Kanna Zen

LE ZEN DE LA CONTEMPLATION DE LA PAROLE

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Zen, zazen & Kôan

Zen

A la question souvent posée :"Qu'est ce que le Zen ?", il est facile de répondre, car il n'y a rien qui ne soit Zen. Vous levez un doigt et il y a le zen. Vous vous asseyez en silence toute la journée et là aussi il y a le Zen. Tout ce que vous dites ou faites est Zen, ainsi que tout ce que vous ne dites ni ne faites est Zen. Vous voyez les fleurs écloses dans le jardin, vous entendez les oiseaux chanter dans le bois, et vous avez là le Zen.
Aucun mot n'est nécessaire pour expliquer le Zen, car vous l'avez déjà avant que les mots ne soient prononcés. Le problème est que lorsque vous possédez quelque chose et que vous ne le connaissez pas, il vous est dur de réaliser votre propre richesse intérieure. Avoir une chose et pourtant ne pas le savoir revient à ne pas l'avoir depuis le début. Mais cette richesse qui est toujours avec vous ne peut en aucune manière vous être arrachée en vue d'être étudiée ; c'est un peu comme le fait que nous ne voyons pas nos propres yeux. Il vous faut un miroir pour cela, mais ce que l'oeil voit dans le miroir ce n'est pas vraimet voir l'oeil tel qu'il est : ce que l'oeil voit c'est sa réflexion et non lui-même, d'où la nécessité de pratiquer zazen.
Seul la méditation peut vous faire découvrir votre nature propre.

Zazen

Le zazen, comme déjà dit, est une pratique de méditation profonde en utilisant une position assise, jambes croisées, dans un endroit calme. Cette pratique est originaire de l'Inde d'où elle se répandit au fil des siècles dans tout l'Orient. Même après plusieurs siècles d'existence, les adeptes du Zen en respectent toujours très strictement les règles comme établies par les Patriarches. Défini comme tel, on constatera que zazen est la méthode de pratique physique et mentale la plus répandue au monde, quel que soit le nom qui lui soit donné en fonction de la discipline pratiquée. Mais lorsque l'on ajoute le kôan à zazen, alors cela devient une pratique exclusive au Zen.

Il ne faut pas oublier que la méditation n'est qu'une des trois facettes de la pratique bouddhique. Les deux autres sont les préceptes moraux et la sagesse. Un pratiquant se doit de d'observer les préceptes moraux instaurés par le Bouddha ainsi que connaître les méthodes qui lui permettent de maîtriser ses passions intempestives. D'autre part l'approche intellectuelle est également nécessaire afin de percevoir la complexité de la métaphysique bouddhique.

Tout pratiquant sincère se doit de pratiquer la méditation dans le but d'arriver à accomplir ce que Tchi-cha Daïshi (fondateur de l'école Tendai) appelait les quatre grands voeux :
1) Si innombrables que soient les êtres doués de sentiment, je fais le voeu de les sauver tous.
2) Si inépuisables que soient les passions, je fais le voeu de les détruire.
3) Si incommensurables que soient les saintes doctrines, je fais le voeu de les étudier.
4) Si inimitables que soient les voies du Bouddha, je fais le voeu de les accomplir.


Recommandations pour la pratique de zazen- selon le Fukanzazengi de Dôgen, composé par lui en 1227 traduit par J.Brosse dans Les maîtres du zen, editions Albin Michel. Ces recommandations constituent le premier essai jamais écrit sur le zazen par un maître japonais.

Abondonnez une pratique fondée
 sur la compréhension intellectuelle,
S'en tenant aux mots et à la lettre,
Apprenez le demi-tour
Qui dirige votre lumière vers le dedans
Et il illuminera votre véritable nature.
Le corps et l'âme d'eux-mêmes s'effaceront
Et apparaîtra votre visage originel.

Pour zazen, retirez-vous dans une pièce silencieuse,
Mangez et buvez sobrement.
Rejetez toute distraction, abandonnez tout souci.
Ne pensez pas : ceci est bien, cela est mal !
Ne prenez parti ni pour ni contre.
Arrêtez toute agitation du mental,
Ne jugez ni des pensées ni des perspectives;
N'ayez aucun désir de devenir un Bouddha.
zazen ne dépend en aucune façon
De la position assise ou allongée.

Là où vous prendrez l'habitude de vous asseoir
Etendez une natte épaisse et placez dessus un coussin rond.
Asseyez-vous en lotus ou en demi-lotus.
Dans la posture du lotus, on place d'abord le pied droit sur la cuisse gauche,
Puis le pied gauche sur la cuisse droite.

Dans la posture du demi-lotus,
On se contente de presser son pied gauche contre sa cuisse droite.
Veillez à desserrer vos vêtements et votre ceinture,
Disposez-les convenablement.
Placez alors votre main droite, tournée vers le haut, sur votre jambe gauche
Et votre main gauche sur votre main droite :
Les extrémités des pouces se touchent.
Tenez le dos parfaitement droit
Ni penché à gauche, ni penché à droite,
Ni en avant, ni en arrière.
Assurez-vous que vos oreilles soient dans le même plan que vos épaules,
Et que votre nez se trouve sur la même ligne verticale que votre nombril.
Placez la langue en avant, contre le palais;
La bouche est fermée, les dents se touchent.
Les yeux restent ouverts
Et vous respirez doucement par le nez.

