Bien sûr que les paroles de certains de nos membres sont réconfortantes, mais ne doivent pas nous rendre sourd au malaise profond que vit notre profession en ce moment.
Bien sûr que VDB est probablement le ministre le plus favorable à la médecine générale qu'on aie connu, mais ce gouvernement a fait une erreur tactique monumentale, vouloir faire passer des charges et contraintes supplémentaires (Droits des patients, responsabilisation,...) AVANT QU'UNE REVALORASATION SIGNIFICATIVE SOIT EFFECTIVE POUR LES MG. C'est une des raisons principales de ce sentiment "too late, too little" ou "trop de bâton et pas assez de carottes". Mais aussi les espoirs projetés d'abord par les états généraux et ensuite par le consensus nord-sud, déçus par l'attente et l'évolution des choses, et là, l'action du Cartel est mal vécue par la base, et beaucoup d'électeurs du Cartel (côté francophone) ne voteraient plus pour nous si les élections se dérouleraient aujourd'hui, les abstentionnistes étaient en hausse aux dernières élections, maintenant ce serait une catastrophe. Car récolter une majorité de voix en médecine générale ne donne pas un blanc seing à ne plus vouloir écouter les électeurs voire les cotisants...
Pour ce qui est de l'Absym, je pense qu'elle fait aussi l'erreur de ne pas écouter le malaise profond de nombreux spécialistes hospitaliers qui se sentent piégés, à la fois complices et otages d'un système inflationniste d'actes nécessaire à la pérennité financière de nombreuses institutions hospitalières structurellement entretenu par l'art. 140 et le lobby des gestionnaires (avec leurs relais politiques et mutuellistes). C'est bien leur poids trop pesant dans les structures de négociations qui rendent celle-ci "dépassées", et donc sans issue pour la MG, sans réforme de fond en comble.
Je l'ai déjà dit, le Politique a mis en place ce système de négociations, c'est donc au Politique qu'il incombe de le réformer en profondeur avant qu'il n'implose...
Pour de trop nombreux spécialistes, le vote Absym semble plus être de l'ordre de la légitime défense que du choix convaincu, car le Cartel leur fait peur par l'échelonnement et la redistribution des actes techniques vers les actes intellectuels, car tout cela leur fait croire que leur situation va encore se détériorer; mais quand je leur pose la question: "Seriez-vous prêt à combattre à nos côtés pour réformer les structures hospitalières pour qu'on arrête ce système d'usurier ?" la réponse est "Oui". Alors quand je lis "l'alliance avec les spécialistes est un leurre", nos collègues spécialistes du Cartel sont d'accord avec ça ?
La part du médicament serait passée de 7 à 15 % du budget en 20 ans. Que peut faire un petit pays (=marché) comme le nôtre face à des trusts pharmaceutiques qui ont parfois un chiffre d'affaire supérieur au PIB de la Belgique. Pour sortir de l'impasse et faire le poids, seule une négociation des prix pour le marché européen en un seul bloc pourrait contrer la puissance de ce secteur. Car le switch systématique vers le générique le moins cher, ne pourrait faire passer le budget médicament que de 15 % vers 14 voire 13,5 % au mieux; totalement insuffisant!, mais il faut le faire. Eduquer la prescription ? C'est en route, mais c'est à 2 sens, épluchage de la surprescription inutile, ET correction de la sousprescription en terme de diabète, HTA, insuffisance cardiaque, dépression,... (affections sous diagnostiquées et sous traitées dans le monde occidental d'après des autorités telle que l'OMS) l'un compensant l'autre, aucun gain à en attendre.
A l'heure des fusions massives des compagnies d'assurances, des banques et autres, pour des raisons d'optimalisation des coûts; à l'heure ou la plupart des pays européens disposent d'UN SEUL office de sécurité sociale APOLITIQUE, quand allons-nous exiger pour les mêmes raisons d'optimalisation des coûts, la fusion de TOUTES les mutuelles en UN SEUL organisme, et n'en déplaise à leur soi-disant "rôle historique social".
Les médecins ont déjà fait beaucoup d'efforts de remise en question ces dix dernières années (accréditation, glem, DDG, informatisation, coordination, association, analyse de profils,...) et même s'il reste encore trop de brebis galeuses pour certains, pour la grosse majorité de la profession il est temps que ces efforts soient reconnus, et qu'il ne soit plus parlé des médecins (en général) en propos insultants ou humiliants (surprescripteur, tricheur, abuseur,...) On ne peut à la fois réprimer les abus et laisser en place les mécanismes structurels qui les incitent voire qui les "obligent".
Pour ce combat vous aurez toute la profession pour vous appuyer: MGs, spécialistes, asyndiqués, Cartelistes et même des Absymistes.
Amicalement vôtre, Paul VOLLEMAERE Médecine de famille Rue des Fleuristes 21 B-1082 Bruxelles Belgium Tel. +32-(0)2-4659482 Fax. +32-(0)2-6108224 e-mail: mailto:paul.vollemaere@advalvas.be G.B.O. http://users.swing.be/gbo/