Histoire de Hermalle-sous-Huy Le Syndicat d'Initiative de Hermalle-sous-Huy vous conte histoire et folklore de Hermalle-sous-Huy
Un Passé prestigieux
Toponymie :
Les premières traces d'occupation humaine de la région sont celles de l' "Homme de Néanderthal" (40.000 à 25.000 ans avant J-C.) : bipède imparfait, avec flexion des genoux et projection des bras vers l'avant, au crâne volumineux et allongé, au front fuyant et énormes arcades sourcilières, taillant la pierre, vivant dans un climat froid et humide.
A Hermalle-sous-Huy même, des fouilles ont révélé la présence de l'homme au lieu-dit "Thier d'Olne" depuis le paléolithique moyen; furent retrouvés haches et silex taillés. Vers 300-600 av. J-C, la campagne de Gerée devait être occupée par des Celtes - ce que laissent supposer les fragments de céramiques trouvés en 2003 lors de sondages préventifs réalisés par la Région wallonne dans le parc d'activités industrielles. Dans la seconde moitié du IIe s. et au début du IIIe, on y trouve un établissement de tuiliers gallo-romains
Ce complexe aristocratique est l'objet d'une transformation importante dans le courant du IXe s. Il comprend alors une église et un vaste édifice seigneurial carolingien avec domus, camerae, porches, cellier, étable ou écurie, etc., implanté à une vingtaine de mètres de distance de l'église, relié à elle par un mur limitant une cour intérieure. Ce centre domanial dut être abandonné - sans traces des destruction violente - aux environs de l'an mil au profit d'un autre site de hauteur, le rocher d'Engihoul (à Clermont-sous-Huy). Hermalle-sous-Huy fut le siège de l'une des plus anciennes seigneuries de la vallée de la Meuse relevant d'une cour féodale et censale dès le Moyen âge et jusqu'au XVIIIe s. ; l'histoire du bourg se confond donc avec celle de son château et de ses seigneurs... Au XIIe s., le centre actuel d'Hermalle-sous-Huy possède un donjon entouré de fossés, de murs d'enceinte et de tours, dont l'une subsiste toujours. En 1131, Giselbert d'Esch (fils de la comtesse Ermengarde de Clermont) réside à Hermalle; ses descendants en ligne directe sont Renard de Hermalle, Henri de Hermalle, puis Ruxela qui épouse Thomas de Warfusée dit de Hermalle (petit-fils de Libert Suréal de Donmartin); leur fils aîné, Henri, donnera naissance à Louis de Hermalle, père de Henri II de Hermalle, maréchal de l'évêché de Liège et chef du parti des Waroux, connu pour ses exploits dans la guerre des Awans et des Waroux qui dévaste la contrée pendant 40 ans et entraîne la destruction du château en 1315. A peine reconstruit, le château est redétruit en 1346. Le domaine, au fil du temps, passe - par mariages ou acquisitions - à différentes familles : de Lummen (par le mariage d'Alix, fille de Henri II), de Salme, de Horion, de Rougrave, de Goisbeck, de Berlo... Au Moyen âge, la population est taillable et corvéable à merci; au XIIIe s., elle subit la famine ; de même au XVe, où la peste règne de Huy à Liège. Au XVIe s., Lucas I Van Valckenborgh nous livre l'image plaisante d'une fête à Hermalle, gros bourg avec maisons en colombages et torchis près de l'église et sur la colline :
Au XVIIe s., le Comte d'Ursel fait rénover et agrandir
le château,
- en moellons de grès, calcaire et briques, à 2
tours cylindriques à trois niveaux et 2 carrées,
disposé en fer à cheval autour d'une cour d'honneur
- à laquelle on accède par le porche de la ferme
castrale contiguë, millésimée 1642 - et
défendu par un fossé rempli d'eau.
Le début de ce siècle
voit la reconstruction de la ferme
de Hottine, au pied du Thiers d'Olne, et la construction
de la maison
natale de Jean-Gilles Jacob au chevet de l'église
Saint-Martin; la décoration intérieure de cet immeuble
sera renouvelée par ce maître-maçon en 1753,
à l'occasion de son mariage, et présente des peintures
murales uniques en Europe.
