Logements des troupes à Issigeac (1758-1759) : correspondance de la subdélégation de Sarlat avec l’Intendance concernant notamment... le logement des troupes à Issigeac...

Archives départementales de la gironde, C 471

Folio 26

Renvoyons la présente requête à Sarlat, à notre subdélégué, pour tenir la main à l’exécution des instructions que nous l’y avons donné au sujet du logement et de la fourniture aux troupes. A Bordeaux, ce 7 juin 1758,

Duburu.

A Monsieur le marquis de Tourny, intendant en la générallite de Guienne.

Supplient humblement les habittans de la ville d’Issigeac en Périgord, et autres juridictionnaires soussignés Disant que depuis quelques années se trouvant oprimés par le logement des troupes qui sont en quartier dans laditte ville, ils auroient exposé à votre grandeur la nécessité indispensable de les encaserner ; le peu d’attention qu’ont eu Mrs les consuls, au soullagement d’un tel inconvénient aporte dans leurs maisons, ou ils sont exposés à mille querilles et insultes sans oser se plaindre les oblige de nouveau de représenter à votre grandeur, Monseigneur, que dans laditte ville il y a très peu de religionnaires, et que les suppliants étans tous catholiques ils ne méritent pas d’être traités comme des rebelles, et y ayant plusieurs maisons vacantes et propres au service de casernes, ils demandent avec justice qu’a l’avenir les troupes qui viendront en quartier dans laditte ville soient encasernés, ils esperent, Monseigneur, de la bonté que tout le monde admire en vous, qui fait le partage de vos autres heureuses et rares qualitées que votre grandeur remettra la douce tranquillité dans leurs maisons, et le repos et la sureté dans leurs familles et en cela le bien de la religion et de la troupe concourent a ce que ce considéré il vous plaise, Monseigneur, veu l’état des maisons vacquantes de laditte ville cy attaché ordonnes que les troupes qui viendront en quartier à l’avenir dans laditte ville seront encasernés dans les maisons vacantes qui seront à ce nécessaire, et à ce fin que les habitans non privillegiés et autres juridictionnaires seront tenus de fournir l’ustancille, lits, bois et tout ce qui sera nécessaire à paine de logement contre les contrevenant, pour le louage des d’icelles maisons, ou fourniture de bois sera fait une imposition du montant desdits fraix ainsy que pour le logement des officiers sur tous les taillables de laditte juridiction et les suppliants continuront de leurs voeux pour la santé et prospérité de votre grandeur et feres bien.

Taurel

Bugniet, Ceyras, David, Bugniet, Mazelico, Simounet, Gay, Destant, Guy Delbourg, Delbos, Borde, Caunière, Malbouriane, Dupuy, Damne, Gay, Jean Pralont, Pierre Escodaca.

Avant que Monseigneur puisse faire droit de cette requête, il est ordonné aux supliants de raporter l’ordonnance Mondit seigneur par laquelle il nous commet pour en conséquence faire exécuter ce qui conviendra pour le logement des troupes qui doivent loger dans la ville d’Issigeac et y aporter par l’autorité de Mondit seigneur le changement demandé par la présente requête.

A Sarlat, ce 8 octobre 1758.

Baudot de Jully.

Folio 27

État des maisons vacantes aux religionnaires et aux catholiques de la ville d’Issigeac.

Premièrement :

1 / la maison du Sieur Mares religionnaire fugitif marié dans la Hollande, composée de dix chambres cinq en haut et les autres en bas, propres pour servir de casernes, et en état de loger toute la compagnie.

2 / la maison du Sieur La Canegrie religionnaire composée de quatre chambres trois en haut et l’autre en bas propres pour servir de casernes.

3 / la maison du Sieur Sauvage composée de trois chambres en haut propres pour servir de casernes

4 / les deux maisons du Sieur Barthélemot en état de servir de casernes.

Etat des maisons vacantes aux catholiques

5 / la maison du Sieur Laururie composée de quatre chambres trois en haut et l’autre en bas, idem.

6 / la maison de la demoiselle de Berque composée de trois chambres, deux en haut et l’autre en bas, idem.

7 / la maison de François Bugniet en état de loger, idem.

