Quelques
textes offerts à Didier Mélon
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C'était
lundi 22 octobre. Le jour anniversaire de Georges
Brassens, direz-vous... Oui, mais aussi celui de
Didier Mélon. Homme de radio, homme de parole,
il nous mène en musique, chaque soir vers 19h15,
sur la Première (RTBF radio), dans tous les
coins du monde où résonnent des notes et des
voix. Ce rendez-vous quotidien ouvre des portes
parfois bien dissimulées - au plus profond de
nous... Didier les entrouvre pour nous, en
donnant la parole à la musique, en installant un
climat de chaleur propice à l'échange, à la découverte,
à la rencontre. Ces instants de partage offrent
de belles émotions, et des perspectives
nouvelles pour un monde qui perd souvent son
identité. La Tentation - magnifique salle
de spectacle, à Bruxelles, insérée dans le contexte d'un
grand café - nous a accueilli. Un étage pour
offrir un cadeau à Didier. Tant de choses à lui
dire et... les lui écrire. Réunies dans un beau
livre unique, les paroles, poésies, lettres,
textes, bafouilles, de tous ces gens de musique
ont pris une nouvelle ampleur. Les écrits
restent-ils ? Didier nous le dira dans quelques
années, lorsque son livre, complété de pages
vierges pour l'avenir, aura vécu d'autres
moments liés à son émission. Tant de musique
à lui faire découvrir encore, pour qu'il les
brasse dans ses élans. Aussi,
portés par l'enthousiasme de la soirée,
violons, guitares, accordéons ont entamé leur
ronde jusqu'en fin de soirée. Il n'aurait pu en être
autrement. Il y avait là plus de musiciens que
partout ailleurs à cet instant. |
Quelques textes (parmi la trentaine offerts à Didier)
Marlène Dorcena - Une (très)
jolie chanteuse haïtienne![]()
| Si le Monde est un assemblage
de villages si ces derniers sont marqués par des différences si ces différences demandent une prise de conscience qui nous permettrait d'aller plus loin dans le bon sens "Le Monde est un Village" représente l'ensemble de ces différences............... Un fruit dont son intérieur-coeur est à la fois rouge, vert, jaune, rose........ sollicité par la chaleur apporte sous les Tropiques un brin de fraîcheur le Melon de Didier est encore autre chose grâce à sa spontanéité créatrice grâce à son authenticité révélatrice La musique, le son, la recherche, la curiose "i" thé, la rencontre, arrivent à effacer nos cicatrices Si la découverte de l'un est mille fois importante la rencontre avec l'autre est incalculablement importante l'envie d'aller plus loin la complicité, la cohérence la détermination, la franchise la simplicité, la tolérance et la sincérité Le Monde est un Village résume tout ça. Un titre bien choisi et qui en vaut la peine Didier, kenbé fèm (tiens bon) |
Philippe Lafontaine - Un ami
de longue date![]()
| Didier le Villageois Une fable de Lafontaine Par
delà les vagues hertziennes, Un arbre vit le jour. Tendant toutes ses feuilles aux
symphonies des coeurs, Depuis, |
Régine Dubois - Une (très)
jolie assistante![]()
| Le village, je sais ce que cest,
jy ai grandi ! Cest un endroit où les gens se disent bonjour dans la rue même sils ne se connaissent pas Un endroit où les voitures restent ouvertes parce quon ne les vole pas Un endroit où lépicier et le boulanger connaissent les prénoms de tous les enfants Un endroit où toutes les maisons sont familières parce quon connaît ceux quelles abritent Un endroit où les plus petits vont seuls à lécole parce quelle nest jamais loin Un endroit où les odeurs de fleurs viennent vous chatouiller le bout du nez dès que les beaux jours arrivent Un endroit où le clocher est visible de partout Un endroit où lon ne se perd jamais même si, en fouinant un peu, on peut découvrir de nouvelles ruelles et de nouvelles cachettes chaque jour Mon village, cétait tout ça et pourtant, un jour, jai voulu le quitter pour la ville et tout ce quelle pouvait offrir de différent. Jy suis bien aussi mais il manquait quelque chose Pourtant, depuis un an maintenant, je me sens un peu moins perdue Sans doute est-ce parce que je retrouve les petits bonheurs de mon village dans ton monde à toi. Ils se cachent derrière dautres apparences mais je les ai démasqués et je sais maintenant ! Ton monde respire la sécurité, la sympathie, la douceur, la découverte et les musiques que tu fais découvrir ont pris la place du chant des oiseaux. Je suis entrée dans le monde de ton village et ses habitants mont adoptée. Et tu veux que je te dise ? Il est encore mieux que le mien ton village parce quil apprend en plus la tolérance. Didier ? Moi aussi. |
Obereg - Un groupe de
musiciens et chanteurs russes![]()
| Il y a des rencontres qui
comptent Celles qui aplanissent les frontières Celles qui unissent les hommes Celles qui réunissent autour d'une même passion Mais il y a l'Homme qui permet ces rencontres Cet Homme qui par sa passion fait que le Monde soit un Village Cet Homme de confiance en l'art, l'Art d'être et de vivre Cet Homme qui fait vivre la musique de nos coeurs Didier, nos souhaits d'ici et de là, Sont que tu puisses au-delà de nos mercis Vivre encore cette passion profonde qui t'anime Tatiana, Denis et Pierre-Alain |
| Si le monde était un village
Si le monde était un village,
Didier, Si le monde était un village,
