
La Gendarmerie d'élite
de la
Garde impériale
C'est en l'an XI que cette unité, qui va rejoindre la prestigieuse Garde des Consuls puis la Garde impériale, voit le jour. Elle sera de toutes les campagnes, auprès de l'Empereur et assure la sécurité du grand quartier général. Peu souvent engagés en qualité de combattants, les gendarmes sont, par moquerie, surnommés les immortels; appellation injuste car ils seront souvent mis à contribution.
La circulaire du 2 brumaire an X (24 octobre 1801) prévoit que les brigadiers et gendarmes destinés à la légion délite seront choisis parmi ceux qui sont les plus exercés aux manoeuvres de cavalerie ; ils doivent en outre être célibataires, d'une moralité reconnue et d'une taille minimum de cinq pieds six pouces (1m78) ; de plus, il fallait avoir été sous-officier dans la troupe, avoir servi dans la gendarmerie départementale et justifier de quatre campagnes.
Par arrêté du 14 prairial an XI (3 juin 1803),
la légion de gendarmerie d'élite entre dans la Garde des Consuls
; elle est assimilée aux grenadiers à cheval. Elle est forte de
600 hommes.
L'uniforme de la gendarmerie d'élite :
La base de l'uniforme est donnée par l'arrêté consulaire
du 21 pluviose an X (10 février 1802)
-Habit bleu national, revers, parements et doublure écarlate, la patte du parement et le collet bleu, poches en travers avec un passepoil écarlate, une grenade de drap bleu aux retroussis et en argent pour les officiers, veste de drap chamois et culotte de peau de daim, boutons blancs avec grenade au milieu et pour légende Gendarmerie d'Elite...
Eguillettes et tresse en fil blanc pour les gendarmes, en poil de chèvre bleu et argent pour les officiers, avec des épaulettes de leurs grades respectifs.
Manteau bleu national à manches avec du brandebourg
de fil blanc pour les gendarmes, de poil de chèvre bleu et argent pour
les maréchaux-des-logis et en argent avec un galon sur le collet pour
les officiers. Le bonnet d'oursin est biens sûr l'accessoire le plus impressionnant
qui transforme l'homme en géant velu. Cet oursin ne fait partie de la
garde robe du gendarme qu'à partir d'avril 1805 et se singularie par
sa visière de cuir cerclé de métal blanc ainsi que par
ses jugulaires écaillées à rosaces frappées d'une
grenade. Chapeau orné de marrons à franges d'argent garni idem
exclusivement porté en petite tenue, retenu par un grand bouton et bordé
d'un galon dont la largeur sera de vingt-quatre lignes pour les gendarmes, de
vingt-sept lignes pour les capitaines, de trente-quatre idem pour les officiers
supérieurs et un plumet de plume de cocq (sic). Bottes cirées
à l'écuyère à éperons noirs, manchettes de
bottes et guêtres noires. Buffleterie jaune de quarante lignes de largeur,
bordée d'un petit galon de fil blanc pour les gendarmes et en argent
pour les officiers; la plaque de baudrier sera blanche avec une grenade jaune
sur la giberne et sur la plaque de ceinturon. Sabre droit de cavalerie, monture
en cuivre jaune pour les sous-officiers et gendarmes et en métal blanc
pour les officiers, dragonne en buffle blanc pour les brigadiers et gendarmes,
en poil de chèvre bleu et argent pour les maréchaus-des-logis
et argent pour les officiers.
INFANTERIE
L'infanterie sera habillée comme la cavalerie, les brigadiers et gendarmes auront deux épaulettes en poil de chèvre rouge bordée d'un petit galon d'argent, les maréchaux-des-logis les porteront en poil de chèvre bleu et argent et les officiers en poil de chèvre argent. Bottes à retroussis jaunes. Guêtres blanches et noires aux sous-officiers et capote bleue à manches avec des brandebourgs blancs pour les gendarmes et en poil de chèvre bleu et argent pour les sous-officiers. Elle aura également un chapeau bordé comme la cavalerie et les mêmes dimensions avec plumet rouge, la buffleterie sera semblable à celle de la cavalerie.
L'uniforme de la gendarmerie d'élite subira un ensemble de modifications sous l'Empire :
Les gendarmes portent une aiguillette tressée de fil blanc, celle des maréchaux-des-logis est en poil de chèvre tressée bleu et argent.
Sous l'Empire la gendarmerie d'élite abandonne -en partie- sont chapeau et se voit coiffée du bonnet, sa coiffure caractéristique à visière noire cerclée de métal blanc; de jugulaire à écailles blanches, d'un cordon de fil blanc, d'un plumet rouge (ou blanc) avec à la base, pompon cocarde tricolore.