Pas de panique

 

Panique dans le métro (7/03/02)

Aujourd'hui je fais (déjà) une paranthèse dans ma rubrique "Apprendre à revivre". Je suis vraiment mal, je me sens humilié et épuisé... comme après une bataille perdue mais dans laqulle j'avais pourtant tout donné.

En fait je suis parti à un salon à Paris, pour mon boulot (non non j'ai pas été voire les vaches). C'était un beau défi puisque quelque 350.000 personnes étaient annoncées en 4 jours. Et puis il y avait le TGV, les métro etc. bref une journée difficile mais que je me sentais capable d'affronter depuis la nette amélioration de mon état. De toute façon j'avais pas le choix, mon boss m'y envoyait.

Le matin tout s'est super bien passé. Aucun problème au salon, discussions multiples, en anglais parfois et vers 14heures j'avais fait le tour, tout fier de moi. J'ai repris le RER avec mon collègue, toujours sans problème et on a été manger aux pieds de Notre Dame. Tu te dis sûrement que je me plains pour rien, c'est vrai quoi une journée tranquille, printannière, ensoleillée, à Paris et tous frais payés... Effectivement, c'est vers 17h30 que mon petit drame est arrivé.

J'étais aux pieds de la tour Effel, prêt à reprendre le métro. C'est vrai que je commençais à sentir la fatigue, j'avais marché beaucoup et j'étais en route depuis assez tôt le matin. Arrivé dans la station, je me suis senti mal, c'était l'heure de pointe. Et puis on a du courrir pour pas louper la rame. Entré dans le wagon bondé, j'ai su me trouver une place assise. Mais ma crise commençais...en plus j'étais prêt d'une jolie jeune fille, mon coeur en détresse était bien gêné d'afficher un état pareille, suant de partout, je ne voyais plus rien, ma tête tournait. J'ai fait ni une ni deux, je me suis levé et j'ai été dans un compartiment intermédiaire où il y avait peu de gens. Les stations mettaient tellement de temps à venir, les secondes parraîssaient être des heures. Je me voyais dans le reflet de la vitre et je me reconnaissais à peine. Un Xanax n'y changea d'ailleurs rien, la crise était trop forte. Enfin, on arrive à une station où on devait changer. Mon collègue qui avait vu mon manège (on aurait pas su le louper) ne m'a rien dit. Les courant d'air de la station m'on rafraichit et m'ont réveillé un peu, puis rebelotte on s'est retrouvé dans une rame, debout, serrés comme des sardines, bref, la pire torture qu'on peut infliger à un agoraphobe. Je suais et je voyais les gens me dévisager, après coup je m'en fous, mais en pleine crise c'est dur à assumer. J'avais beau me répéter que personne ne se rendait compte de rien, ça ne passait pas... c'était horrible. Au bout d'une demi heure de torture, je suis sorti de la rame en titubant. J'ai juste dis à mon collègue qu'il y avait un peu trop de gens à mon goût. Il m'a proposé d'aller boire un verre avant de remonter dans le Thalys. Deux bières plus tard, la tension était retombée. Je savais que c'était terminé, j'aurais pu remonter dans une rame à ce moment là, plus rien ne me serait arrivé parce que l'orage était passé. Et puis comme d'habitude, une fatigue terrible m'a envahi. D'ailleurs encore maintenant je suis épuisé et surtout vraiment pas fier. Ca pour une putain de belle crise, c'était une putain de belle crise, pas loin des dix sur l'échelle de richter.

Cet évènement me fait dire plus que jamais que tous les meilleurs trucs qu'on puisse se trouver pour lutter contre l'agoraphobie ou les crises de panique, ne suffiront jamais dès lors que la panique s'installe. C'est comme une bombe, on ne peut que constater les dégâts. Une fois que la machine est mise en route, on est dans autre monde, on rend les armes, on a plus qu'à attendre que ça se termine. C'est pourquoi, plus que jamais je suis décidé à poursuivre ma rubrique "Apprendre à revivre" pour essayer de contrer le mal avant qu'il arrive, pour mettre tous les moyens de mon côtés pour éviter de revivre trop souvent une crise comme celle-ci.

Vivement demain que j'oublie cet échec.

Merci à Sandrine et à Nikki!