"Monsieur de Jacob" fut également arpenteur, expert juré pour la cour censale, échevin de la dite cour, tenant de l'église paroissiale et échevin d'Hermalle. On lui doit vraisemblablement un autre immeuble du village, la maison Sacré. En 1772, Jean-Joseph Hanson, poète et écrivain, fut lui aussi échevin de Hermalle-sous-Huy, avant de devenir professeur à l'Académie de peinture, de sculpture et de gravure fondée à Liège par le prince-évêque Velbrück, d'être agréé comme peintre héraldiste de la Ville de Liège et comme peintre officiel de la cathédrale Saint-Lambert. La fin du siècle connaît les aléas de la révolution française (les villageois durent réquisitionner les grains pour ne pas mourir de faim) et ses conséquences qui concerneront davantage les ordres religieux (comme celui des chanoines de Flône) que la noblesse qui gardera ses châteaux et ses propriétés; elle perdra cependant le droit sur les passages d'eau. Au XIXe s., la propriété seigneuriale, qui a appartenu à la famille de Louvrex puis au baron de Warzée d'Hermalle, est vendue au baron Charles de Potesta (en 1853) qui installe dans la drève et dans le parc des arbres rares alors : séquoias, tulipier de Virginie... et fait édifier la "Tour Malakoff" en bord de Meuse. Cet ouvrage sera démoli en 1938 lors de la canalisation du fleuve. Lhabitat traditionnel des petites gens disparaît au profit d'habitations plus confortables, en briques et calcaire, construites le long de la chaussée principale (actuelle chaussée F. Terwagne). Maçons et charpentiers sont les professions les mieux représentées à Hermalle. La culture de la betterave se développe vers le milieu du siècle et certaines exploitations, comme la Ferme castrale, engageront des saisonniers "étrangers" (Polonais ou Flamands). De 1880 à 1895, larrivée massive de blés américains provoque une grave crise qui oblige nombre de petits agriculteurs de la région à chercher des ressources dans l'industrie voire même à s'engager dans les campagnes de briqueterie à l'étranger ; femmes et enfants assument alors la charge des petites exploitations. Le XXe s., est marqué par le malheur : En janvier 1926, suite à des pluies torrentielles, la Meuse déborde et inonde complètement le quartier Chaumont; on sauvera les villageois mais pas la totalité du bétail. Les deux Guerres mondiales amènent comme partout leur lot de souffrance. Deux dalles commémorent la mémoire des héros villageois, (une sur le côté de l'ancienne maison communale - rue Wérihet, l'autre sur le flanc sud de l'église Saint-Martin - place des Combattants), une troisième sur le mur d'enceinte du château - chaussée F. Terwagne, rappelle le décès d'un résistant abattu par l'occupant allemand alors qu'il tentait d'échapper à la fouille de la Ferme castrale où il était réfugié. Fait peu connu (qu'attestent les archives de la Bibliothèque de la Gourmandise), le rexiste Léon Degrelle fut l'invité de la famille de Potesta avant la guerre. Dans les années '70, l'activité agricole générée par le château s'arrête; aucun projet de rentabilisation des bâtiments (transformation en centre de détente et de loisirs ou en maison de repos...) n'aboutit. Les descendants de Monsieur de Potesta cèdent peu à peu leurs biens, terres et immeubles, et le château, aujourd'hui séparé de sa ferme castrale, n'est plus propriété d'aucune famille noble. L'espace bâti s'accroît de part et d'autre du centre ancien, tout au long de la chaussée principale, et grignote peu à peu le contrefort du plateau condruzien en direction de Clermont-sous-Huy, sans trop de cohésion quant aux matériaux, plans et types de bâtiment. La comparaison entre le nombre de commerces à 50 ans d'intervalle indique clairement dans la seconde partie du siècle la modification de l'activité économique du village, sans nul doute due à la construction de la voie express N90 qui allège fortement le charroi automobile mais prive les petits commerces de chalands, mais aussi à l'installation de "grandes surfaces" d'Amay, Engis, Huy, Jemeppe et à la modification des habitudes de consommation qui entraine la clientèle locale à délaisser les petits fournisseurs.
