retour Orchestre Henri VIEUXTEMPS

 

« LES SCHUBERTIADES » UN CONCERT EXCEPTIONNEL EN L'EGLISE St. LEGER PAR LE CERCLE CHORAL DE TILFF Le SAMEDI 18 NOVEMBRE 2000 A 20 H.

 

II m'a semblé utile de présenter le Cercle.  Choral de TILFF.

 

En effet, dans notre bourgade qui rêve avec nonchalance au bord de l'Ourthe, se trouvent encore des personnes qui n'en connaissent pas trop l'existence.

Et puis, pourquoi nier la réalité des choses: une chorale... cela fait vieillot désuet; or, il n'en est rien.

Un dynamisme certain anime les choristes qui, sous la ferme direction de leur chef, veulent vous offrir, lors de leur concert annuel, une palette de romantisme et de beauté.

Nette transition d'avec l'année dernière où la rigueur de Bach et celle de Bruckner était de mise.  Ce 18 novembre de l'an 2000 vous emmène dans une atmosphère toute empreinte de légèreté viennoise puisque Franz Schubert sera honoré, comme il se doit.

 

Une biographie succincte de Schubert

Enfance et apprentissage

Il naît en 1797 à Vienne, d'une mère silésienne et d'un père moravien.  II manifeste très jeune des dons musicaux.  Son père instituteur, et son frère lui enseigneront les rudiments du violon et du piano.  Une jeunesse pourtant heureuse, dans ce milieu financièrement défavorisé.  Nous sommes loin, en effet, d'un petit Wolfgang jouant du piano sur les genoux d'une future impératrice

En 1808, il passe brillamment un concours présidé par Salieri et entre au Stadtkonvikt, collège municipal assurant la formation musicale des chanteurs de la cour.  Sa mère meurt, il a 15 ans.  Schubert n'est guère heureux dans cet enclos, mais, c'est pourtant dans ce milieu sévère que se formera autour de lui, ce noyau d'amis qui, s'agrandissant, tissera autour de lui cette toile protectrice.  Ce sera l'embryon des

Schubertiades

 

 

Ce nom est vraiment choisi par les amis de Franz pour les rencontres musicales dont il est, et !e compositeur et l'âme.  Ceci est un « phénomène unique» dans l'histoire de la musique.  Ce cercle contribuera à propager la légende d'un Schubert, joyeux compagnon.  C'est aussi à ce moment que la jeunesse viennoise prend conscience du sentiment national.  Nous allons vivre la fin des guerres napoléoniennes et le Congrès de Vienne.  L'ennemi s'est enfui, on se divertit, on danse, on chante dans les auberges et surgit ainsi une prodigieuse floraison de musiciens amateurs parmi la bourgeoisie.

II quitte le Collège quelques mois après la mort de sa mère et suit les cours de l'Ecole Normale d'Instituteurs.

 

1814

 

Un déclic se produit durant cette année.  II rêve de s'affirmer dans les catégories musicales de ses prédécesseurs.  Serait-il l'héritier de Haydn et de Mozart ?

Il a 17 ans et est déjà l'auteur d'une symphonie, d'une messe et de quelques quatuors.  Ne perdons pas de vue qu'il entre dans la vie musicale bien à l'opposé d'un Mozart s'installant somptueusement à Vienne ou d'un Beethoven se prêtant aux exigences de la virtuosité pianistique.  Franz ne prend conscience que d'une chose: son irréductible vocation de compositeur.

1814 : naissance du « lied », lors de l'apparition de « Marguerite au rouet », cette naissance pouvant être nommée comme un « moment capital dans l'histoire musicale » (M.  Beaufils).  Deux ans durant il compose prodigieusement et, simultanément il enseigne.  Mais, sa pauvreté matérielle l'empêche d'épouser son premier amour, Thérèse.

 

 

A 19 ans, en 1815, il quitte et sa fonction, et la maison paternelle.  Il va vivre au sein d'un groupe d'amis (parfois à leurs crochets) liés au milieu universitaire de Vienne.

Je puis, en toute humilité, situer Schubert dans une « solitude bien tempérée ». Ce génie est seul, comme l'aigle.  Même entouré, il est seul.

 

Schubert innove sur le plan du statut social du musicien.  Il accomplira de vaines démarches pour l'obtention d'un poste de professeur.  Quelques oeuvres pourtant jouées, les ressources viendront plus tard.  II est le premier musicien à ne vivre que du produit de sa composition.  Oui, il compose... des symphonies, des sonates.  Il écrit sur des poèmes de Goethe et de Schiller; il est un des premiers à découvrir Heinrich Heine; il a déjà lu Shakespeare et Scott.  Nous sommes en 1820 et il ne lui reste que huit ans à vivre.

