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Nuit de guerre___________________________ |
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13 SEPTEMBRE 1940
Froide nuit de Septembre...
Comme les chiens courants qui à toute haleine traversent la forêt bruissante, les nuages gris fuient, poussés par un vent d'hiver. Ils passent, voilent le ciel, voilent par instants la pâle lune automnale, poursuivant inlassablement leur route... Ils passent, traînent derrière eux des lambeaux qui lentement se déchirent...
Nuit lugubre de guerre...
Dans le bruit du vent qui court sur la ville, debout devant la fenêtre, je crois entendre tout là-haut un ronronnement à peine distinct.
Alerte... Les sirènes lancent un appel lancinant qui déchire le silence de cette nuit profonde et, à leur voix lugubre répond la voix puissante des canons.
Le ciel cache dans les vagues houleuses des nuages les oiseaux aux ailes rigides que l'homme, éternel conquérant, a créés pour vaincre les hommes; ces grands oiseaux de mort qui brusquement piquent vers le sol et lancent sur les villes des tonnes d'acier, d'explosif, puis, en vrombissant remontent vers la voûte céleste pour disparaître dans l'océan mouvant des nues.
Comme les étoiles filantes qui, pendant quelques secondes, éclairent le firmament, les shrapnells éclatent, lueurs fugitives qui à peine brillantes s'éteignent dans la nuit...
Les phares, les uns après les autres, balayent de leurs feux blancs l'espace, cherchant là-haut les ailes luisantes de l'avion...
Ils sont quatre, ... cinq à fouiller le ciel et très souvent leurs rayons s'unissent pour ne former qu'un long ruban laiteux qui semble réunir les deux horizons.
Les canons se sont tus et seule la voix triste du vent se fait entendre...
Les phares se sont éteints...
Infatigables, les nuages suivent leur route inconnue, passent...