Back                                                                                                       1050 Bruxelles, le 24/10/2000

                                                                                                                Aux associations de cyclistes

 

Monsieur,

 

Le 22 septembre dernier, à l'occasion de la Semaine de la Mobilité, je recevais une délégation d'associations de cyclistes dont vous faisiez probablement partie. Lors de cette manifestation, vous aviez formulé un certain nombre de griefs concernant la politique régionale en faveur des cyclistes.

Il est toujours difficile de fournir des explications détaillées à un groupe de manifestants. Je tenais dès lors à répondre par écrit à un certain nombre de ces griefs.

l Vous déplorez les problèmes provoques par mon projet d'élargir la piste cyclable de la rue de la Loi (entre la Petite Ceinture et la rue Ducale).

Il est exact que j'avais donné des instructions pour un élargissement de cette piste cyclable, à la largeur qui était initialement prévue dans le permis de bâtir. L'entrepreneur S'est d'ailleurs déclaré prêt à corriger cette erreur.

La Commission pour la Coordination de Chantiers a cependant formule un avis défavorable en invoquant un motif administratif simpliste mais exact : les travaux, qui avaient été mai exécutés, datent d'il y a moins de deux ans, et on ne peut ouvrir la voie publique qu'une seule fois tous les deux ans. C'est pourtant l'unique façon de corriger cette erreur de construction.

C'est pourquoi, j'ai demandé à la Ville de Bruxelles de pouvoir lancer ce chantier malgré l'avis défavorable de la Commission, L'affaire passe prochainement au Collège, et j'espère que la Région sera autorisée à y procéder.

l Vous affirmez que l'on ne prévoit qu'un budget de 40 millions par an pour les itinéraires cyclables, tandis que plus de 10 % du budget du département Travaux Publics est consacré à la politique en faveur des cyclistes.

Le budget 'cyclistes' s'élève à 137 millions BEF pour 2000. Un montant de 53 millions a été engagé (pour l'itinéraire n' 1) et une adjudication supplémentaire sera lancée bientôt pour les 84 millions restants (pour l'itinéraire n' 15 dont le permis de bâtir sera délivré incessamment). Ce budget sera dès lors complètement utilisé pour la fin de l'année.

Ces 137 millions correspondent à 11% des investissements pour des travaux publics, ce qui est davantage qu'à Gand, une ville pourtant citée en exemple par les manifestants.

Il serait inutile d'inscrire des moyens supplémentaires car on ne pourrait les dépenser.

S'il est peut-être exact que tout va trop lentement, il faut savoir que l'on n'a réalisé qu'un demi itinéraire pendant les cinq dernières années, un itinéraire qui ne respecte même pas le permis de bâtir.

Dans peu de temps, deux itinéraires seront complètement réalisés (les n°s 1 et 15). A cela, il convient d'ajouter que les dossiers pour les demandes de permis de bâtir des n°s 12 et 16 sont bien avancés. Nous entamerons en outre bientôt la réalisation de l'itinéraire n° 9 (à Jette) qui ne requiert pas de permis de bâtir.

Si l'on parvient à maintenir ce rythme, la Région pourra aménager au moins 25 km/an (au lieu des 2 ou 3 km comme prétendent les manifestants).

l Selon vous, l'Administration est confrontée à un problème de personnel

L'Administration régionale a effectivement été confrontée dans le passé à un manque d'agents techniquement qualifiés pour assurer le suivi de l'aménagement des itinéraires et autres infrastructures pour cyclistes. Et le départ de l'ingénieur nouvellement recruté n'a évidemment pas améliorer les choses.

Entre-temps, il a été décidé d'attribuer un nouvel ingénieur à la Direction des Routes qui reprendra ce travail.

Récemment encore, un nouvel agent a été recruté qui vérifie si tous les autres projets sont également favorables aux cyclistes, et qui y apporte durant la phase de projet de nombreuses améliorations qui bénéficieront aux cyclistes.

Je ne contesterai pas que nous n'avons pas encore suffisamment de personnel qui s'occupe des pistes cyclables. En juillet dernier, j'ai d'ailleurs demandé que l'on procède à de nouveaux engagements (dont 3 agents pour la politique en faveur des cyclistes). J'avais en outre libéré les moyens nécessaires à ces recrutements. Mais le Secrétaire d'Etat de la Fonction Publique n'a malheureusement pas donné suite à cette demande.

Nous ne baissons cependant pas les bras : s'il nous est impossible d'engager du personnel, nous ferons autant que possible appel au secteur privé. Et nous voulons procéder à une réorganisation au sein de l'Administration en vue de la création d'une 'cellule multidisciplinaire' pour la politique en faveur des cyclistes (auteurs de projets, exécutants... ).

Des progrès ont en outre été réalisés dans d'autres domaines qui bénéficieront aux cyclistes.

l Lors des négociations concernant le 'Plan Régional d'affectation du Sol (P.R.A.S.)', j'ai insisté comme ministre des Travaux Publics et du Transport sur l'introduction d'un certain nombre de nouvelles prescriptions spécifiques :

Dorénavant, on devra observer une série de nouvelles règles lors de l'aménagement (réaménagement) de voiries. Ces règles s'appliquent à tous et par conséquent aussi aux administrations communales.

Sur toutes les voiries interquartiers et les voiries principales, des pistes cyclables doivent être réalisées, ainsi que des voies de sélection aux feux de signalisation. On ne pourra déroger à cette règle que si leur aménagement s'avère impossible. (Ces règles ne sont pas imposées pour les voiries locales de quartier qui doivent être aménagées de façon à ne permettre que des vitesses limitées. Sur ces voiries, il est par conséquent plus sûr pour les cyclistes de se mêler à la circulation).

Des règles spéciales ont en outre été prévues pour toutes les voiries qui accueillent (ou sont en passe d'accueillir) un itinéraire cyclable régional. Ces voiries ne pourront être (ré- )aménagées que si l'on prévoit également un itinéraire cyclable sûr et bien visible, et si l'on prévoit l'espace nécessaire à cet effet.

l Je ne veux non plus limiter mon action en faveur des cyclistes à l'aménagement de pistes cyclables. Lors de la réalisation d'autres travaux publics également, il faut tenir compte des besoins des cyclistes:

Avec cet aperçu, j'espère vous avoir convaincu de ma ferme volonté d'augmenter les actions menées en faveur des cyclistes. A première vue, les réalisations sur le terrain pourront vous paraître assez limitées, mais je suis persuadé que les résultats deviendront plus visibles dès que nous aurons atteint notre vitesse de croisière.

Pour y parvenir, je compte sur la collaboration des nouveaux collèges qui sont actuellement constitués au niveau communal, ainsi que sur votre soutien et celui des autres cyclistes.

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.TOTOP.gif (377 octets)

 

                                                                                                    J.CHABERT

On verra si les bonnes promesses de Chabert tiennent à l'analyse.

Le document Bruxelles vit, Bruxelles bouge (plan d'action 2000 - 20004) donne trois cartes des futurs ICRs et d'autres explications sur la politique de mobilité du ministre. Il peut être téléchargé à l'adresse suivante.document acrobate (50 pages) : 1.665 ko http://www.bruxelles.irisnet.be/FR/1FR_ADMI/1FR_2GOV/communiques_fr/chabert/planfr.pdf
Plan d'action 2000-2004 par Monsieur Jos Chabert, Ministre des Travaux Publics et du Transport

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