Le Site

IntroductionDescription du siteLes auréoles villageoisesLe finage - Conclusion

Introduction

Dans la majorité des villages wallons, nous pouvons distinguer trois structures spatiales de base qui, en les combinant, nous donne l'organisation spatiale du lieu.

Tout d'abord, le site qui consiste aux données naturels de départ dont les hommes ont dû tenir compte pour concevoir leur aménagement de l'espace et qui ont donc conditionné leurs activités de subsistances et de production de par ses avantages et ses inconvénients.

Ensuite, il nous faudra évoquer l'auréole villageoise qui consiste en un noyau d'habitat traditionnel groupé. Là aussi, il nous faudra poser la question du pourquoi de sa localisation en tenant compte de ses caractéristiques morphologiques (architectures traditionnelles ou contemporaine,...).

Le principal outil dont nous disposons pour la localisation de celle-ci n'est autre que la carte du Cabinet des Pays-Bas Autrichiens, réalisées par le comte de Ferraris en 1774.

Et enfin, nous parlerons du finage qui regroupe l'ensemble des terres exploitées traditionnellement par la communauté villageoise: ce sont les champs, les prairies, les carrières et les forêts.

 

Description du site

Le site doit son originalité à la bordure massive des dolomies au sud de la commune et sur la rive gauche de la Meuse. Ce massif est entaillé par le ruisseau de la Gelbressée, qui offre une voie d'accès au village. La pente de ce massif est quasi verticale. Ainsi, à hauteur de la Meuse, la cote d'altitude affiche 80 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le relief de Marche-les-dames peut être divisé en cinq grandes unités :

  1. La première est celle qui longe la Meuse et qui est caractérisée par une cote d'altitude constante depuis Namêche jusqu'à Beez. Sa valeur est de 80 mètres.

  2. La seconde est celle de la vallée de la Gelbressée, qui à l'ouest de la commune, traverse Marche-les-dames du nord au sud.

  3. La troisième est le plateau de Wartet, que l'on pourrait rattacher à celui d'Hingeon. Son altitude varie entre 180 et 200 mètres, avec comme sommet le château d'eau situé au centre de Wartet et en face du cimetière, avec une cote de 205 mètres.

  4. L'avant-dernière unité est celle qui assure la transition entre le plateau de Wartet et les autres unités. Celle-ci est caractérisée par des courbes de niveau dont la cote diminue rapidement. Sa pente moyenne varie entre 6 et 12%.

  5. La dernière unité est celle d'Hainiau. Elle est traversée par le ruisseau d'Hainiau et se situe à l'est de la commune. Elle comprend également ce que la dénomination locale désigne comme "les Fonds de Wartet".

Ce qui fait la beauté du site sont incontestablement les bois et forêts, dont la superficie représente 40% de la commune. Ils sont situés à l'ouest de la commune et bordent le ruisseau de la Gelbressée.

Le hameau de Wartet est caractérisé par sa prédominance agricole tandis que le lieu-dit Hainiau est dominé par l'exploitation de la dolomie.

Avantages et inconvénients

Une fois le site décrit, cherchons à trouver ses avantages et ses inconvénients.

Un avantage incontestable du site est la présence de trois cours d'eau : la Gelbressée, où se localisera les anciennes forges; le Hainiau, où se fixera l'exploitation de la dolomie et la Meuse qui était, avant la construction de la ligne de chemin de fer, une voie de communication essentielle pour la commune.

Avantageux pour l'agriculture, le plateau de Wartet va donc logiquement être réservé aux cultures et aux pâtures. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre Mondiale que le finage sera également réservé à l'extension des zones habitables.

En regard des avantages, les inconvénients pourraient faire figure de marginalité. Citons malgré tout les importantes dénivellations entre Marche et Wartet et entre Wartet et Hainiau qui n'ont pas permis à l'habitat et à l'agriculture de se développer. D'ailleurs, ces espaces sont encore pour la plupart occupés par des bois. C'est la morphologie de ce relief qui explique aussi en partie le non développement de Marche sur la rive gauche de la Gelbressée.

