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Fayenbois et l'évolution du domaine bâti

Au XVIIIe siècle, la carte de Naudin (1701-1723) et celle de Ferraris (vers 1775) nous indiquent que, la vieille cité liégeoise forme toujours un bloc compact au fond de la vallée mosane. Autour de celle-ci, la région rurale comporte encore de vastes espaces vides entre les villages. La carte de Ferraris montre ainsi un bloc urbain nettement distinct de ses faubourgs, qui ne sont encore que des faubourgs-rues. Proche du site de Fayenbois, la route d'Allemagne par exemple est encore peu bâtie en 1780, à la sortie de Liège.

Carte de Naudin

Le domaine bâti en 1850

Les petites houillères, apparues sur les plateaux, diminuent en nombre, mais elles prennent plus d'importance. Dans la vallée les industries, en se multipliant et se développant, commencent à former un véritable tissu industriel. La main-d'oeuvre nombreuse, que ce dernier exige, va entraîner à son tour l'extension de la bâtisse.

Le domaine bâti vers 1940

Le chemin de fer favorise le déploiement des charbonnages du pays de Herve avec, comme corollaire, une augmentation marquée de l'habitat. Et à partir de Bois-de-Breux, les maisons se pressent déjà en rangs serrés le long de la route d'Allemagne jusqu'à Fléron.

L'habitat à la fin du XXe siècle

Les lotissements se multiplient un peu partout, mitant les zones rurales, s'attaquant parfois aux massifs boisés encore intacts. Le domaine de Fayenbois n'échappe pas à cet encerclement.

Conclusions

" La comparaison des cartes de Ferraris et de la répartition actuelle de l'habitat a fait apparaître l'énorme extension de la bâtisse depuis la fin du XVIIIe siècle.

Sous la double poussée de l'industrialisation et de l'accroissement démographique, Liège, ville basse, restée très longtemps sur les bords de la Meuse, a débordé de son cadre ancien, a tiré parti des hauteurs voisines et s'est soudée aux bourgades environnantes, elles-mêmes gonflées démesurément au cours de l'essor industriel.

Les vastes espaces ruraux qui séparaient les villages au temps de Ferraris ont été peu à peu absorbés par la bâtisse.

Cette extension au cours des deux derniers siècles, s'est faite de manière anarchique donnant aux faubourgs incohérents un aspect déprimant que l'absence de zones vertes accentue encore. Elle s'est effectuée dans toutes les directions, comme un éclatement, en plusieurs étapes : d'abord la saturation de la plaine alluviale, puis l'escalade des versants et la prise de possession des rebords des plateaux meusiens."

Cette conclusion de Jean Colard, datant de 1958, soulignait - par contraste - tout l'intérêt de protéger les domaines comme celui de Fayenbois.