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Les années 60 |
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Dans un récent numéro de la revue parisienne Change, Pierre Klossowski examine le cas du peintre-écrivain ou du poète-dessinateur : « Le passage alternatif de l’ expression graphique ou picturale à l’ écriture, de celle-ci à celle-là, ne révèle pas nécessairement une seule propension originaire, mais une manière d’ éprouver des instants obsessionnels dans deux espaces différents, dût-il s’ agir du même motif provoquant une appréhension différente ». |
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Ces trois vers nous font sauter douze ans. Yvon, sa compagne et leurs gosses se sont terrés dans une blessure de colline. Plantée depuis des siècles, leur maison a l’ étroitesse et la ténacité du défi : toujours trop d’ existence dans trop peu d’ espace. |
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Hier, le monde visuel isolait la tragédie d’ être : déchiquètements, enchevêtrements. Tension d’ un témoignage exaspéré au bord du vide. Mais le langage parlé admettait l’ autre, un corps et des connivences à différents plans. Les mots organisés en phrases ont toujours la nostalgie du rythme. Il me semble que dans ses dernières réalisations, le peintre a la hantise d’ un espace où les courants rivaux s’ appellent et s’ équilibrent comme dans la durée d’un poème. Au lieu de l’ agression d’unités étrangères les unes aux autres, l’ interaction des formes et des couleurs dans des rapports consentis. La colère et l’ humour ont droit à des consonances baroques. |
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