 

Folio 28

A Monseigneur le marquis de Tourny intandent en la généralité de Bourdeaux

Supplient humblement les principeaux habitant de la ville d’Yssigeac disant qu’une compagnie de dragon du Régiment du Dauphin étant venue icy en quartier monsieur le juge lors conseul la logea ches l’habitant et notament ches les catholiques et non chez les religionnaires contre les ordres formels de sa grandeur qui portoint de la loger par préférance ches lesdits religionnaires yls ne furent ainsy favorise que par ce qu’ils se trouvoint parant des consuls les suppliant se voyant ainsy veixés se contentèrent neamois de demander aux consuls de cazerner la troupe et leurs indiquèrent plusieurs maisons vaquentes et notamen celle de monsieur Mares qui et une religionnaire fugutif marie en Hollande pour raison de la quelle évasion il y a de poursuites pour faire aller ses biens à la Régie, maison qui seule étoit sufisante pour loger toute la compagnie quoy que cette demende feut pleine de justice conforme aux règles et à ce qui se pratique dans les autres ville enfin nécessaire pour faire observer une plus exacte dicipline à la troupe neamoins les consuls par un support de plus manifeste pour lesdits Sieur Mares et pour tout les religionnaires refusèrent de cazerner lad. troupe ce qui oblige le suppliant d’ens porter leurs plainte à sa grandeur ne servent de cazerne yls y ont loge le maréchal de logis on assure même qu’ils sont assé hardi pour faire connoitre leurs désobissance à sa grandeur qu’ils ont exposé que cette maison n’etoit pas en état et n’ont pas manque sans doute d’en imposer le suppliant se flattant que sa grandeur ne s’en rapportera à leurs expose et qu’elle voudra que les fait soint vérifiés le suppliant offrant en tout cas de s’en raporter tant sur les sujées de leur plainte conduite de consuls que sur le bon état des maisons par ceux disignes pour cazerne ce qui diront messieur de lorrière conseigneur de la présente ville gentilhomme ancien capitaine et chevalier de Saint Louis d’Appremont gentilhomme monsieur le cure et monsieur du Rot secrétaire du Roy tous habitant de la présente ville et bien austruis de tout. Sy sa grandeur désire que le tout soit verifié mais yl y a tout lieu de croire que la mauvaise conduite de consuls et leurs désobéissance seront seules sufisantes pour faire prononcer contre eux la paine qu’ils méritent ces circonstance. Les suppliant ont de nouveau recours à l’autorité de sa grandeur a fin que ce considère monseigneur yl vous plaise de vos grâces ordonner que lesdits consuls de la présente ville obiront a son ordonnance et a celle de Monsieur de Jully par tout le jour et les condamner aux depens dommage et interés et a telle autre peyne que sa grandeur jugera appropos et les suppliant implorer son autorité pour obliger lesdits consuls à se conformer aux intantions de sa grandeur qui la manifesta bien clairemen par son ordonnance du 30 novembre dernier mise au bas de la requête des suppliant par laquelle sa grandeur renvoit lad. requette a monsieur de Jully son subdélégué à Sarlat pour ordonner de la part de sa grandeur aux consuls d’Yssigeac de loger la troupe ches les protestants et non ches les catholiques tout autant que les maisons de premiers qu’ils occupent ou qui sont caquante et qu’on pourra faire servir de cazerne seront suffisante monsieur de Jully en exécution de lad. ordonnance donna un ordre aux consuls en conformité et le tout feut communiqué et remis aux consuls actuels mais yls n’ont pas teneu compte d’obeis, y ont gardé devers eux lesd. ordonnances et enfin le suppliant voyant cette desobissance les auroint obliges a les leurs remettre qu’ils leurs ont tout de suite fait signifier par exploit du 18 janvier 1758 aux soumations d’obéir mais cette signification n’a produit aucuns efets ces nouveaux consuls dont il y en a un des anciens attaches au Sieur juge quy en a été expelle s’acharnent à écraser les pauvres catholiques pour favoriser les protestant opiniâtres à ce que la maison du Sieur Mares continueront leurs voeux pour la santé et prospérité de sa grandeur.