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Pas de panique
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Apprendre à revivre (2) Prendre du recul par rapport à ma maladie. Après pas mal de temps et de souffrance. J'ai bien du me résigner à ne pas espérer trouver un jour les causes réelles de ma maladie, je pense que ça doit venir de mon père qui est un peu disjoncté... mais je m'en fous, ce qui compte c'est de me sentir mieux. Alors je me suis demandé qu'est-ce qui faisait dans mon comportement ou dans ma personnalité qui pouvait engendrer des attaques de panique? Un fait est certain : j'ai toujours été un peu anxieux. Petit, je me souviens que j'avais besoin de la proximité de ma mère. Encore aujourd'hui, je me sens parfois nounouche comme on dit, surtout quand je déprime ou quand je suis malade. Bref, je suis un grand sensible, il paraît que ça plaît aux filles, alors avis aux amatrices... Et mon psy m'a confirmé que c'était le propre de nombreux paniqueurs. Sensible... d'accord mais à quoi? Je ne suis pas sentimental. Ma sensibilité, elle existe par rapport à mon environnement; cela englobe par exemple le regard des gens, mes compétences, me réussites et mes échecs, mon droit à l'erreur, les exigences par rapport à moi-même, la considération qu'ont mes amis et ma famille pour moi... etc. Parmi ce que j'ai cité, il y a des éléments que je peux contrôler, c'est le cas de ma "réussite sociale". Depuis longtemps et à défaut de mieux, je me suis battu pour arriver à quelque chose dans ma vie. Parcequ'on m'a mis dans le crâne, dès l'enfance que je devais avoir un beau diplôme et une belle situation. Alors je m'y suis tenu. L'échec m'était insupportable et c'était d'autant plus dur que ma maladie m'empêchait souvent d'assister aux cours. Encore aujourd'hui je dois jouer le coup finement pour ne pas qu'elle nuise à ma carrière. Malgré tout je suis devenu ingénieur, j'arrive à assumer une belle place et je passe ma vie dans mon boulot, je n'ai rien d'autre pour me valoriser. Puis il y a des éléments vraiment incontrôlables, à savoir tout ce qui touche à l'"autre" : les regards, les perceptions des gens, etc... Ce sont des éléments très frustrants, qui nous échappent souvent. Et donc, le moindre élément perturbateur auquel j'étais sensible me rongeait littéralement l'existence. Et pourtant, on ne peut pas être doué en tout et plaire à tout le monde. En ce compris toutes les répercussions sociales de mes attaques que je n'ai jamais acceptées (j'ai encore du mal aujourd'hui). Finalement, j'ai décidé d'essayer de prendre du recul par rapport à ces fausses aggressions. Toutes ces choses que je dramatise, ou auxquelles j'attachait trop d'importance. J'ai décidé d'apprendre à moins tenir compte des autres, de leur regard... D'ailleurs ma langue s'est déliée... aujourd'hui je n'hésite pas à rabattre le caquet des gens qui me cassent les pieds, même si ce sont par exemple des supérieurs hierarchiques socialement. Mon père par exemple, lui qui a toujours eu un regard infâme sur moi, je le démonte en trois phrases dès qu'il me provoque. Il sait qu'il n'a plus aucune emprise sur moi car je suis indépendant. Voilà, la première chose que j'ai fait par rapport à ma maladie, c'est arrêter de la dramatiser. oui c'est dur de vivre une panique, mais après une nuit, je l'oublie. Avant il me fallait des jours et des jours. Aujourd'hui j'essaie de me foutre de mes symptômes, des gens qui, s'ils me voient paniquer, m'auront oublié bien vite... je me dis que toutes les choses positives de ma vie sont bien plus puissantes que ma maladie. Les autres aussi ont des problèmes. Alors je m'en fous, je m'en fous, et je m'en fous. Et ceux à qui ça ne plaît pas ne m'empêchent (presque) plus de dormir. |