Bien entendu, toutes les communications terrestres avec la capitale étaient coupées, et la Poste française dut faire preuve d’ingéniosité pour maintenir le contact entre Paris et le gouvernement exilé. Dans le sens Paris province, on eut d’abord recours à des passeurs qui se chargeaient de traverser les lignes allemandes avec le courrier. Certains services émirent même des timbres dont l’utilité réelle reste à prouver. La plupart de ces courriers clandestins finirent d’ailleurs aux mains des Allemands ! On recourut alors à des ballons montés, qui réussirent à transporter d’importantes quantités de courrier... Mais ceci est une autre histoire !

Un accord
fut signé avec les autorités parisiennes: les
lettres devraient peser moins de 4 grammes et le port était
fixé à 1 franc,
somme considérable pour l’époque, dont
80 centimes reviendraient aux trois
inventeurs.
Vanoven resta à Paris pour installer le filet, qui fut placé à Port-L’Anglais, localité proche de Vitry et comprise dans la zone assiégée. Delort et Robert quittèrent Paris le 7 décembre 1870 par le ballon monté « Denis Papin ». Le nouveau moyen de communication fut annoncé dans la France occupée au moyen d’annonces et d’affiches. Les expéditeurs devaient affranchir les lettres correctement, et l’adresse devait comporter l’indication Paris par Moulins (Allier) " ». Un centre postal fut installé par Delort à Moulins : les boules y étaient construites, remplies et soudées. Robert, pour son compte, se chargeait de la partie la plus dangereuse: déguisé en paysan, il gagnait les bards de la Seine et y immergeait les boules le plus prés passible de Paris. Les quatre premières boules furent confiées à la rivière le 4 janvier 1871 à Bray-sur-Seine, à 20 km en amant de Paris. Il utilisa par la suite des sites mains dangereux. En tout, 55 boules furent utilisées avant l’armistice. On o estimé que chacune de celles-ci pouvaient contenir environ 640 lettres, ce qui nous donne un total d’environ 35.000 lettres confiées au courant.
La
plupart des lettres provenaient bien sûr de la province
française, mais on en
connaît quatre expédiées depuis Monaco.
Une de celles-ci se trouvait dans la
collection du Prince Rainier.