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Sillages d'hiver
Jean-Claude Bourlès


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relié - 36 pages
5 euros (port gratuit)

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Sur les pas de Jean-Claude Bourlès

Jean Cocteau faisait dire à Orphée qu'un poète, c'est "un écrivain qui ne sait pas écrire"... Jean-Claude Bourlès nous apparaissant clairement comme un écrivain sachant écrire, nous aurions pu en conclure bêtement qu'il n'est pas poète. Et voici encore une fois notre homme qui brouille les pistes ! Car c'est bien de poésie qu'il s'agit ici - et c'en est de la chouette d'ailleurs, tenez, écoutez ça :

Toutes les cheminées
connaissent la légende
et la plainte des chênes
quand le coeur étouffé
des siècles dans la cendre
accuse ce novembre
où l'automne assoupi
se fit assassiner.

Et il y en a comme ça plein ce petit recueil - trace laissée dans le sable enneigé, et que la mer elle-même n'a pas eu le coeur d'effacer.

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Jean-Claude Bourlès n’est sans doute pas né marcheur, même si la lecture de ses récits de voyage vers Compostelle (Retour à Conques, Pélerins de Compostelle, etc.) peut nous le laisser croire. Certaines images de rencontres, de cavales sous la pluie ou d’escapades buissonnières sont toujours claires à l’esprit de celui qui les a lues et imaginées. Jamais absente de ces mots, la poésie y transparaît dans un regard posé sur un paysage ou dans la narration d’une anecdote historique. Tout le charme de son écriture (et de celle des meilleurs « écrivains-voyageurs » d’ailleurs) réside dans cette capacité à rendre un visage proche et humain à des aventures avant tout personnelles.

Le suivre dans ses sillages d’hiver, parus voici plus de vingt-cinq ans, est une pure merveille – une merveille pure ! Entrecoupés de très belles illustrations de Bernard Louedin (à l’encre de Chine ?), ces textes se succèdent sans bruit, murmurés sur un velours blanc froid qui garde toute la chaleur des mots :

J’ai vu périr le feu
sans que l’âtre s’étonne
à l’instant où l’obscur
me proclamait enfant

 

Rien encore ne peut préfigurer l’homme que nous rencontrerons plus tard, sur les chemins de Saint-Jacques. Ce serait si facile à dire pourtant, en comparant les phrases, les styles et leurs mots... Mais nous ne trouverons jamais, à l’analyse d’un recueil, le plaisir que nous avons à sa lecture.

Aussi nous suffit-il de nous laisser conduire et bercer par ce sillage silencieux, vers la fin de l’hiver, qui nous mène au printemps :

Aux cris régénérés
de vagues transhumances
bientôt les migrateurs
écarteront le froid.

Déjà aux creux des murs
les insectes s’étonnent
voici mars venu
et je m’éveille en TOI.