 

Les auréoles villageoises

ferraris.JPG (51638 octets)La carte de Ferraris nous permet de distinguer aisément deux auréoles villageoises. La plus ancienne et la plus dense se localise à Marche, qui à cette époque vit essentiellement de l'industrie du fer et de l'influence de l'abbaye. Signalons qu'une partie de ces habitations seront détruites au profit de la construction de l'actuel Château d'Arenberg. Cet habitat est surtout concentré le long de la Meuse et possède une extension à l'est, au quartier de Hainiau.

Une deuxième auréole est à situer à Wartet, autour du Château-ferme et de la ferme des Dames. Sa densité est plus faible que celle de Marche mais est un peu plus étendue. Sa concentration principale se situe au lieu-dit "Bayet" qui sert en quelque sorte de liaison entre Wartet et Marche.

Un autre point, qui mérite d'être souligné, concerne les liaisons routières.

Marche est relié à Wartet par l'actuel rue aux Vallées qui trouve un prolongement à Wartet, l'actuel Grand-rue. L'axe "Grand-rue, rue des Bigarreaux et route de Hannut" est également présent. Par contre, Wartet n'est pas directement relié à Gelbressée (ce qui est le cas aujourd'hui par la rue de Gelbressée) et à Hainiau (actuellement rue aux Ruwales) à l'inverse de Marche.

 

Le finage

Le finage va nous permettre de bien cerner les deux différentes vocations économiques de Marche et de Wartet. A Marche, la vallée creusée par la Gelbressée ne laisse que peu de place à l'agriculture. Le peu de défrichement sur les deux rives du cours d'eau s'explique simplement : à quoi bon défricher si c'est pour obtenir des terres difficilement cultivables du fait de leur pendage ? D'ailleurs, les versants sont encore occupés par des bois. Il est donc logique que les défrichements aient eu lieu plus vers le nord-est de Marche, en l'occurrence à Wartet dont le relief, un plateau, se montrait plus favorable à la pratique agricole. Ainsi donc, le finage de Wartet comprendra des terres agricoles, des pâtures et des vergers.

Les deux auréoles villageoises, de par leurs finages différents, ont donc eu une évolution économique différentes : à Marche, ce sera la prédominance de l'industrie et à Wartet, celle de l'agriculture.

L'évolution du finage aura aussi une répercussion quant à la distribution démographique du village. Ainsi, Marche aura finalement peu évolué depuis le XVIIIème siècle. Par contre, Wartet verra sa population accroître sans cesse. Ce développement va d'abord s'opérer près du centre de Wartet que nous situerons au Château-ferme, il s'agit de la rue Ardenne et de la rue Rangnet. L'évolution la plus spectaculaire se réalisera au nord. Tout d'abord au nord-est où le quartier Fond des Maréchaux et rue de Pontailler vont se construire durant la seconde moitié du XXème siècle. Ensuite au nord-ouest où une bonne partie du bois Neubeckmont va être défrichée au profit de l'habitat (rues de Gelbressée et des Dix-Bonniers) et de l'agriculture. Ce dernier ira de pair avec l'aménagement d'une nouvelle route, la rue de Gelbressée.

Ne négligeons pas non plus l'extension qui correspond à la Rue aux Ruwales, du Poncia et du Fond de Wartet et qui se déroulera au début de notre siècle. Il sera principalement un quartier ouvrier au début du XXème siècle.

Conclusion

Nous pouvons conclure en trois points.

Premièrement, aujourd'hui, le centre de la commune n'est plus Marche mais bien Wartet car l'habitat s'y est considérablement développé, au détriment des vergers et lopins de terre existant au XVIIIème siècle.

Deuxièmement, une bonne partie des zones boisées sont devenues terrains agricoles, répondant ainsi aux besoins primaires croissants de la commune.

Et enfin, la position centrale de Wartet est renforcée par l'aménagement de routes le reliant directement aux villages voisins et facilitant son accès.

Autrement dit, Wartet, au départ hameau, est devenu plus important que Marche.