Didier, Si le monde était un village,
Didier, Si le monde était un village,
Didier, Si le monde était un village,
Didier, Si le monde était un village,
Didier, Si le monde était un village,
Didier, Si le monde était un village,
Didier, Mais le monde nest pas un
village, Didier, Mais à quoi bon en faire un
monde, Didier, Etienne Bours - le fou du village - |
Les quatre saisons de l'auditeur sous une soupente sur ces musiques
d'ailleurs * * * cuisine au soleil promesse de l'eau
qui chante * * * une chambre tiède sur cette lumière
fauve * * * vue sur le jardin le soir fait frémir
les haies * * * |
Mouhssine El Badaoui
Nomade Depuis que jétais enfant,
je me posais la question : quest-ce qui se
trouve dans ce monde
Depuis que jétais petit,
je pensais au voyage, sans destination précise, juste
voyager
. Le moment de la décision est arrivé. Le jour J est arrivé. Un jour que jai tant attendu. Il est enfin arrivé. Jeune Seul Jai tout laissé derrière moi. Ma famille, ma patrie, mes amis, tout. Jai une seule volonté en moi, cest de voir cet autre monde, ses habitants, ses rues, ses mystères. Toute ma famille était là pour me dire au revoir. Etait-ce un au revoir ou un adieu ? Un adieu dun être aimé qui a décidé de quitter son petit village. Reviendra-t-il ou ne reviendra-t-il pas Une question qui me préoccupe jusquà présent : est-ce que je reviens ou pas ? Jai commencé mon voyage, et avec lui, mes découvertes. Jai commencé à découvrir ce " petit village " que jimaginais enfant. Jai senti un grand changement, un changement dans les visages Dans les rapports entre les gens, dans le climat. Ce changement qui fait naître cette nostalgie en moi, qui me pousse à avoir envie de retourner dans mon propre village. Je crois à une seule chose : le début, cest la difficulté. Je me suis battu jusquau bout, parfois je me sens fort, parfois le désespoir prend le dessus. Le début était très dur, il fallait que je madapte à ce climat, aux gens Jai rencontré plein de visages, quelques-uns sont devenus des copains, dautres non. Ils mont traité comme un des leurs, avec un respect réciproque. Je me suis posé la question : Comment ces gens me traitent-ils de la sorte alors que je ne fais pas partie de leur village ? Une question qui ma tourmenté pendant longtemps et à laquelle je nai pas trouvé de réponse précise Mais je pense que jai réussi à trouver ma place dans ce nouveau village Même si ce nest pas le mien je pense quil suffit daimer les gens, dici ou dailleurs, et ils taimeront de la même manière. Moi aussi. |
Tristan Alleman
Nomade Il n'y avait pas de chemin, il n'y avait pas de regard, pas de signe, il n'y avait rien à quitter, il n'y avait pas de départ. La terre a tourné sous mes pieds; elle s'est mise en mouvement. Les paysages ont défilé. Les mers, les déserts, les monts et les tempêtes. Les gens m'ont regardé passer, avec dans leurs yeux l'impression que je passais. Mais je suis resté immobile, mon passé pour tout bagage. La terre a tourné, les terres et les monts, le vent et les océans ont jeté des regards étonnés, d'immenses voix comme des cris d'oiseaux ont embrasé le ciel et je suis resté immobile. Des femmes, des hommes, des enfants, des vieillards et du temps ont roulé autour de moi. Tous ces pays m'ont visité et j'ai changé tendrement, fraîchement, parce que le souffle qui me saisissait était tendre et frais. Dans ce mouvement, personne ne pouvait s'arrêter auprès de moi et mon sentiment de solitude était intense. Dans la rotation de la terre, je voyais un mouvement étrange et plus qu'humain. Je ressentais l'universel comme un marin qui traverse la mer, je touchais d'un doigt le ciel et les espaces n'avaient plus cours. La terre avait annulé l'horizon, roulant, roulant sur elle-même, et m'emmenant, me ramenant, moi qui m'étais arrêté, moi qui me croyais arrivé... La terre avait continué à brasser sa croûte et ses eaux, ses pays et ses peuples autour de moi. Immobile ! Immobile... la terre venait encore à moi et s'en allait et revenait... Ouvert enfin, ouvert comme un bourgeon plein d'essences et de vigueur printanière, ouvert au voyage incessant de la planète qui m'habite, je comprends. Vivre ! Vivre encore : même mon immobilité avait fait de moi un nomade. |
Angela Scillia
| Glacé de ses frontières Mon corps immobile se cache Dans des bribes de rêve. Bouger ? Des images de cauris sentrechoquent Quand un murmure, une cavalcade de syllabes Appareillent pour le voyage. Paroles véloces et fluides, De la pirogue du passeur, A tire daile senvolent. Titillent la peau des harems Fécondent les notes des griots Entrouvrent les portes intimes De limaginaire frileux. Etincelle à lassaut du dehors Articule et le mot sort ! Au dessus des mosquées ensablées, Sur la lumière jaune et or, Le mot brûle, court, roule, fuit et senrichit de toutes les épices de la nuit. Il palpite dans le babillage Des âmes qui voyagent. Sagesse et ivresse : De larbre à palabres, Il joue au lancer de couleurs Avec le peintre amateur Et frappe la foudre des coups de curs. Voleur dimages et charmeur en nage, Mot sage, volage, mirage. Du sel des frissons, Du sang, tu fais son. Et puis avec londe du silence, Mon sang dencre séchoue Tache ignée, sur la page immaculée. Vers une autre histoire. Pour
Didier. |