Accueil
Galerie Photos
Calendrier
Presse
Contacts
Rando News
Liens

La marche... c'est le pied!

En trek, difficile de prendre du plaisir lorsque l'on a mal aux pied, ce qui n'est malheureusement pas rare. Ampoules, entorses, tendinites et autres traumatismes sont fréquents, et pourtant la plupart peuvent être évités. Trek Magasine fait le point avec le podo-orthésiste François Guingal sur les différents soins à apporter à ses petits pieds pour le trek reste le panard.

Par rapport à tous les traumatismes que font trekkeurs au quotidien, peut-on vraiment dire que marcher est bon pour la santé ?
Lorsque la marche se fait dans de bonnes conditions, lorsqu'il n'y a pas de troubles statiques ou posturaux, l'homme est capable de marcher dix heures par jour sans problème. Il n'y a donc aucune contre-indication médicale à la pratique du trek… (On est rassuré ndlr)

Quel sont les principaux traumatismes et pathologies du à un effort prolongé ?
Les plus fréquents sont les problème liés aux frottements, les phlyctènes (ampoules). Mais ont peut diagnostiquer des problèmes plus préoccupants, comme être décelées en radiologie, et se positionnent en règle générale sur les métatarsiens. Les pathologies liées aux muscles et tendons sont également fréquentes (entorses, tendinites, inflammations). Attention, tous les petits bobos peuvent être très handicapants. Notamment les ongles, qui sont terriblement importants dans la marche. Il faut les couper soigneusement avant chaque randonnée, mai aussi s'occuper de l'entre doigt de pied et de l'hydratation de la voûte plantaire afin d'avoir des pieds saints. Une bonne hygiène est indispensable.

Y a-t-il des solutions à ces problèmes ?
Même lorsque l'on a l'impression d'être en bonne santé, on a toujours des problèmes de postures, souvent imperceptibles. Ce n'est pas forcément grave, le corps s'adapte, mais on est pas à l'abris, dans les activités endurantes, de les voir se révéler. Pour prévenir ces problèmes, il est important de faire un bilan avec un podologue. D'une façon générale, le pied est un capital qu'il est impératif de préserver. C'est lui qui porte et qui absorbe les chocs, il est donc indispensable de le bichonner. Pour cela il existe plusieurs crèmes qui permettent de l'entretenir: préparation à l'effort, hydratation, relaxation après l'effort… Pendant la marche, le chaussage est le point le plus important. On a longtemps estimé que la marche et le trek devaient se pratiquer avec des chaussures à hautes tiges, aujourd'hui ce n'est plus le cas. Le seul critère de sélection que je donnerai pour l'achat d'une chaussure c'est la qualité du cambrion (couche interne ayant pour but d'éviter la torsion de la semelle), qui empêche l'effet "essorage ". Les chaussettes sont elles aussi importantes, surtout dans l'évacuation de la transpiration.

Est-il important d'avoir une semelle interne qui absorbe les chocs ?
A la montée, on a rarement de problèmes, mais la descente reste un vrai souci. Beaucoup de gens se plaignent d'un phénomène de talonnade, le poids du corps associé à la réponse physique du sol accentuant la pression. Dans ce cas, je préconise des mousses d'absorption de chocs, mais uniquement au niveau du talon. En revanche, je suis contre de telles semelles sur toute la longueur du pied: elles empêchent la restitution d'énergie et diminuent l'effet dynamique de la marche.

Quel est le rôle du podologue en cas de traumatisme ?
Il faut distinguer deux professions: d'un côté le podologue, qui est en réalité pédicure-podologue et qui pratique aussi bien les soins de pédicurie que ceux liés à la podologie, de l'autre, le podo-orthésiste. Celui-ci ne pratique pas de soins de pédicurie, mais il fait, en plus de la podologie " classique ", de l'appareillage du pied, de la semelle à la prothèse. Le podologue est rarement consulté en préventif. Les sports d'endurance sont des révélateurs des troubles posturaux, et les patients viennent nous voir pour soigner ces nouveaux symptômes. Notre rôle est alors de localiser et traiter les causes de ces troubles. Ceux-ci ne sont pas nécessairement liés aux pieds, mais peuvent être dus à des troubles statiques ou fonctionnels. D'une certaine façon, il nous faut donc réharmoniser la posture du corps.

Comment localiser les causes des pathologies ?
Il est très important de se poser des questions pour localiser les causes des traumatismes. C'est problèmes peuvent d'abord venir de causes intrinsèques: trouble de la statique comme le pied plat, mauvaise alimentation, mauvaise préparation physique, échauffement insuffisant ou manque d'hydratation, et dans ce cas, il est bon de prendre conseils auprès de spécialistes (préparateurs physiques, nutritionnistes ndlr). Seconde possibilité, ces troubles sont extrinsèques (mauvais chaussage, semelles usées). Il faut avoir conscience qu'un semelage usé peut entraîner de grosses pathologies. Dans ce cas, il faut donc soit changer de modèle, soit ressemeler la chaussure défaillante.

Que faire lorsque les traumatismes apparaissent sur le terrain ?
C'est un problème délicat. Dans le cas par exemple d'une tendinite, il est théoriquement impératif de mettre le pied au repos, ce qui n'est pas forcément possible. Il est alors important de diminuer le travail du tendon. Dans le cas du tendon extenseur, il faudra limiter l'extension et dans le cas d'un tendon fléchisseur, il faudra limiter la flexion au moyen d'un strapping. En revanche, même si la douleur à disparu au retour il est impératif de consulter un spécialiste pour ne pas laisser de lésions non soignées. Pour ce qui est des ampoules, il n'y a pas de solutions miracles, le pansement reste le meilleur.

Que faire en cas de problèmes graves ?
Pour nombre de personnes, l'activité physique (comme le trek) est importante au-delà de la pratique, c'est une question d'équilibre. Il est alors impensable de dire à quelqu'un d'arrêter son activité pour des problèmes de podologie. Ce que j'ai envie de dire et de faire passer aux gens, c'est que nous sommes (les podo-orthésistes) des inventeurs de bien-être. A chaque mal sa solution et c'est à nous de la trouver.


Source: Trek magazine 08/2003