Le pourquoi de l'action
A Bruxelles, on continue envers et contre tout à parler de parkings
supplémentaires en ville. Alors que les parkings publics sont au deux tiers vides, le
parking sauvage est généralisé. Avec des policiers trop occupés à fluidifier la
circulation aux carrefours régionaux (contrat de mobilité) qu'à verbaliser les autos
mal garés, pas étonnant que le sentiment d'impunité des automobilistes soit si fort. On
agirait pas mieux pour encourager l'automobiliste à penser que, tant qu'il n'y plus de
parking il a bien le droit d'occuper le trottoir.
Pour cacher son impuissance, on fragmente encore le problème ou on cherche le bouc émissaire : par exemple, les bons automobilistes de Bruxelles et les mauvais navetteurs de la périphérie. On parle de mesures fiscales, de gadgets high-tech, péages etc.. Aucune de toutes ces solutions n'est satisfaisante.
Plus de place pour l'auto, c'est plus d'autos. Le nombre dauto continue à augmenter de 2% par an à Bruxelles. On compte désormais en millions les heures perdues dans les embouteillages. La mobilité quon associe à la voiture individuelle se confond à des images apocalyptiques de paralysie des villes. Tant que le postulat de nos décideurs sera "Priorité à la voiture tant qu'il n'y a pas de bon transport en commun", cela n'est pas prêt de s'arrêter. Ce dogme conduit à de mauvais transport en commun et donc à davantage de voitures. Il faut inverser cette tendance : les moins encombrants d'abord, le reste ensuite.
La potion magique du
transfert modale de l'auto vers modes de déplacements durables nest possible que si
lespace est repartagé en faveur des piétons, cyclistes et transports en commun de
surface. La réduction de lusage de la voiture est devenue une condition nécessaire
du maintien de la mobilité en voiture.
Stop à l'autosoliste, Bruxelles n'est pas extensible". A Bruxelles, le potentiel du vélo est négligé alors que 50% des trajets effectués en voiture couvrent des distances de moins de 5 km. Dans ce seul créneau, le vélo peut avantageusement remplacer la voiture, contribuant ainsi directement à la résorption des embouteillages.
Le vélo contribue à la politique générale de revalorisation de
lenvironnement urbain et damélioration de la qualité de ville, et il
mobilise comparativement peu de moyens financiers. Dommage que les décideurs politiques
ne lont pas encore compris.
Timing et plan de l'action
Deux cadres en bois de 3m sur 1,5m représentant la place que prend l'auto ont été construits pour la masse critique. Ceux-ci étaient équipés de plaque au nom évocateur d'OZONE et BENZENE. SMART 2 aurait peut-être été plus judicieux pour le thème de l'action. Une 15ène de cartons format A3 avec des slogans et images à se mettre dans le dos ont été aussi distribués aux participants.
Malgré la pluie de 4h, à 5h il
faisait beau. Une vingtaine de cyclistes était présente à Mérode. Mais on décida
d'attendre l'arrivée de 10 cyclistes qui faisaient le tour du monde pour la paix pour
démarrer. Ce temps fut mis à profit pour convaincre quelques cyclistes de passage de
participer et d'échanger des nouvelles entre cyclistes ou de tester un nouveau vélo de
ville avec suspension. C'est donc seulement vers 18h15 que la masse s'ébranlât vers
Montgoméry avec plus de 40 cyclistes.
A Montgoméry, un photographe du journal Le Soir nous attendait. La masse fit trois tours finalement, les vélos encadrés en tête, en prenant toutes les bandes malgré les consignes du PAVé, puis se dirigea vers le bd Louis Schmidt. Sur le boulevard, la consigne était d'occuper deux bandes de circulation (les vélos encadrés sur la bande du centre). Malheureusement, la masse dût se ranger à droite pour laisser une voiture de police toutes sirènes hurlantes. Une voiture de gendarmerie sortant des tunnels arrêtât la masse à hauteur du feu de la rue
Un discours de fous s'engageât alors :
Vous avez l'autorisation pour faire cela ? Il faut une autorisation pour circuler.
Qui est le responsable ? Nous sommes tous (ir)responsables.
Quel est votre mouvement ? C'est Placeovélo Ouf, si c'était le GRACQ, cela aurait pris du temps pour expliquer.
Nous leurs avons expliqué que nous testions une voiture non polluante. Et pendant ce temps, nous bloquons malgré tous deux bandes de circulations. Finalement en leur promettant d'arrêter à Schuman, ils nous laissèrent continuer à condition de prendre qu'une seul bande de circulation et en nous disant que la police d'Etterbeek était avertie. Toute l'action était filmée par la vidéo d'un des cyclistes faisant le tour du monde.
La masse continua par le bd du 4ème régiment de Lancier et l'avenue d'Auderghem sans aucun incident ni rencontre de police. Après un tour de Schuman, la masse s'arrêta devant le Juste Lipse et le monument au progrès durable. La rue de la Loi, ce sera pour une prochaine fois. Là, il était déjà trop tard. Nous n'avons malheureusement pas de photo digitale à vous montrer, Claudio avait un empêchement.