions pour des passerelles supplémentaires au pont de Laeken alors qu'il y a assez de place sur le pont. Mais restaurer la piste cyclable dangereuse du boulevard Lambermont ou améliorer la cyclabilité sur les grands boulevards ne sont pas sa priorité.
De exemples existent dans des villes avant dédiées à l'auto où l'on a osé supprimer une bande auto pour créer une piste cyclable (3 bandes auto ð 2 bandes autos + 1 piste cyclable). A Bruxelles, le long de la pleine des manuvres (VUB), on a vient de supprimer un restant de piste cyclable et celle qu fait le tour du campus sert de parking auto. Les seuls aménagements cyclables réalisés sur les voiries régionales sont quelques sas (cases avancées). Mais ceux-ci sont presque tous effacés (la peinture régionale ne dure que 6 mois) et lorsqu'ils sont repeints, les ouvriers oublient systématiquement la bande d'accès qui est obligatoire. Placeovelo exige une généralisation des sas pour les cyclistes à tous les carrefours régionaux. Grâce à ce type d'aménagement simple à réaliser, la reconquête des grands boulevards par les cyclistes peut commencer et évitera que ceux-ci soient définitivement transformés en autoroute urbaine. Une politique cyclable n'est crédible que si celle-ci donne de l'espace au vélo., même sur les grands boulevards.
Timing et plan de l'action