ESSAI SUR LA VIE ET LES TRAVAUX DE L'AUTEUR.
Ouvrage Posthume de Jacques-Nicolas Lemmens publié par les soins de L'Abbé Joseph Duclos - 1886.

XIII - XIV - XV - XVI

   JACQUES-NICOLAS LEMMENS, fils de Jean-Baptiste et d'Anne-Catherine Van Heusden, naquit le 3 janvier 1823, à Zoerle-Parwys, près de Westerloo, dans la Campine¹.

   «Son père, organiste de ce lieu, lui donna, dit Fétis, les premières leçons de musique. Ses progrès furent si rapides que, dès l'âge de sept ans, il chantait et accompagnait le plaint-chant dans le service divin. Lorsqu'il eut atteint sa onzième année, son père l'envoya à Diest, chez M. Van Den Broeck, organiste, dont il reçut les leçons.....En 1839, il fut admis au Conservatoire de Bruxelles, comme élève de M. Léopold Godineau, pour le piano; mais bientôt ses études furent interrompues par une maladie de son père, qui l'obligea de retourner chez lui, pour le remplacer dans ses fonctions.
Vers la fin de la même année, la place d'organiste de la grande église de Diest devint vacante et fut mise au concours; Lemmens se présenta comme candidat, et fut vainqueur dans cette épreuve : la place lui fut donnée. Le désir de rentrer au Conservatoire de Bruxelles la lui fit abandonner, après l'avoir occupée pendant quinze mois, et, vers la fin de 1841, il rentra dans cette école, comme élève de Michelot. Au concours de l'année suivante (1843), le premier prix de piano lui fut décerné. Devenu élève de l'auteur de cette notice pour le contrepoint et pour la fugue, il montra dans l'étude de cette science une aptitude exceptionnelle. En 1844; il obtint, au concours, le second prix de composition, et le premier lui fut décerné en 1845. Ce fut aussi dans cette année qu'il remporta le premier prix d'orgue, comme élève de Girschner.

   «Jugeant alors de l'avenir réservé aux rares facultés de ce jeune artiste, le Directeur du Conservatoire, dans le but de fonder dans cette institution une école de bons organistes, qui manquait à la Belgique, demanda au Ministre de l'Intérieur une pension, pour que M. Lemmens put aller à Breslau, chez le célèbre organiste Adolphe Hesse, étudier les traditions de l'art de Jean-Sébastien Bach : sa demande fut accueillie par le gouvernement, et Lemmens partit pour la capitale de la Silésie, au commencement de 1846. Après qu'il y eut passé une année, Hesse écrivit à l'auteur de cette Notice : « Je n'ai plus rien à apprendre à M. Lemmens : il joue la musique la plus difficile de Bach aussi bien que je puis le faire.»

  « De retour à Bruxelles, après avoir parcouru l'Allemagne, le jeune artiste obtint, l'année suivante, le second grand prix de composition, dans le concours fondé par le gouvernement belge²

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  En 1849, M. Lemmens fut nommé professeur d'orgue au Conservatoire de Bruxelles.

  «Alors commença pour lui, ajoute Fétis, une carrière nouvelle, dans laquelle il a rendu d'éminents services à l'art dans sa patrie. A vrai dire, il n'existait pas alors d'organiste digne de ce nom dans le pays. Le doigter de substitution, sans lequel le jeu lié du clavier de l'orgue est impossible, était ignoré de tous avant que M. Lemmens l'enseignât. Quant au clavier de pédales, personne en Belgique n'en avait les premières notions; ces claviers étaient même si défectueux dans tous les instruments de cette espèce, qu'on n'y pouvait faire que des tenues. La réforme complète de ces claviers, comme celle du système de construction des orgues, comme celle de l'art véritable de l'organiste en Belgique et en France, datent de M. Lemmens au Conservatoire²

¹M. lemmens a consacré deux Lieder à son pays natal (voir, la liste des oeuvres de M. Lemmens, Op. 19 et 20)
²Biographie universelle des Musiciens, 2° édition, par F-J Fétis (Paris, Firmin Didot, tome cinquième, 1875, in-8°, p.267).