Une fois que vous avez pris la posture correcte,
Respirez profondément une fois, puis inspirez et expirez.
Inclinez votre corps à droite et à gauche,
Et immobilisez votre corps dans une assise stable.
Pensez du tréfonds de la non-pensée.
Comment pense-t-on du tréfonds de la non-pensée ?
C'est l'au-delà de la pensée.
Ceci est en soi l'art essentiel du zazen.


Le Kôan

Dans le zen, le zazen est utilisé, comme un moyen pour résoudre le kôan, il n'est pas question de considérer zazen comme une fin en soi, car en dehors des exercices liés à la résolution des kôans, zazen ne revêt qu'une importance secondaire, bien que nécessaire à la maîtrise du Zen. Même lorsque le kôan a été compris, cette compréhension ne restera vivante que par la pratique de zazen.

Kô-an signifiait à l'époque "ordonnance qui fait autorité". Aujourd'hui il s'agit souvent de référence à la vie d'anciens maîtres, ou encore à des extraits de sutras. Cette méthode fut imaginée par les maîtres afin d'aider les disciples plus "lents" à accélerer leurs prise de conscience Zen. C'est un moyen d'ouvrir l'esprit des pratiquants, en les sortant de l'ignorance. Les maîtres d'alors ne bénéficaient pas des kôans que nous connaissons aujourd'hui, car il s'agissait souvent d'autodidacte n'étant passé ni par l'école, ni par l'université, mais dont l'intellignece motivée les poussait à rechercher les connaissances dont ils avaient besoin, là où ils pouvaient les trouver.

Lorsque le sixième patriarce Houei-nêng (628-713) fut interrogé sur ce qu'était le Zen, il répondit :" Quand ton esprit ne s'arrête pas sur le dualisme du bien et du mal, quel est ton visage originel, celui que tu avais avant même de naître ?" Autrement dit : montre-moi ce "visage" et tu pénétreras dans le mystère du Zen, quand tu auras vu ce personnage, tu sauras mieux qui tu es (moi intime).
Cette sorte de kôan a pour but de faire comprendre au pratiquant que tout ce qu'il a considéré jusque là comme étant possible ou impossible, réel ou irréel ne correspond pas nécessairement à cette façon de voir. Lorsque l'élève comprend cela, il prend conscience qu'il lui faut approfondir sa recherche de la vérité, pour autant qu'il y en ait une. Le kôan force chez le pratiquant, la pratique de la réflexion et tel est son but.

Les kôans sont classés selon cinq catégories, fixées à l'origine par les disciples et successeurs de Hakuin : Gasan Jitô, Inzan Ien et Yakuyu au cours du XVIIIe siècle. 

Hosshin-kôan: aident le pratiquant à découvrir la nature du Bouddha et à se familiariser avec elle.

Kikan-kôan : dépasser le dualisme 

Gonsen-kôan : approfondir les enseignements des anciens maîtres.

Nantô-kôan : les kôans difficiles.

Go-i-kôan : les cinq degrés de l'Eveil.

 

(à suivre...) 

Il est essentiel de bien comprendre que le Bouddhisme est très différent des religions théologiques auxquelles nous autres occidentaux sommes habitués. C'est une entrée directe dans un monde spirituel ou philosophique (selon votre point de vue), sans s'adresser à des divinités ou d'autres agents. Nul n'est besoin d'encens, de prières de confessions ou d'invocation de Bouddha; il suffit de méditer pour ressaisir sa propre nature. Son atmosphère est essentiellement analytique, beaucoup plus proche de la psychologie que de la religion. Il s'agit donc de refuser tout système métaphysique et trouver la Voie par l'expérience personnelle. C'est une recherche continue de la réalité et des perceptions, le but étant de déchirer l'écran de mensonges et d'illusions à travers lequel nous voyons le monde afin de découvrir la réalité absolue.

Kanna Zen est le nom d'un groupe d'étude indépendant des structures existantes, qui propose une approche du Zen qui tienne compte des spécificités de la tradition historique mais également de notre propre culture. Le but étant d'établir une compréhension profonde du zen et du bouddhisme, de la pratique de la méditation et des koans par une approche pragmatique et systématique.
La question qui se pose également est de savoir si il est possible de moderniser l'approche des koans et d'adapter leur compréhension à notre pensée occidentale.

Kanna Zen n'est affilié à aucune école orientale ou japonaise et se propose d'étudier la possibilité de rapprocher les enseignements traditionnels du zen de notre culture occidentale, par une approche résolument adaptée à notre mode de pensée. Il va de soi que cette perspective n'est envisageable que dans le respect de l'Esprit des enseignements de Shakyamuni et des Patriarches du ch'an/zen.

La réalité du Zen appartient à tout le monde. Il nous appartient de la chercher en nous-même au plus profond de notre esprit car personne ne peut nous aider à la découvrir et encore moins à le faire à notre place. L'esprit est libre et suffisant pour que, lorsque vous découvrez sa véritable nature, vous arriviez à transcender l'approche intellectuelle et à pénétrer ainsi la véritable nature de l'esprit, qui est celle du Bouddha, car en dehors de cette vérité absolue, il n'y a pas d'autre réalité.

Comprenez- vous vous même et vous comprendrez tout, en cherchant votre voie vous aiderez d'autres à le faire et d'autres vous aideront. La véritable indépendance est d'oublier ce que nous avons dans l'esprit et, d'instant en instant, découvrir quelque chose de tout à fait nouveau, de différent. VOILA COMMENT NOUS POUVONS VIVRE ENSEMBLE DANS CE MONDE.

 

 

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Dernière modification : vendredi 27 avril 2001.