Pas de panique

 

Le psychique, ou l'un des tabous de notre société. (15-04-02).

Je ne vous apprends rien, notre psychique contrôle tout. Il nous guide, consciemment ou non. Il nous conditionne, nous permet d'apprendre, de survivre, de comprendre, de communiquer. Il permet à notre corps d'adapter des comportements sociaux corrects. Bref, il régule tout et est omniprésent dans la vie de chacun.

Pourtant la plupart des gens normaux fuient cette réalité. Les seuls moments où l'on aborde l'aspect psychique des hommes, c'est en évoquant des dysfonctionnements, des folies, des maladies. Et c'est vrai dans les médias comme ailleurs. En fait, la psychologie et la psychiatrie restent un tabou. Elles font peur. Les gens ont peur dès qu'on leur parle de petites faiblesses psychiques, et les associent immédiatement à de la folie... c'est une manière comme une autre de se protéger.

Si seulement ces vérités étaient dites. Si seulement c'était un sujet moins tabou. Si seulement on pouvait avouer qu'on va chez le psy, sans se faire juger ou critiquer. Ce n'est pas une tare. On est ce qu'on est, on ne l'a pas choisi, on est pas moins bien, on est pas mieux.

Le meilleur moyen de faire évoluer les mentalités, c'est de parler, de forcer l'écoute et de susciter la tolérance de l'autre. C'est vrai que c'est difficile, personnellement j'ai toujours eu un peu de mal à parler de tout ça à mon entourage. Mais on est pas obligé de préciser qu'on a telle ou telle maladie. Simplement le fait de dire à quelqu'un qui, par exemple, critique les dépressifs, que c'est vraiment con et que si il passe un jour par là il regrettera à ces paroles stupides, ça le fera réfléchir à coup sûr. Parfois même on tombe sur des gens très compréhensifs, disposant d'un minimum d'intelligence et de réflexion qui comprennent ou qui ne comprennent pas mais qui écoutent, prennent la peine de réfléchir à la question. C'est la voie de la tolérance.

En fait les gens qui nous regardent de travers lorsqu'on subit une crise de panique ont à peu près aussi peur que nous. Ils ont peur de l'inconnue. C'est humain, mais très regrettable. Imaginez votre réaction face à un grand brûlé, vous reculez ou vous avez peur aussi. Vous dites "pourvu que ça ne m'arrive jamais". Et pourtant il y a quelqu'un comme vous derrière cette facette qui sort de la norme. Pour nous c'est pareil. Les gens font un vade retro de nos angoisses et symptômes.
Je ne leur demande même pas de me comprendre, mais simplement d'accepter, de ne pas juger l'autre sous prétexte qu'il a un comportement bizarre.
Ne dites pas "le con, il n'ose même pas sortir de chez lui", dites plutôt "tu viens boire un verre avec nous?". Apprenez à accepter l'autre tel qu'il est, sinon dites-vous bien que lui-même ne saura jamais s'accepter. Reconnaissez qu'il a une valeur, comme vous et des faiblesses comme vous. Sachez être à l'écoute, de ceux qu'on entend jamais. C'est la plus belle chose que vous puissiez faire pour eux. Faites-les rire, aidez-les à vivre, à s'exprimer. 
C'est ça la philosophie de Pas de panique!