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Et comme il n'est pas toujours évident de distinguer "commerce" et "service", voici un autre tableau comparatif :
[Ces informations furent recueillies en 1996 par Nicole Hanot, et publiées dans la page Association VABA du mensuel du Centre culturel.] La population a trouvé emploi dans l'industrie et les services. L'agriculteur est devenu minorité. Le 1er janvier 1977, Hermalle-sous-Huy
"disparaît" sur le plan administratif : la fusion
des communes décidée par le gouvernement belge
réduit son territoire (la partie située sur la
rive droite de la Meuse passe à la commune de Saint-Georges-sur-Meuse)
et l'englobe dans l'entité d'Engis avec l'ancienne commune
de Clermont-sous-Huy et une partie de Ehein.
La tradition orale rapporte qu'au Moyen âge, un manant reconnu coupable d'un grave délit, fut condamné à mort par le Seigneur de Hermalle, qui avait droit de haute et basse justice. Le bourreau allait lui passer la corde au cou devant la population assemblée lorsque surgit un cavalier annonçant la grâce du condamné. Le Seigneur lui-même vint préciser qu'il pardonnait en raison d'un heureux événement qui venait de se produire au château, et qu'il y aurait fête le dimanche suivant pour en remercier Dieu. Il ajouta qu'en souvenir de ce jour, les festivités se répéteraient d'année en année, le dimanche qui suivrait le 16 juillet. Légende ? Crédible toutefois, puisque Hermalle eut sa Cour de Justice... Quoi qu'il en soit, la Fête du Grand Pardon d'Hermalle respecte la tradition et se tient le week-end qui suit le 16 juillet...Voyez l'agenda !
Saumery, le château de Hermal in Les Délices du Païs de Liège, Liège, 1738 Pety de Thozee (Jules), Le fief de Cassal à Hermalle-sous-Huy, in Chronique archéologique du pays de Liège, 1910 Collectif, Hermalle-sous-Huy in Les Sites mosans de Lucas I et Martin I Van Valckenborgh, Ed. Sté royale des Beaux-Arts de Liège, Liège, 1954 Lemeunier (A.), La Maison de Jean-Gille Jacob in La Maison d'Hier et d'Aujourd'hui, Ed. Association royale des Demeures historiques de Belgique, 1974 Bolly (J-J.), Hermalle-sous-Huy in Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique - Province de Liège canton de Huy I, Ministère de la culture française, Bruxelles, 1975 Collectif, Hermalle-sous-Huy - Monographie, Ed. Asbl Foyer culturel d'Hermalle-sous-Huy, 1981 Collectif, Hermalle-sous-Huy in Le Patrimoine monumental de la Belgique, Ed. Pierre Mardaga, Liège, 1992, T. 16/1, pp. 355-372 [Hanot (Nicole)], Hermalle-sous-Huy Village des Antiquités, de la Brocante et des Arts - Circuit du Patrimoine, Ed. Hermalle-sous-Huy VAP, Engis, 1994 Collectif, Hermalle-sous-Huy in Bulletins du Cercle Archéologique Hesbaye-Condroz asbl, Amay Flagothier (Jean), Hermalle-sous-Huy in Si Clermont était conté..., Ed. Jean Flagothier, 1995 Verstraeten (Jacques), Moreau (Claire) et Charles-Xavier Ménage, la Ferme castrale d'Hermalle-sous-Huy in Le Patrimoine rural du Pays d'Amay, Ed. Ministère de la Région wallonne, 1996 Lemonnier (Arlette) & Cl. Marlaire, le Pont de Hermalle-sous-Huy - la Ferme castrale d'Hermalle-sous-Huy in Ponts d'hier et d'aujourd'hui - Le Pays hutois, Ed. MET, 1999 Baar (Armand), Hermalle-sous-Huy in A propos des bouteilles armoriées liégeoises, Liège, Imp. centrale, s.d.
Etant donné la disparition d'une grande partie des archives communales dans les années 1980, nous n'aurions pu, sans leur aide, reconstituer certains éléments de l'histoire récente du village. Il va de soi que nous sommes toujours à la recherche de documents anciens sur Hermalle. Contact : info@hermalle-sous-huy.be. |
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dans la Ferme Castrale d'Hermalle-sous-Huy province de Liège, entre Liège et Huy, Wallonie, Belgique |