L'église paroissiale de Marche-les-Dames (ancienne église abbatiale)
Voir aussi : les sculptures  -  les tableaux  -  l'architecture et le mobilier

Sans pouvoir déterminer avec précision la date de fondation de la première église, deux pièces importantes fort anciennes (1149 et 1150) font état d'un différend entre les églises de Marche et de Namèche.  Ce sont deux lettres du célèbre moine Guilbald, de Waulsort, qui deviendra abbé de Stavelot au XIIème siècle.  Il y est fait état du prêtre de Marche qui prend soin d'un certain nombre de paroissiens de Namèche plus rapprochés de Marche.  Le culte se célèbre alors dans l'antique chapelle Saint-Jean.  Celle-ci sera vendue en 1885 au prince d'Arenberg puis démolie.  Une nouvelle chapelle Saint Jean, réservée à la famille d'Arenberg, sera construite à peu près sur l'emplacement de la chapelle paroissiale primitive, près du château actuel.

Par son testament de 1834, la dernière moniale cistercienne, sœur Scholastique, fait don de tous les biens de l'abbaye de Marche-les-Dames au Bureau Administratif du Séminaire de Namur.  L'Arrêté Royal du 10 mai 1843 élève la chapelle de Marche-les-Dames au rang de succursale.  Le 29 juillet 1856 décède soeur Scholastique Baudhuin.  Le culte paroissial est transféré peu après dans l'ancienne église abbatiale où il se célèbre encore actuellement.

Ce bâtiment a gardé quelques traces de son origine ancienne :

  • le pignon est avec sa jolie petite baie géminée au sommet qui résume dans son dessin les 3 ogives du chœur;

  • la base en gros appareil du mur sud;

  • le portail du XVIème siècle avec ses bases prismatiques encore gothiques.

Avant de pousser la porte, admirons le magnifique travail de ferronnerie de la serrure. A l'intérieur, près du bénitier, une plaque commémorative nous apprend que l'église a été restaurée en 1904 sous la direction de l'architecte Lange avec l'appui financier de la famille d'Arenberg.  Cette restauration a rendu à l'église son style primitif, occulté par les divers aménagements réalisés au XVIIIème siècle: les grandes baies du chœur étaient murées; elles ont pu être fidèlement reconstituées grâce à la découverte des meneaux et des réseaux anciens retrouvés quasi intacts dans la maçonnerie.

La chapelle de l'Évangile ou de sainte Anne [voir plan]

A nef unique sans transept et terminée à l'est par un chevet plat, l'église a gardé son plan du XIIIème siècle.  Un impressionnant plafond en bandeaux de pitchpin recouvre le plafond en plâtre sans ornements du XVIIIème siècle.

L'ancienne chapelle qui s'ouvre dans le chœur, du côté de l'Évangile, a gardé son riche plafond en stuc, oeuvre des frères Moretti, célèbres stucateurs qui ont oeuvré à l'abbaye vers 1780.  On peut encore y voir, malgré les dégradations du temps, sainte Anne portant la Vierge ainsi qu'un médaillon avec les armes de la maison comtale de Groesbeeck qui possédait notamment les seigneuries de Gelbressée et de Franc-Waret, voisines de Marche-les-Dames

Elle se termine par un vitrail à triple fenêtre où nous pouvons reconnaître saint Bernard, la Vierge Marie, deux anges priant et un agneau.  Actuellement, cette chapelle sert de "remise" où s'amassent les tableaux et statues ne pouvant trouver place dans l'église.

Sur un des murs, nous pouvons remarquer une pierre tombale encastrée.  Elle rappelle la mort de Grégoire de Jambline, dit Doyon, neveu de l'abbesse Jeanne Baduel (1579-1602) et prieur de l'abbaye.  Sur l'épitaphe, nous pouvons reconnaître, de gauche à droite, Grégoire de Jamblinne et Anne portant Marie et Jésus.

On observe aussi un tableau de grande dimension: Notre-Dame de l'Annonciation, patronne de ce sanctuaire.  Ce tableau décorait autrefois le retable de l'ancien maître-autel, entre les colonnes soutenant actuellement le jubé.

La chapelle de l'Epître [voir plan]

Elle est située sur le flanc sud de l'église.  Elle fut construite en 1904 en remplacement d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de Montaigu.  A l'intérieur, nous trouvons un meuble comprenant des reliques.

Au dessus de celui-ci, une triple verrière prend place.  Y sont représentés notamment : Marie, Jésus et Joseph.

A droite de ceux-ci, s'ornent trois magnifiques vitraux, qui lorsque le soleil se trouve au sud, resplendissent le chœur de leur lumière.

Le mur nord de la nef [voir plan]

Le visiteur peut y admirer des oeuvres d'art dignes d'attirer notre intérêt.  Il s'agit de tableaux représentant :

Le mur sud de la nef et le jubé  [voir plan]

Le mur sud de la nef se compose essentiellement de vitraux.  Ils furent réalisés par Vosch en 1904.  Ils représentent les saints protecteurs de la famille d'Arenberg de Mérode, tels saint Philippe, saint Antoine, la Vierge et d'autres encore.

Les fenêtres sont tracées en arc brisé et sont partagées par des meneaux.  Elles ont l'aspect du style gothique.

La balustrade du jubé, reposant sur quatre colonnes corinthiennes, est décorée par trois tableaux exécutés par Beaudhuin.  Ils représentent, de gauche à droite, le songe de Jacob, la prédication de saint François d'Assisse aux poissons et saint Benoît mortifiant sa chair dans les épines et l'eau glacée.

Le choeur  [voir plan]

C'est sur celui-ci que s'élève le maître-autel de 1904, à large inspiration gothique, et qui fut réalisé par M. Van Uytvanck de Louvain.  Les stalles furent réalisées après deux conventions passées en 1750 et 1751 entre l'abbesse de Fumal et les Namurois Baudoin Georges Devant, maître-menuisier et par François Van den Bose, maître-sculpteur.   Les figures boisées représentent les évangélistes.   Elles ont été restaurées en 2000 par le Conseil de Fabrique de l’église.

Pièce remarquable du XVème siècle, l'Adoration des Mages, fragment d'un retable sculpté dans un seul bloc de chêne, un demi tronc y compris le cœur.  Oeuvre offerte par la famille d'Arenberg vers 1880, celle-ci peut être attribuée à l'école mosane et plus précisément à un sculpteur exerçant son activité à Liège dans les années 1440.  Les oeuvres mosanes de cette période sont rares.

De la même époque, à côté de ce retable, une petite statue en bois de saint Laurent.

Les siècles suivants sont aussi dignement représentés par un resplendissant Ange gardien, attribué à l'école de Del Cour (sculpteur liégeois du début du XVIIème siècle) et par des statues en bois peint aux XVIIème et XVIIIème siècles (Saint Jean-Baptiste, Sainte Marie-Madeleine, Sainte Perpétue - qui serait en fait Sainte Catherine d'Alexandrie - et Saint Hubert).

La statue Notre-Dame du Vivier [voir plan]

Cette statue, en bois polychrome, a donné son nom à l'abbaye : Notre-Dame du Vivier. Si l'on en croît la légende, cette statue aurait été découverte dans une pièce d'eau lors de la fondation de l'abbaye.