II n'apparaîtra que très rarement en public; les Schubertiades deviendront et resteront ce refuge et cette possibilité d'échange et de communication dans un univers qui s'y refuse.  Il y règne un climat de marginalité souterrain et bien souvent désespéré.  Metternich, adepte de l'ordre ancien, a tout tenté pour museler la jeunesse et ses tentatives libérales.  Mais, il compose ; il est mélodiste dans l'âme.  Sa musique domine le texte et met un halo autour des mots.

 

Déclin

 

Dés 1824, il occupera la majeure partie de son temps à composer de la musique de chambre.  La tentation est grande de mettre en lumière la richesse, la grandeur, le pathos retenu, la pureté, la hardiesse de l'alternance des modes mineur et majeur et de la sensibilité de Franz Schubert.  A partir de 1827, la présence de la mort devient obsédante.  La mort de Beethoven (il a vécu dans son ombre) est sans doute un des motifs qui auront raison de sa santé.  Le désespoir et la maladie l'emportent vers cet ailleurs, le 19 octobre 1828.

 

Son oeuvre est immense: 603 lieder, 9 symphonies, 6 messes, 15 opéras (singspiels), 3 musiques de scène, 16 quatuors, 1 quintet à clavier, 3 trio à clavier, 26 sonates (4 pour violon et piano, 22 pour piano), 8 impromptus et 6 moments musicaux.  Prodigieuse richesse Nous saluons Monsieur Schubert

 

Marcelle Wallon

09.10.2000

 

« Mes créations sont le fruit de ma connaissance de la musique et de ma connaissance de la douleur » F.S. 1 824

Bibl.  Massin, Robert, Beaufils, Kocevar

 

 

Die Musik (A la musique)

 

Toi, cet art si noble,

En combien d'heures grises, où le cercle de la vie m'entrave,

As-tu enflammé mon cœur d'un chaleureux amour,

M'as-tu emmené vers un monde meilleur

 

Souvent un soupir de ta harpe,

un doux accord m'a ouvert le ciel des jours meilleurs.

  Toi, cet art si noble, je t'en remercie.

 

 

Heidenröslein (Rose de la lande)

 

Un garçon vit une rose dans la lande

Elle était jeune et belle comme l'aurore

Il courut vite la regarder et l'admira avec joie

 

Le garçon dit: je vais te cueillir, rose de la lande

La rose dit : je vais te piquer, que tu penses toujours à moi

Et je ne le supporterai pas

 

Et le sauvage garçon cueillit la rose de la lande

La rose se défendit et piqua, mais rien n'y fit,

elle dut le subir, la rose de la lande.

 

Der Lindenbaum (Le tilleul)

 

Près du puits, devant la porte, pousse un tilleul.

Sous son ombrage, j'ai fait plus d'un doux rêve.

J'ai gravé dans son écorce plus d'un mot d'amour.

Dans la joie ou dans la peine, toujours je revenais vers lui.

A présent, je dois voyager dans une nuit profonde. 

Dans l'obscurité, j'ai fermé les yeux;

ses branches bruissaient, semblant me dire

« viens près de moi, ami, tu trouveras le repos»

 

Les vents froids me soufflèrent à la face,

m'arrachèrent mon char - je ne me retournai pas

 

Depuis longtemps je suis loin de ce lieu, et toujours j'entends ce bruissement :

« c'est là que tu trouveras le repos ».

 

Frühlingstraum (Rêve de printemps)

 

Je rêvais de fleurs multicolores, comme elles fleurissent au mois d’Août

Je rêvais de vertes prairies, de joyeux chants d'oiseaux.

Mais quand le coq chanta, mes yeux s'ouvrirent

Il faisait froid et sombre, les corbeaux criaient sur le toit. 

Mais sur les vitres de la fenêtre, qui dessina ces feuillages ? 

Vous vous moquez sans doute du rêveur

qui vit des fleurs en plein hiver ?

 

Je rêvais d'amour, d'une jeune fille,

d'embrassades et de baisers, de joie et de bonheur. 

Mais quand le coq chanta, mon cœur se réveilla

Je suis là, tout seul, et pense à mon rêve.

Je referme les yeux - mon cœur bat encore si chaudement

Quand verdirez-vous, feuillages à la fenêtre ?

Quand tiendrai-je mon amour dans mes bras ?

 

 

retour Orchestre Henri VIEUXTEMPS